Combler le fossé: relever les défis environnementaux des villes grâce à des investissements dans l’adaptation et la résilience

Maisons emportées par les inondations, lignes électriques et chaussées qui se déforment sous l’effet de la chaleur extrême, sécheresse menaçant l’approvisionnement alimentaire et affectant les ressources en eau… Ces catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes, et leur coût économique est faramineux.

Rien qu’en 2024, le monde a connu plus de 150 événements météorologiques extrêmes causant des pertes économiques estimées à USD 320 mia, soit 40% de plus que la moyenne annuelle sur dix ansi.

Alors que l’impact du changement climatique et de la dégradation de l’environnement s’accentue, investir dans l’adaptation et la résilience (A&R) – via le renforcement de la fiabilité des réseaux électriques grâce à des modélisations et à des simulations avancées, la modernisation des bâtiments à l’aide de technologies énergétiques efficaces ou l’installation de stations de pompage des eaux pluviales – devient tout aussi important qu’agir en vue de limiter la hausse des températures.

A cet égard, il convient de noter que les investissements dans l’A&R ne visent pas seulement à atténuer l’impact immédiat du changement climatique en tirant parti d’un potentiel de rendement attractif.

Les entreprises fondées sur un modèle économique répondant à la demande croissante de solutions d’adaptation offrent réellement des opportunités d’investissement intéressantes.

Point d’inflexion

A ce jour, les solutions d’adaptation n’ont pas séduit les investisseurs.

Le secteur a attiré un peu plus de USD 30 mia de capitaux en 2024, un chiffre éclipsé par les centaines de milliards de dollars que les experts estiment nécessaires pour réduire l’impact financier du changement climatique dans les prochaines décennies.

Le manque d’engagement des entreprises peut s’expliquer par le dilemme suivant: plus on intervient tôt, plus l’incertitude est grande. Or, les entreprises ne veulent pas consacrer des dépenses excessives à des enjeux qu’elles maîtrisent mal, et préfèrent temporiser. Cela étant, plus on attend, plus on s’expose à des risques ultérieurs.

Graphique 1 – Le dilemme de l’adaptation

Exemples de gestion de l’adaptation au changement climatique

Source: JP Morgan, «Renforcer la résilience grâce à l’adaptation au changement climatique» (Building Resilience Through Climate Adaptation), 2025

Il est encourageant de constater que le fossé commence néanmoins à se réduire.

Selon un rapport du London Stock Exchange Group, 34% des moyennes et grandes entreprises de l’indice FTSE All World font déjà référence à des mesures d’adaptation dans leurs publications annuelles.

Les dépenses dans ce domaine ont progressé de 21% (TCAC) sur les quatre dernières années, les entreprises qui ont adopté des solutions d’adaptation générant plus de USD 1000 mia de revenus verts l’an dernier.

Graphique 2 – Croissance et secteurs liés à l’adaptation et à la résilience

Capitalisation boursière et croissance des revenus du segment de l’adaptation et de la résilience (USD mia)

Source: LSEG, données au 12.05.2025

Selon une estimation prudente du cabinet de conseil Tailwind, si chacune des 10 000 sociétés cotées en bourse dépensait USD 50 mio dans des investissements liés à la résilience climatique, la demande potentielle des entreprises dépasserait USD 500 mia par aniv. [1]

Les acteurs de la technologie représentent l’une des principales sources d’investissement dans les stratégies d’adaptation et de résilience. De fait, les risques de chaleur extrême, de sécheresse et d’inondation menacent leurs activités.

Les exploitants de centres de données dans des régions arides telles que l’Arizona devront investir dans des systèmes de refroidissement efficaces, des panneaux solaires, des systèmes intelligents de gestion et de recyclage de l’eau, tout en concevant des bâtiments durables et écologiques.

Ces mesures devraient réduire les risques de sécheresse et garantir un fonctionnement 24 heures sur 24 en cas de conditions météorologiques extrêmes, mais aussi limiter les émissions. En économisant l’eau et l’énergie, ces acteurs baisseront leurs coûts et allégeront la pression sur les réseaux électriques et les systèmes d’approvisionnement en eau locaux.

Une étude du World Resources Institute (WRI) a révélé que chaque dollar investi dans l’A&R générait plus de 10 dollars de bénéfices sur dix ans. Sur cette base, les bénéfices potentiels excéderaient USD 1400 mia, avec un rendement annuel moyen de 27%. Une partie de ces bénéfices reviendra directement aux investisseurs.

Mais l’intérêt de ces investissements dépasse les seuls gains financiers. Selon cette même étude, les projets A&R versent généralement un «triple dividende» découlant de performances positives en matière environnementale, sociale et financière.

Par ailleurs, on observe que les gains financiers et non financiers des projets A&R sont souvent d’ampleur égale, mais que seulement 8% des analyses de projets d’investissement en reflètent tous les avantages en un seul chiffre. Cela suggère que les taux de rendement sociétaux sont nettement sous-estimés dans les évaluations économiques de la plupart des investissements ciblant des solutions d’adaptation.

En résumé, les investissements A&R offrent une protection efficace des actifs, de nouvelles sources de croissance et un potentiel de rendement attractif, tout en contribuant à bâtir une économie plus résiliente face au changement climatique pour les décennies à venir.


Sources

  1. Tailwind, Taxonomy for Climate Adaptation and Resilience Activities, 2024

Clause de non-responsabilité de l’AIR

Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Analyse du « trilemme » du GNL au Canada

Le départ du premier navire du terminal de LNG Canada, le 30juin 2025, a marqué le début dune nouvelle ère pour le Canada. Cest à ce moment-là que nous avons rejoint une poignée de pays exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL), une source dénergie qui a rapidement pris de limportance dans le nouvel ordre énergétique mondial.

L’arrivée du Canada sur le marché du GNL soulève plusieurs questions importantes :

  • Dans quelle mesure les exportations de GNL sont-elles essentielles pour permettre au Canada de concrétiser ses ambitions en matière de leadership énergétique?
  • Le GNL canadien est-il la clé de la résilience et de la sécurité énergétiques pour les pays dont l’approvisionnement traditionnel en gaz naturel a été perturbé?
  • Et, ce qui est particulièrement important pour les investisseurs responsables, le GNL peut-il devenir un « combustible de transition » vers les énergies renouvelables et faciliter la décarbonation à long terme du système énergétique mondial?

