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Histoire de l’investissement responsable

Il n’est pas surprenant d’apprendre que l’investissement responsable moderne a pris ses racines dans les turbulentes années 1960.

En 1962, Rachel Carson a écrit Silent Spring et des millions de Nord-Américains appris sur les conséquences négatives environnementales et humaines résultant de l’usage des pesticides. Les droits civils, la libération des femmes, les droits des travailleurs et la guerre du Vietnam ont alimenté une décennie de sensibilisation et de protestation.

En 1973, le YWCA du Canada et l’Église ont publié Investment in Oppression, un rapport qui montrait comment les investissements étrangers en Afrique du Sud ont soutenu l’apartheid. Deux ans plus tard, l’Église a fondé le Taskforce on the Churches and Corporate Responsibility (TCCR) afin d’utiliser l’influence de l’église pour rendre les entreprises canadiennes plus responsables.

L’attention internationale s’est de plus en plus tournée vers l’apartheid; les investisseurs responsables ont alors refusé d’investir dans des entreprises ayant des activités en Afrique du Sud et commencé à parrainer des propositions d’actionnaires exhortant les entreprises à se retirer du pays. Les investisseurs responsables du Canada étaient à l’avant-plan de cette initiative.

Nelson Mandela

Le texte suivant a été rédigé par les pionniers de l’industrie de l’investissement responsable Moira Hutchinson, Bob Walker et Eugene Ellmen dans la célébration de la vie et des contributions de Nelson Mandela.

Un aperçu de la bataille pour marier moralité et argent

Alors que le monde fait ses adieux à Nelson Mandela, nous nous rappelons l’immense contribution qu’il a apportée à la population de l’Afrique et à la cause mondiale des droits de la personne. Mais la lutte anti-apartheid qu’il a menée a également aidé à transformer notre notion de l’argent, levant le voile sur l’importance sociale et morale de l’investissement.

Il avait une vision révolutionnaire qui a contribué à créer un changement massif dans la façon dont nous faisons des affaires et de la finance.

Au Canada, l’un des groupes les plus importants ayan lutté pour ces changements a été l’Église, menée par le TCCR. Depuis son lancement en 1975 jusqu’à la libération de Mandela en 1990, le TCCR a dirigé un mouvement actionnarial d’opposition à l’apartheid, aux côtés d’autres ONG et du mouvement syndical.

L’outil sur lequel se concentrait le TCCR était la puissance de l’investissement en optimisant les fonds de pension et de dotation des églises pour arriver à un désinvestissement en Afrique du Sud.

« L’effort de l’Église pour mettre en harmonie ses enseignements sociaux et ses responsabilités en tant qu’investisseurs avaient aiguisé sa prise de conscience de l’impact social de l’activité des entreprises et de sa propre responsabilité partagée, écrit Renate Pratt, coordonnatrice à la fondation du TCCR, dans son ouvrage In Good Faith: Canadian Churches Against Apartheid. En d’autres mots, l’Église devenait un actionnaire proactif. »

Le TCCR gagne quelques batailles

Le progrès a été lent, mais le TCCR a gagné certaines batailles.

Après un refus des banques canadiennes de discuter de leurs prêts en Afrique du Sud pendant de nombreuses années, la Banque Royale a mis fin en 1978 aux prêts qu’elle jugeait favorables à l’apartheid. En 1980, la banque Toronto-Dominion est devenue la première banque canadienne à annoncer un arrêt inconditionnel de tous les nouveaux prêts et renouvellement des prêts. D’autres banques ont par la suite emboîté le pas.

En 1982, le TCCR a déposé ce que l’on croit être la première proposition d’actionnaire minoritaire au Canada. Elle visait Alcan, Massey Ferguson, Falconbridge et d’autres entreprises canadiennes opérant en Afrique du Sud. Le TCCR a remporté de nombreuses concessions, y compris la vente historique par Alcan de sa participation dans Hulett Aluminium en 1986.

Le TCCR a également vu l’action gouvernementale comme un élément clé de son travail en exhortant le gouvernement Trudeau d’adopter des sanctions et en encourageant le gouvernement Mulroney à renforcer son soutien à ces sanctions.

L’action gouvernementale est encore aujourd’hui une composante importante du travail œcuménique par l’intermédiaire de KAIROS : Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice, qui a réuni le TCCR et d’autres coalitions de l’Église en 2001.

Grâce à ces actions non seulement relatives à l’Afrique du Sud, mais aussi par rapport aux droits de la personne et aux questions environnementales, le TCCR a contribué à changer la perception du public de la finance et des affaires. En expliquant que l’investissement comprend la responsabilité morale et une opportunité pour le progrès social et environnemental, le TCCR a été en mesure de jeter les bases de ce qui allait devenir l’industrie de l’investissement responsable.

L’émergence de l’investissement responsable

En 1986, dix ans après le lancement du TCCR, Ethical Growth Fund, le premier fonds commun de placement socialement responsable, a fait son entrée sur le marché. Maintenant, nous comptons ces types de fond par dizaines au sein d’une industrie de l’investissement responsable beaucoup plus vaste qui comprend des caisses de retraite, des gestionnaires d’actifs et des conseillers financiers.

La Social Investment Organization [renommée Association pour l’investissement responsable (AIR) en 2013] estime qu’il y a plus de 600 milliards de dollars gérés selon les principes de l’investissement responsable au Canada.  

En outre, l’activisme actionnarial est devenu la norme. Certains fonds communs de placement et des coalitions d’actionnaires ont repris le rôle autrefois joué par le TCCR en aidant l’Église, les syndicats et d’autres investisseurs responsables à s’engager auprès des entreprises, et, si nécessaire, en parrainant des propositions d’actionnaires sur une variété d’enjeux, dont les changements climatiques, la rémunération des dirigeants et les droits des actionnaires. Récemment, l’accent s’est déplacé vers les questions d’actualité comme la fracturation hydraulique et les ateliers de misère au Bangladesh.

Par la suite, dans les années 70 et 80, les communautés religieuses du Canada et d’ailleurs ont développé des véhicules pour investir dans les communautés pauvres du monde entier dans un concept qui répond maintenant au nom d’investissement d’impact.

Transformer la langue des affaires

En apportant une intelligence morale à l’investissement, le TCCR a contribué à une transformation de la langue dans les affaires. La langue est passée d’une définition stricte des risques financiers et des rendements à une meilleure compréhension de la façon dont les entreprises interagissent avec la société et l’environnement. Le consensus actuel est que les entreprises dépendent de ses fondements sociaux et nécessitent l’accord de la société pour mener leurs activités.

De même, nous comprenons maintenant que les entreprises doivent assumer la responsabilité de ses externalités, comme dans le débat actuel sur les changements climatiques. Ces idées sont maintenant comprises dans le cadre général des enjeux ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Nous sommes tous redevables à la lutte de l’Église canadienne et de ses homologues internationaux en soutien à Nelson Mandela au Congrès national africain il y a 40 ans. Cette lutte a joué un grand rôle dans la pose des fondations de l’investissement responsable moderne ainsi que le concept de durabilité dans le monde des affaires.

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