Le rôle du GNL dans le futur paysage énergétique mondial

L’intérêt croissant pour le GNL est lié à l’augmentation constante de la demande mondiale en énergie. Parmi les facteurs qui stimulent la demande, on peut citer la croissance économique et l’industrialisation des marchés en développement, la transition mondiale vers l’électrification des transports et du chauffage, ainsi que la nécessité de répondre aux besoins énergétiques des centres de données alimentés par l’intelligence artificielle. Le facteur déterminant, cependant, est la croissance démographique. La population mondiale devrait atteindre près de 10 milliards d’individus d’ici 2050, dont une grande partie vivra dans les centres urbains en pleine expansion d’Asie et d’Amérique latine. Le GNL a un rôle crucial à jouer pour répondre à cette demande. Mais pour bien comprendre ce rôle, il faut considérer le GNL à la lumière de ce qu’on appelle le « trilemme énergétique » : ces trois facteurs distincts et souvent contradictoires que sont l’abordabilité financière, la sécurité et la durabilité.

L’avantage inégal du GNL en matière de durabilité

Commençons par l’aspect le plus important pour le public de l’AIR : la durabilité. De tous les combustibles fossiles, le gaz naturel est celui dont la combustion est la plus propre, puisqu’il émet environ 45 % de CO₂ en moins que le charbon. Si la réduction des émissions de carbone est l’objectif principal, le gaz constitue une option intéressante pour remplacer le charbon. En effet, dans certaines régions où le gaz a remplacé le charbon, les émissions à l’échelle du réseau ont été considérablement réduites.

Une utilisation accrue du GNL pourrait-elle contribuer à réduire les émissions de carbone à l’échelle mondiale? L’Institut Fraser estime que si le Canada doublait sa production actuelle de gaz naturel et exportait ces volumes supplémentaires vers l’Asie sous forme de GNL, utilisé en remplacement direct et équivalent du charbon, les émissions mondiales de GES pourraient être réduites de près de 630 millions de tonnes par an, soit une réduction équivalente à 89 % des émissions totales de GES du Canada. Étant donné que plusieurs pays s’apprêtent à accroître considérablement leur capacité d’exportation de GNL, le potentiel de réduction des GES est considérable. Mais ce n’est qu’un potentiel.

Répondre à la question du GNL comme combustible de transition : ce n’est pas si simple

Considérer le GNL uniquement sous l’angle du développement durable, c’est oublier que le monde n’a pas seulement besoin de plus de GNL, mais aussi de plus d’énergie provenant de toutes les sources. Ce n’est là qu’une des critiques formulées à l’encontre de la thèse du « carburant de transition ». Il s’agit ensuite d’évaluer la durée nécessaire de cette transition : une transition trop longue renforcerait la dépendance au gaz naturel et au GNL, ce qui risquerait de freiner les investissements dans les énergies renouvelables. De plus, le gaz naturel et GNL ne sont pas équivalents : le traitement du GNL génère des émissions supplémentaires considérables par rapport à celles produites dans la chaîne d’approvisionnement traditionnelle du gaz naturel. De plus, les fuites de méthane (le méthane est à la fois le principal composant du gaz naturel et le deuxième gaz à effet de serre le plus important, avec un impact potentiel sur le réchauffement climatique 28 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur une période de 100 ans) sont particulièrement importantes dans le cas du GNL. Produit à travers une série de systèmes distincts, le GNL présente de nombreux risques de fuites de méthane. Bien que ces risques puissent être contrôlés, ils ne peuvent être éliminés.

Le GNL est-il sécuritaire et abordable?

Cela nous amène à nous pencher sur les questions de sécurité énergétique et d’accessibilité financière. L’Europe est considérée comme un marché important pour le GNL, malgré les engagements de longue date de l’UE en matière de climat. Pourtant, ce sont les questions de sécurité qui occupent désormais le devant de la scène dans le domaine énergétique, comme c’est de plus en plus le cas dans toutes les régions de notre monde en pleine mutation. Les deux facteurs sont complémentaires. Le développement des énergies renouvelables réduit les besoins en gaz naturel, ce qui renforce le principe européen consistant à éviter la dépendance vis-à-vis d’une énergie dont l’Europe ne dispose pas – ce qui correspond précisément à la définition de la sécurité énergétique. [1]

Le marché le plus prometteur est celui de l’Asie, où la consommation de GNL devrait doubler d’ici 2050, sous l’effet de la croissance économique et de l’accès limité au gaz naturel acheminé par gazoduc. Mais l’application du trilemme du GNL sur les marchés asiatiques est complexe. La Chine est à la fois le plus grand consommateur de charbon au monde et le leader mondial dans le domaine des énergies renouvelables. Et sur d’autres marchés, comme l’Inde, l’abandon du charbon n’est peut-être même pas une option envisageable. De nombreux pays d’Asie sont également des acheteurs opportunistes d’énergie, guidés par les prix, ce qui réduit l’importance des facteurs de durabilité dans leurs décisions d’achat d’énergie. [2]

L’impact potentiel d’une offre mondiale de GNL en forte expansion

Dans ce contexte, le secteur mondial du GNL connaît une expansion rapide, avec des projets visant à multiplier par près de cinq la capacité de liquéfaction entre 2025 et 2028 par rapport à la période quadriennale précédente. Cette expansion rapide comporte un risque évident de saturation, l’AIE prévoyant un excédent de l’offre susceptible de « faire baisser les prix internationaux du gaz et de créer les conditions d’une concurrence acharnée entre les fournisseurs ». Il est difficile de savoir si la demande sera suffisante pour combler cet écart, surtout compte tenu des progrès attendus (et de la baisse des coûts) dans le domaine des technologies renouvelables et du stockage par batterie.

La froide réalité des ambitions du Canada en matière de GNL

Alors, qu’est-ce que cela signifie pour le Canada? Il a fallu 15 longues années, marquées par de nombreuses controverses, pour que la première installation de LNG Canada passe de l’obtention des autorisations et des permis à l’expédition de la première cargaison de GNL. Au cours de la même période, les États-Unis ont, à eux seuls, construit des installations d’exportation de GNL dont la capacité totale est huit fois supérieure à celle de LNG Canada. Le Canada dispose certes d’avantages géographiques, produit peut-être son GNL avec une empreinte carbone moindre, et le GNL peut (si le méthane est géré correctement) générer des émissions nettement inférieures à celles du charbon thermique, mais les acheteurs évalueront les facteurs de prix, de sécurité et de durabilité de manière inégale et dynamique.

Pour s’imposer dans le secteur du GNL, le Canada devra compter sur une demande en forte hausse pour tous les types d’énergie (en particulier sur les marchés asiatiques, où le pays bénéficie d’un avantage géographique pour l’exportation de GNL) et être en mesure d’accélérer la mise en place d’infrastructures de GNL afin de répondre à ce besoin. Compte tenu de l’histoire du GNL au Canada, cela est loin d’être certain. Par ailleurs, bien que ce point ne soit pas abordé en détail ici, le consentement et la participation des peuples autochtones aux projets canadiens liés au GNL constituent un élément essentiel à prendre en considération. Les investisseurs responsables doivent également tenir compte des implications d’un éventuel décalage temporel : lorsque des infrastructures de GNL, conçues pour une durée de vie de 30 à 50 ans, se heurtent à l’intégration rapide prévue des énergies renouvelables, les actifs immobilisés deviennent un risque important.

En bref, le GNL n’est pas un slam dunk. Mais, après les longs retards qui ont fait que le Canada est arrivé tardivement sur le marché du GNL, le premier navire, chargé d’une promesse bien plus lourde que sa cargaison, a enfin pris la mer. Le Canada est maintenant officiellement dans le jeu du GNL.


Sources

  1. Interview with Luke Sussams – Jefferies
  2. Interview with Baltej Sidhu – National Bank

Disclosure

Le contenu de cet article (y compris les faits, les opinions, les avis, les recommandations, les descriptions ou les références à des produits ou à des titres) ne doit pas être utilisé ou interprété comme un conseil en investissement, une offre de vente ou la sollicitation d’une offre d’achat, ni comme une approbation, une recommandation ou un parrainage d’une entité ou d’un titre quelconque. Bien que nous nous efforcions d’en assurer l’exactitude et l’exhaustivité, nous n’assumons aucune responsabilité quant à la fiabilité de ces informations. Le présent article peut contenir des informations prospectives qui reflètent nos attentes ou prévisions actuelles ou celles de tiers concernant des événements futurs. Les informations prospectives sont intrinsèquement soumises, entre autres, à des risques, des incertitudes et des hypothèses qui pourraient faire en sorte que les résultats réels diffèrent matériellement de ceux exprimés dans le présent document. Ces risques, incertitudes et hypothèses comprennent, sans s’y limiter, les facteurs économiques, politiques et de marché généraux, les taux d’intérêt et de change, la volatilité des marchés des actions et des capitaux, la concurrence commerciale, les changements technologiques, les changements de réglementation gouvernementale, les changements de législation fiscale, les procédures judiciaires ou réglementaires inattendues et les événements catastrophiques. Nous vous invitons à examiner attentivement ces facteurs et d’autres encore et à ne pas accorder une confiance excessive aux informations prospectives. Il ne peut être attendu que ces informations sont en toutes circonstances mises à jour, complétées ou révisées, que ce soit à la suite de nouvelles informations, d’un changement de circonstances, d’événements futurs ou autres.

Clause de non-responsabilité de l’AIR

Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Investir dans la transition énergétique en évolution

La transition énergétique mondiale entre dans une nouvelle phase. La baisse des coûts des technologies propres, l’augmentation de la demande d’électricité et les progrès de l’électrification modifient où et comment la transition se déroule. Et si le soutien politique et les engagements en faveur du climat restent importants, les principaux moteurs de la décarbonation sont désormais l’économie et la technologie.

Deux dynamiques sont particulièrement importantes. Tout d’abord, les marchés émergents sont devenus le moteur de la transition énergétique, principalement parce que les technologies propres constituent désormais souvent l’option la moins coûteuse pour la production d’électricité et le développement industriel. Dans les économies avancées, la forte accélération de la demande en électricité, attribuable en grande partie à l’intelligence artificielle, rend plus urgent que jamais le recours à de nouvelles sources d’énergie, la modernisation du réseau et une utilisation plus efficace de l’énergie, que ce soit dans les processus de fabrication des semi-conducteurs ou pour le refroidissement des centres de données.

Ensemble, ces tendances redéfinissent l’éventail des opportunités qui s’offrent aux investisseurs tout au long de la chaîne de valeur de la transition énergétique.

Fondamentaux versus sentiment

Ces dernières années, le climat d’investissement dans les secteurs des technologies propres a été morose. La hausse des taux d’intérêt et les incertitudes quant au soutien de l’État ont pesé sur les valorisations des entreprises. La hausse des taux d’intérêt et les incertitudes quant au soutien de l’État ont pesé sur les valorisations des entreprises. De nombreuses entreprises de premier plan qui contribuent à la décarbonation ont continué d’afficher une forte croissance de leurs bénéfices.

L’écart entre l’évolution des bénéfices et celle du cours des actions a entraîné un décalage notable, en particulier chez les entreprises qui bénéficient d’avantages concurrentiels durables et qui tirent parti des tendances de croissance structurelles.

Plus récemment, les marchés des technologies propres ont commencé à se redresser. Si ce rebond s’explique en partie par un redressement technique après une période de survente, nous estimons qu’il existe de solides arguments pour penser que certaines entreprises du secteur de la décarbonation sont en passe d’enregistrer une croissance durable.

Cela sexplique en partie par la croissance rapide du marché de leurs produits et services: lAgence internationale de lénergie (AIE) prévoit que la valeur des marchés mondiaux des technologies propres pourrait plus que tripler dici 2035, pour atteindre plus de 2 000milliards de dollars américains par an, grâce à la baisse continue des coûts et à la demande croissante en électricité et en solutions defficacité énergétique.

Les marchés émergents comme nouveau moteur de croissance

Les marchés émergents sont de plus en plus au centre de la transition énergétique. Contrairement aux phases précédentes qui étaient largement motivées par la politique climatique, l’adoption de technologies propres dans de nombreuses économies en développement est guidée par la compétitivité des coûts. L’énergie solaire, l’énergie éolienne, les batteries et les véhicules électriques ont atteint – et, dans de nombreux cas, dépassé – la parité des coûts par rapport aux alternatives à base de combustibles fossiles. Cela élargit les opportunités d’investissement dans la décarbonation dans les pays en développement.

La Chine joue un rôle essentiel dans cette évolution. Son envergure et son efficacité de production ont permis de réduire les coûts des technologies propres à léchelle mondiale. On estime que la fabrication de panneaux solaires, déoliennes et de batteries coûte au moins 40% plus cher aux États-Unis et en Europe quen Chine, et jusquà 25% plus cher en Inde. Par conséquent, les exportations chinoises de technologies propres permettent à des pays dAsie, dAmérique latine et dAfrique de sélectrifier et de sindustrialiser à moindre coût.

Près de la moitié des exportations chinoises de technologies propres sont désormais destinées aux marchés émergents, notamment à des pays comme lInde, le Brésil et la Thaïlande. Selon lAIE, les exportations chinoises de technologies propres pourraient dépasser les 340 milliards de dollars par an dici 2035.

Demande croissante d’électricité sur les marchés développés

Parallèlement, les marchés développés connaissent une évolution structurelle de la demande en électricité. Après des décennies de consommation relativement stable, la consommation délectricité aux États-Unis et en Europe est en forte hausse. Parmi les principaux moteurs, on peut citer lintelligence artificielle, les centres de données, les systèmes de chauffage et de climatisation électriques, les véhicules électriques et, dans une certaine mesure, la relocalisation industrielle. Aux États-Unis, la consommation délectricité devrait augmenter denviron 38% au cours des deux prochaines décennies, contre une hausse de seulement 9% au cours des 20années précédentes.

Cette forte croissance a accru limportance des services publics, des gestionnaires de réseau et des spécialistes de lefficacité énergétique. Laccès à une énergie fiable et abordable est devenu un obstacle majeur pour les promoteurs de centres de données et les utilisateurs industriels, les grandes entreprises technologiques citant de plus en plus souvent la disponibilité de lélectricité comme un frein à leur expansion.

Les services publics capables de fournir une production d’énergie renouvelable à faible coût, d’investir dans la modernisation du réseau et de gérer la hausse de la demande sont donc bien placés pour connaître une croissance, tout comme les entreprises qui proposent des solutions d’efficacité énergétique pour l’informatique et les processus industriels.

Technologie, électrification et efficacité

Les progrès technologiques élargissent également les marchés de la décarbonation. Aujourdhui, plus de 75% de la demande finale en énergie est considérée comme techniquement électrifiable. Cela ouvre dimportantes perspectives dans les domaines de lélectrification industrielle, des semi-conducteurs de puissance et des technologies de gestion de lénergie.

L’efficacité est un levier tout aussi important. À mesure que la demande en électricité augmente, il devient essentiel de réduire l’intensité énergétique pour limiter la hausse des émissions et la pression sur les infrastructures. Les technologies qui permettent une utilisation plus intelligente de l’énergie – du matériel informatique économe en énergie pour les centres de données à l’automatisation industrielle de pointe – joueront un rôle central dans cette prochaine phase de la transition.

Au-delà des systèmes énergétiques, linnovation fait également son apparition dans des secteurs tels que lagriculture. Les systèmes alimentaires représentent environ 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et les technologies dagriculture de précision offrent des solutions pour améliorer la productivité tout en réduisant limpact environnemental.

Implications pour les investisseurs

Pour les investisseurs, cette « transition de la transition » – qui marque le passage d’une adoption dictée par les politiques publiques à une adoption dictée par les fondements économiques, et d’un leadership des marchés développés à une accélération des marchés émergents – souligne l’importance de se concentrer sur les facteurs fondamentaux plutôt que sur le sentiment à court terme. À mesure que la décarbonation s’inscrit davantage dans une logique de rentabilité et de progrès technologique plutôt que dans une approche politique, la prochaine phase de la transition énergétique pourrait s’avérer plus vaste, plus rapide et plus résiliente que ne le prévoient actuellement les marchés.


Clause de non-responsabilité de l’AIR

Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

De l’investissement dans des projets locaux à la consolidation du portefeuille : promouvoir la résilience pour assurer un rendement à long terme

La résilience climatique ne peut pas attendre. C’est un investissement intelligent et essentiel.

Le risque climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité bien présente aux répercussions financières, sociales et environnementales concrètes. On ne peut plus simplement « s’assurer contre » ce risque, car les assureurs réévaluent leurs couvertures ou se retirent du marché en raison de la hausse des coûts, de l’incertitude croissante des modèles de risque traditionnels et de l’instabilité financière accrue. Les propriétaires d’actifs, des municipalités aux fonds de pension, doivent donc assumer tout le poids de la volatilité climatique. Le message est clair :

La résilience climatique n’est plus une option, mais une nécessité pour préserver la valeur à long terme d’un investissement.

Lorsque les assureurs fixent le prix des risques liés au climat, les détenteurs d’actifs doivent aller plus loin. Ils doivent protéger activement leurs actifs contre les répercussions des changements climatiques, plutôt que de compter uniquement sur les prestations d’assurance. Concrètement, cela signifie renforcer la résilience des portefeuilles et des projets en concevant et en modernisant les actifs physiques pour qu’ils résistent aux nouvelles réalités d’un environnement en mutation. Les preuves à l’appui de cette approche sont convaincantes.

Prenons l’exemple des milliards de dollars perdus à cause des récentes catastrophes au Canada. Les inondations de 2021 en Colombie-Britannique ont emporté des autoroutes et des voies ferrées, celles de 2023 en Nouvelle-Écosse ont endommagé des infrastructures essentielles et les incendies de forêt record en Alberta et au Québec ont détruit des collectivités et perturbé les chaînes d’approvisionnement. Rien qu’en 2024, le Bureau d’assurance du Canada a recensé 8,5 milliards de dollars de pertes assurées liées aux événements climatiques extrêmes. Ces pertes représentent des maisons détruites, des entreprises perturbées, des infrastructures endommagées et des communautés peinant à se remettre. Les coûts économiques et sociaux de l’inaction sont tout simplement trop élevés.

Il ne s’agit pas d’événements isolés, mais plutôt d’événements fréquents et récurrents qui ne ne feront que s’intensifier à l’avenir. Leur récurrence souligne l’urgence d’une réorientation du marché qui privilégie les investissements dans des projets axés sur la résilience. Pour les investisseurs institutionnels, ce contexte représente une nouvelle occasion importante : le marché de la résilience.

L’essor du marché de la résilience

Investir dans l’adaptation climatique, qu’il s’agisse d’investissements dans des infrastructures résilientes ou de solutions fondées sur la nature, peut apporter une stabilité et une valeur à long terme aux collectivités et aux économies locales et nationales, ainsi qu’aux investisseurs. Le marché de la résilience se concentre sur des projets qui réduisent les émissions et renforcent activement les collectivités contre les répercussions des changements climatiques.

Une grande partie de ce travail commence à l’échelle locale, où une stratégie d’investissement solide en matière de résilience comprend des investissements dans les systèmes énergétiques, les réseaux de transport, les installations communautaires et d’autres infrastructures locales. Le renforcement de la résilience de ces actifs essentiels joue un rôle central dans la protection des résidents, le maintien des économies locales et l’assurance d’une stabilité à long terme.

Le défi de cette approche repose souvent dans l’agrégation, la normalisation et la mitigation des risques des projets, car les projets municipaux individuels sont souvent trop petits ou trop complexes pour les investissements institutionnels traditionnels. C’est là que le financement mixte joue un rôle essentiel.

Le pouvoir du financement mixte

La combinaison de capitaux publics et privés peut être une approche très efficace pour mettre en œuvre des solutions à long terme. Les structures de financement mixte peuvent s’appuyer sur des décennies d’expertise du secteur public en matière de finances municipales, en utilisant des fonds publics catalyseurs pour remplir trois fonctions essentielles :

  • Développer un profil de risque et de rendement attrayant pour les partenaires privés;
  • Normaliser les structures d’investissement et créer une échelle;
  • Réduire les risques des projets en phase de démarrage, surtout dans de nouveaux secteurs comme la résilience et l’adaptation.

En combinant stratégiquement les capitaux publics et privés, les structures de financement mixte peuvent relever ces trois défis afin de débloquer des projets qui autrement ne pourraient pas attirer les capitaux institutionnels. Les fonds publics peuvent servir à absorber le risque initial et rendre ainsi les projets plus attrayants pour les investisseurs privés, tandis que les capitaux privés peuvent ensuite être déployés à une échelle que les fonds publics seuls ne peuvent égaler.

Les nouveaux modèles d’investissement dans la résilience

Dans la pratique, il s’agit d’intégrer des stratégies d’investissement conjoint entre le public et le privé, ainsi que des stratégies d’adaptation qui renforcent les actifs. Investir conjointement avec les municipalités canadiennes et structurer des fonds qui débloquent des occasions d’investissement adaptées au risque permet d’ouvrir tout un monde de possibilités. En structurant les fonds de manière à réduire le risque de perte, il est possible d’attirer des capitaux privés pour développer et accélérer la réalisation de projets qui, autrement, auraient du mal à se financer.

Pour les municipalités souhaitant moderniser des infrastructures essentielles afin de renforcer et de maintenir la résilience de leurs collectivités, un modèle de financement mixte pourrait leur permettre de n’apporter qu’une partie du financement, le reste étant assuré par un investisseur institutionnel privé. Le financement public pourrait être structuré de manière à garantir un rendement minimum ou à couvrir un certain pourcentage des pertes, rendant ainsi le projet beaucoup plus attrayant pour un investisseur privé.

Un autre modèle consiste à créer un fonds qui investit spécifiquement dans des projets de résilience communautaire à travers le pays. Un tel fonds pourrait être constitué à partir d’un ensemble de capitaux publics et privés. La contribution publique serait alors axée sur la prise en compte des risques spécifiques à ces projets. Le fonds investirait dans un portefeuille de projets (digues des collectivités côtières, projets de verdissement urbain dans les villes, etc.), répartissant ainsi les risques tout en entraînant des répercussions positives et durables.

Étude de cas : Le programme de prêts Maisons Durables Ottawa, qui offre du financement pour les améliorations énergétiques des maisons et qui est remboursé au fil du temps sur les factures d’impôt foncier (modèle connu sous le nom de PACE, Property Assessed Clean Energy), a été étendu avec succès grâce à un partenariat de financement mixte. Après le lancement de ce dernier en 2021, la Ville d’Ottawa s’est associée à la Vancity Community Investment Bank (VCIB) dans le cadre d’un modèle de financement novateur du secteur privé qui a permis à la Ville d’Ottawa d’étendre le programme. Le partenariat avec la VCIB comprenait une facilité de crédit initiale de 3,9 millions de dollars qui a permis de lancer la première phase du programme, ainsi qu’une deuxième tranche de 30 millions de dollars pour étendre le programme à un plus grand nombre de résidents. L’injection de capitaux privés a permis à ce programme très populaire de continuer à se développer, tirant ainsi parti de l’intérêt du secteur privé pour financer l’action climatique locale essentielle.

Pour les investisseurs, ces nouveaux modèles financiers offrent une voie crédible vers un marché où la demande est démontrée et l’impact est durable, et qui génère de réels rendements financiers. En aidant les collectivités à s’adapter, les investisseurs protègent leurs propres investissements et créent du même coup de nouvelles sources de revenus stables.

Les collectivités obtiennent ainsi les capitaux indispensables pour renforcer les infrastructures contre les inondations, les incendies et les chaleurs extrêmes, protégeant ainsi leurs citoyens et leur économie. Pour le Canada dans son ensemble, cette approche harmonise l’adaptation aux changements climatiques avec la durabilité financière et économique, pour ainsi favoriser la résilience de nos collectivités et de nos portefeuilles.

Un appel à mobiliser les investissements pour la résilience

La communauté canadienne des investisseurs responsables se trouve à un moment charnière. Forte de plusieurs décennies de succès dans la mobilisation de capitaux pour l’action climatique locale, elle a désormais une possibilité réelle d’adopter le financement mixte et de favoriser de nouveaux partenariats entre les secteurs public et privé. Le tout permettrait de débloquer les capitaux nécessaires pour bâtir un pays plus résilient. Grâce à cette approche, nous pourrions passer de la gestion des risques à la création active de valeur en intégrant la résilience climatique dans les fondements mêmes de nos portefeuilles, de nos collectivités et de l’avenir économique du Canada.

En tant que l’un des principaux bailleurs de fonds et investisseurs canadiens dans les projets municipaux de durabilité, le Fonds municipal vert (FMV) de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) est idéalement placé pour promouvoir cette approche. S’appuyant sur sa dotation stable, des décennies de succès dans la mobilisation de capitaux pour l’action climatique locale, un solide réseau de plus de 2 100 municipalités membres et un bilan de plus de 1,6 milliard de dollars investis dans plus de 2 700 projets de durabilité depuis 2000, le FMV constitue un pont de confiance entre le capital public et privé.

En créant des opportunités bancables et axées sur l’impact, le FMV offre aux investisseurs une voie crédible vers des projets municipaux évolutifs et à faible risque, répondant à leurs attentes en matière de rendements stables et à long terme. Les investisseurs peuvent renforcer leurs portefeuilles grâce à des placements stratégiques et essentiels dans la résilience, générant une valeur durable tant pour eux que pour les collectivités.

Il est temps d’investir dans la résilience pour transformer les projets locaux en atouts durables pour votre portefeuille, générer des rendements stables et devenir un partenaire dans la construction d’un avenir plus durable et prospère pour tous.


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Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Gouvernance de l’IA : un cadre d’intendance

L’intelligence artificielle (IA) est en train de transformer rapidement les économies et les sociétés, offrant à la fois des opportunités et des gains d’efficacité considérables, mais posant également de profonds défis en matière de gouvernance. Il incombe aux investisseurs institutionnels non seulement de comprendre ces changements, mais aussi d’élaborer des cadres de gestion qui garantissent une création de valeur responsable et durable grâce à l’IA. Gestion de placements TD Inc. (GPTD) a entrepris une analyse exhaustive de la documentation disponible sur la gouvernance de l’IA du point de vue de l’intendance. Notre objectif est de dégager des informations exploitables et de mettre en place un cadre solide adapté à notre programme de gestion responsable, afin de clarifier à la fois l’alignement interne et l’engagement externe.

Gouvernance de l’IA et performance financière

Une gouvernance précoce et proactive au niveau du conseil d’administration est apparue comme un facteur de différenciation clé pour les entreprises intégrant l’IA. Certaines études révèlent que les organisations qui ont commencé tôt à se pencher sur la gouvernance de l’IA, en particulier au plus haut niveau, affichent des performances supérieures aux principaux indices de référence. Les facteurs à l’origine de ce succès sont multiples :

  • Surveillance des technologies dédiées : l’intégration de comités scientifiques, technologiques et d’innovation au sein de la structure du conseil d’administration permet une surveillance ciblée de la stratégie et des risques liés à l’IA. Ces comités jouent le rôle de relais d’expertise, permettant aux conseils d’administration de rester au fait des tendances technologiques et de leurs implications pour l’entreprise.
  • Alignement stratégique et gouvernance : les premiers à adopter des cadres de gouvernance solides sont mieux équipés pour identifier les lacunes stratégiques et de gouvernance, anticiper l’impact de la technologie sur les produits et services et rester agiles pour s’adapter aux changements du marché.
  • Acquisition de talents au sein du conseil d’administration : Les entreprises qui accordent la priorité à la gouvernance de l’IA attirent des administrateurs talentueux possédant des connaissances spécifiques au secteur et une compréhension nuancée du potentiel de transformation de l’IA. Cela favorise ensuite l’harmonisation à l’échelle de l’entreprise entre les stratégies commerciales, de gestion des talents, de confidentialité/cybersécurité/sécurité des données et opérationnelles.
  • Alignement de l’entreprise : les organisations les plus performantes ne considèrent pas l’IA comme une fonction isolée, mais comme un impératif à l’échelle de l’entreprise, veillant à ce que l’innovation s’aligne sur les priorités budgétaires, les améliorations opérationnelles, la stratégie en matière de talents et la sécurité des données.

Il est intéressant de noter que nous avons observé que les entreprises technologiques prospères, dont le modèle économique repose essentiellement sur la technologie, ont tendance à répartir les responsabilités en matière de gouvernance de l’IA entre plusieurs comités. Cette approche distribuée reflète l’omniprésence de l’IA dans tous les aspects de leur activité. Pour d’autres secteurs, cependant, une surveillance ciblée est peut-être la meilleure pratique.

Gestion des risques

Les risques inhérents à l’adoption de l’IA sont multiples et vont bien au-delà des incidents très médiatisés liés aux violations de données ou aux amendes réglementaires. La perspective d’intendance de GPTD met l’accent sur les dimensions suivantes :

  • Risques techniques : les systèmes d’IA sont intrinsèquement complexes et opaques, ce qui soulève des défis tels que les hallucinations (génération de résultats faux ou trompeurs), les biais algorithmiques, les performances peu fiables et les conséquences imprévues, telles que les défaillances technologiques.
  • Risques réglementaires : Le paysage réglementaire de l’IA évolue rapidement. Les entreprises doivent rester vigilantes quant au respect des nouvelles normes, des lois sur la confidentialité des données, du droit du travail et des réglementations spécifiques à leur secteur.
  • Risques organisationnels : La vitesse d’adoption de l’IA peut dépasser la capacité d’adaptation d’une organisation. Sans structures de gouvernance, talents et surveillance des risques adéquats, les entreprises s’exposent à un désalignement stratégique, à des inefficacités opérationnelles et à une atteinte à leur réputation.
  • Risques systémiques : L’interconnexion des systèmes d’IA signifie que les défaillances dans un domaine peuvent rapidement se répercuter en cascade. Les risques systémiques comprennent les perturbations du marché, la désinformation généralisée et la volatilité du marché introduites par un déploiement de l’IA mal gouverné.
  • Risques environnementaux : Avec l’essor de l’IA, l’infrastructure nécessaire pour répondre à la demande a des implications environnementales, en particulier l’augmentation du nombre de centres de données. Ces centres consomment une quantité substantielle d’énergie et nécessitent des quantités importantes d’eau pour le refroidissement. Les risques découlent de leur emplacement, du stress qu’ils exercent sur leur environnement et des méthodes utilisées pour acquérir ces ressources nécessaires.

Une gestion efficace des risques exige une approche prospective et interdisciplinaire qui intègre les perspectives techniques, juridiques, éthiques et opérationnelles dans le cadre de gouvernance.

Problèmes systémiques et opportunités

L’intégration de l’IA dans le système financier et l’économie au sens large apporte des considérations systémiques. Celles-ci représentent à la fois des risques et des opportunités qui doivent être gérés activement :

  • Stabilité du marché : Le commerce et la prise de décision basés sur l’IA peuvent à la fois stabiliser et déstabiliser les marchés. Une surveillance est nécessaire pour s’assurer que les algorithmes agissent avec prudence et transparence.
  • Impact sociétal : L’IA peut favoriser l’inclusion et l’efficacité, mais peut également exacerber les inégalités ou automatiser des catégories entières d’emplois. L’intendance responsable doit tenir compte des répercussions plus larges sur le capital humain.
  • Éthique et confiance : Les entreprises qui privilégient l’IA éthique gagnent la confiance des parties prenantes, ce qui peut être une source durable d’avantage concurrentiel.
  • Innovation : L’IA ouvre la porte à de nouveaux modèles commerciaux, à des informations basées sur les données et à l’excellence opérationnelle, mais uniquement si les risques sont gérés avec prudence et si les opportunités sont saisies.

Stratégies d’IA à l’épreuve du temps

GPTD croit que la pérennité ne consiste pas simplement à adopter la technologie, mais à bâtir des organisations résilientes et adaptables. Cela implique :

  • Gouvernance dynamique : Les cadres de gouvernance doivent évoluer parallèlement aux développements technologiques. Des examens réguliers, la planification de scénarios et l’analyse prospective sont essentiels.
  • Développement continu des talents : Développer l’expertise interne et perfectionner les compétences de la main-d’œuvre protège contre l’obsolescence et positionne les entreprises pour exploiter le potentiel de l’IA.
  • Engagement des parties prenantes : Un dialogue ouvert avec les régulateurs, les clients et les communautés renforce la confiance et permet un apprentissage partagé à mesure que l’IA mûrit.
  • Gouvernance robuste des données : Les données sont la pierre angulaire de l’IA. Les organisations doivent investir dans des pratiques de gestion des données sécurisées, éthiques et transparentes pour soutenir des systèmes d’IA fiables.

Conclusion

La gouvernance de l’IA n’est pas un exercice statique, mais un processus continu qui exige vigilance, adaptabilité et excellence en matière de gestion. Les avantages d’une gouvernance précoce et solide sont évidents : amélioration des performances financières, clarté stratégique et résilience opérationnelle. Inversement, les risques de négligence sont importants, non seulement pour les entreprises de manière individuelle, mais pour le système financier et la société.

Notre cadre d’intendance reflète une croyance en l’innovation responsable. Nous plaidons pour une gouvernance de l’IA transparente, éthique et tournée vers l’avenir, en soutenant à la fois les créateurs et les utilisateurs dans leur navigation dans ce paysage dynamique. Grâce à la collaboration, à l’apprentissage continu et à une attention constante aux risques et aux opportunités, nous visons à préserver la valeur à long terme de nos investissements.


Avis

Les informations contenues dans le présent document ne sont données qu’à titre indicatif. Les informations ont été tirées de sources jugées fiables. Les informations ne fournissent pas de conseils financiers, juridiques, fiscaux ou d’investissement. Des stratégies d’investissement, fiscales ou commerciales particulières doivent être évaluées par rapport aux objectifs de chaque individu et à sa tolérance au risque.

Ce matériel ne constitue pas une offre à une personne dans une juridiction où cela est illégal ou non autorisé. Ces documents n’ont pas été examinés et ne sont pas enregistrés auprès d’une autorité de régulation des marchés financiers ou d’une autre autorité de régulation dans les juridictions où nous exerçons nos activités. 

Toute discussion générale ou opinion contenue dans ces documents concernant les titres ou les conditions du marché représente notre point de vue ou celui de la source citée. Sauf indication contraire, ce point de vue est valable à la date indiquée et est susceptible d’être modifié. Les informations relatives aux portefeuilles, à la répartition des actifs ou à la diversification sont historiques et susceptibles d’être modifiées.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives. Les déclarations prospectives reflètent les attentes et les projections actuelles concernant des événements et/ou des résultats futurs, sur la base des données actuellement disponibles. Ces attentes et projections peuvent se révéler incorrectes à l’avenir, car des événements qui n’ont pas été anticipés ou pris en compte dans leur formulation peuvent se produire et conduire à des résultats qui diffèrent matériellement de ceux exprimés ou sous-entendus. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de performance future et il convient d’éviter de s’y fier.

Clause de non-responsabilité de l’AIR

Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Oubliez les gros titres : 2025 a été une bonne année pour l’action climatique

Si vous avez suivi les gros titres cette année, vous pourriez penser que l’action climatique stagne. Le bruit politique, les renversements de politiques et le ciblage des investisseurs et de leurs initiatives collaboratives en matière de climat ont dominé le récit.

Pourtant, sous la surface, les forces structurelles à l’origine de la décarbonation sont plus fortes que jamais. Des États-Unis à la Chine, 2025 a été une année de progrès silencieux.

Pour les investisseurs, ce n’est pas seulement une histoire de résilience, c’est la validation d’une opportunité de croissance structurelle sur plusieurs décennies.

États-Unis : malgré un retour en arrière politique, la transition se poursuit

Malgré la rhétorique du président Trump et ses slogans anti-climatiques — notamment le « green new scam » (nouvelle arnaque verte) —, son projet de loi phare, le One Big Beautiful Bill Act (OBBBA), s’est avéré meilleur que ce que l’on pouvait craindre. Si les généreux crédits pour les véhicules électriques ont été supprimés et les délais pour les crédits aux développeurs d’énergies renouvelables raccourcis, une grande partie de la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) de l’ère Biden est restée intacte.

Et grâce au maintien en grande partie intact des règles d’antériorité, les promoteurs tels que NextEra Energy peuvent continuer à bénéficier des crédits de l’ère Biden jusqu’en 2030.[1]

Les énergies renouvelables dominent la nouvelle génération en 2025

Malgré le recul politique, la décarbonisation du secteur énergétique américain se poursuit. En février, alors que le président Trump reprenait ses fonctions, l’Agence américaine d’information sur l’énergie prévoyait que plus de 90 % des nouvelles capacités ajoutées à l’échelle des services publics seraient issues des énergies renouvelables et du stockage par batterie.[2]

Malgré le bruit qui a suivi, les dernières données publiées en août par la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) montrent que l’énergie solaire et éolienne représentait 88 % de toutes les nouvelles capacités ajoutées.[3]

Source : FERC

Il ne s’agit pas d’un phénomène passager, mais d’un changement structurel. Des coûts compétitifs et une mise en œuvre rapide favorisent le développement des énergies propres, que le dernier revirement politique n’a pas réussi à freiner.

Qu’en est-il du gaz et du nucléaire?

Le gaz et le nucléaire continueront de faire partie du paysage énergétique à long terme, mais aucun des deux ne peut être développé rapidement. En ce qui concerne le gaz, bien que la demande soit certainement plus forte, une commande de turbine passée aujourd’hui ne sera pas mise en service avant les années 2030.

Et bien que le nucléaire suscite un vif intérêt, notamment de la part d’entreprises liées à l’IA telles que Microsoft, Google, Meta et Amazon, qui souhaitent disposer d’une énergie de base sans carbone, nous avons principalement assisté à la remise en service de centrales récemment mises à l’arrêt. Les nouveaux petits réacteurs modulaires (SMR) restent une perspective pour les années 2030.

Inflexion de la demande pour la première fois en 20 ans

Parallèlement à l’écologisation de l’offre, la demande connaît un revirement. Après des décennies de croissance stagnante, où la nouvelle demande d’électricité a été compensée par des gains d’efficacité, nous constatons aujourd’hui une augmentation de la demande absolue.

Pourquoi?

Nous avons observé trois facteurs structurels :

  • Centres de données et intelligence artificielle (IA) : Les centres de données sont gourmands en énergie. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que d’ici 2030, la demande des centres de données américains aura plus que doublé pour atteindre plus de 400 TWh, contre environ 180 TWh en 2024. C’est plus que la consommation annuelle de la Pologne.[4]
  • Électrification : même si l’adoption des véhicules électriques devrait ralentir en raison de la nouvelle politique américaine, elle s’accompagne d’une augmentation de la charge intersectorielle, avec le remplacement des chaudières à gaz par des pompes à chaleur électriques et l’électrification industrielle.
  • Relocalisation depuis la Chine : l’administration incite les industries à revenir aux États-Unis, ce qui entraîne avec elles des processus à forte intensité énergétique.

En fait, nous supposons que la volonté stratégique des États-Unis de prendre la tête dans le domaine de l’IA et de rapatrier leurs activités depuis la Chine explique pourquoi le recul politique de Trump en matière d’énergies renouvelables a été moins important que prévu. L’Administration se rend compte que les États-Unis ont besoin de toute l’électricité qu’ils peuvent obtenir.

Résultat : la demande d’électricité aux États-Unis devrait croître beaucoup plus rapidement maintenant qu’au cours des deux dernières décennies. Cela présente un vent favorable structurel pour les services publics, les développeurs de réseaux et d’énergies renouvelables et les fournisseurs de services.

Source : Munro Partners et recherche industrielle. Informations préparées en novembre 2024.

Alors, qui en profite?

Il existe de nombreuses façons d’investir dans l’écologisation structurelle en cours du réseau américain et la récente variation de la demande. Quanta Services, une participation de notre stratégie Global Climate Leaders, en est un excellent exemple.

Quanta est spécialisée dans le développement d’infrastructures de réseau et de projets liés aux énergies renouvelables. Avec un carnet de commandes de près de 40 milliards de dollars américains et des relations de longue date avec les principaux promoteurs immobiliers, l’entreprise est bien placée pour tirer parti de l’augmentation des dépenses consacrées au réseau électrique et aux énergies renouvelables.

Le contexte mondial : 195 moins 1 n’égale pas 0

Accord de Paris : les États-Unis se retirent, personne ne les suit

Au début de l’année 2025, les États-Unis se sont retirés de l’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique, mais la réaction mondiale a été éloquente : comme la dernière fois, personne ne les a suivis. Les 194 autres signataires restent engagés.

Aujourd’hui, même sans les États-Unis, les pays représentant environ les trois quarts du PIB mondial et des émissions se sont engagés à atteindre la neutralité carbone.[5] Dans de nombreux cas, ils accélèrent leurs efforts.

L’engagement de la Chine pour 2035 : l’équivalent de deux fois la décarbonation totale du Canada

La Chine reste le plus grand émetteur au monde, avec une contribution estimée à 29 % des émissions mondiales en 2024, selon la Commission européenne.[6]

Nos flux d’actualités étant centrés sur ce qui se passait aux États-Unis, il était facile de passer à côté du premier objectif absolu de réduction des émissions annoncé par la Chine en septembre : 7 à 10 % en dessous des niveaux maximaux d’ici 2035.

Les détracteurs affirment que cet objectif est modeste, mais l’ampleur est importante : réduire les émissions de 10 % en Chine d’ici 2024 équivaut à décarboniser complètement le Canada non pas une, mais deux fois![7]

Parallèlement, la Chine vise à porter la consommation d’énergies non fossiles à 30 % et à étendre sa capacité éolienne et solaire à 3 600 GW d’ici 2035. Encore une fois, pour avoir une idée de l’ampleur, cela représente plus de trois fois la capacité totale de production d’électricité des États-Unis (selon les niveaux enregistrés en 2023).[8]

Encore une fois, cela représente une énorme opportunité pour les entreprises qui y parviendront et pour leurs investisseurs.

Le stockage de l’énergie : l’épine dorsale du réseau vert de la Chine

Les ambitions de la Chine en matière d’énergies renouvelables ne reposent pas uniquement sur l’énergie solaire et éolienne, mais aussi sur les solutions de stockage d’énergie (SSE). La Chine a besoin de systèmes de stockage d’énergie (SSE) car une grande partie de la capacité solaire déjà installée est réduite (et donc essentiellement gaspillée) en raison d’une offre supérieure à la demande.

À titre d’exemple, au cours du premier semestre de cette année, 33 % de l’énergie solaire produite dans la région occidentale chinoise du Tibet a été réduite. S’ils disposaient de plus de SSE, ils pourraient stocker cet excédent pendant la journée et l’utiliser pendant les pics de consommation en soirée.

Pour y remédier, la Chine a récemment annoncé des politiques de SSE ambitieuses visant à augmenter la capacité de près de 30 % par an à 180 GW d’ici 2027, nécessitant un investissement de 35 milliards de dollars américains, une énorme opportunité de revenus pour les développeurs et les fabricants de batteries.[9]

Alors, qui en profite?

Contemporary Amperex Technology Limited (CATL), une autre société détenue par Global Climate Leaders, surfe sur cette vague. Champion national chinois, CATL détient aujourd’hui la plus grande part de marché mondial (plus d’un tiers) dans le domaine des batteries. Ils prédisent maintenant que la croissance des batteries pour les SSE dépassera celle des véhicules électriques d’ici la fin de la décennie.

Source : Prospectus CATL a1, Rapport GGII (mai 2025). Graphiques préparés en septembre 2025.

Au-delà du bruit

2025 a été une année de contradictions. Les gros titres crient au recul, mais la réalité sur le terrain murmure résilience et inflexion.

Aux États-Unis, la réalité est que, même aujourd’hui, les énergies renouvelables sont beaucoup plus utilisées que les combustibles fossiles. La pénurie d’alternatives bon marché, rapides à déployer et disponibles, et l’inflexion de la demande d’électricité, fournissent un soutien continu.

En dehors des États-Unis, nous constatons que les ambitions en matière de décarbonation sont de plus en plus ambitieuses. L’objectif de la Chine de réduire ses émissions de deux fois celles du Canada d’ici 2035 offre aux investisseurs l’occasion d’investir dans une transformation générationnelle et d’en tirer profit.

Pour ceux qui sont prêts à regarder au-delà des gros titres, 2025 n’est pas un revers pour l’investissement climatique, mais plutôt la confirmation d’une solide opportunité de croissance structurelle sur plusieurs décennies.

Sources:

[1] NextEra Q3 2025 results presentation

[2] https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=64586

[3] https://cms.ferc.gov/media/energy-infrastructure-update-august-2025

[4] Per Ember data https://ember-energy.org/data/yearly-electricity-data/

[5] https://zerotracker.net/

[6] https://edgar.jrc.ec.europa.eu/report_2025

[7] In 2024, Canada’s emissions were 768 mtCO2e, and 10% of China’s emissions was 1,554 mtCO2e https://edgar.jrc.ec.europa.eu/report_2025

[8] In 2023, the U.S. had 1,189 GW of generation capacity: https://www.eia.gov/energyexplained/electricity/electricity-in-the-us-generation-capacity-and-sales.php#:~:text=At%20the%20end%20of%202023,electricity%2Dgeneration%20capacity%20in%202023.

[9] UBS


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Aligner le capital sur le progrès mondial : investir dans les objectifs de développement durable des Nations Unies

Les objectifs de développement durable (ODD) ont été adoptés en 2015 par les États membres de l’ONU en tant que cadre mondial commun pour relever les défis les plus urgents auxquels le monde est confronté. Les 17 objectifs, étroitement reliés, couvrent un large éventail d’enjeux tels que l’éradication de la pauvreté (ODD 1), l’action pour le climat (ODD 7), l’éducation de qualité (ODD 4) et l’égalité entre les sexes (ODD 5).[1] Ces objectifs visent à promouvoir une croissance économique inclusive, la protection de l’environnement et l’équité sociale, et constituent le fondement du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies.

Bien qu’initialement conçus pour guider les gouvernements nationaux et les programmes politiques, les ODD ont progressivement gagné en popularité dans le secteur privé.[2] Les entreprises et les investisseurs intègrent les considérations relatives aux ODD dans leurs stratégies, leurs divulgations et leurs décisions d’allocation de capitaux. Pour les investisseurs, les ODD fournissent un cadre structuré pour comprendre les priorités mondiales et aligner les objectifs financiers à long terme en conséquence.

L’investissement dans les ODD prend de l’ampleur

Depuis 2015, les émetteurs souverains et privés se tournent de plus en plus vers les obligations liées aux ODD pour financer leurs objectifs de développement durable.[3] Des gouvernements tels que ceux de l’Indonésie, du Mexique et du Chili ont émis des obligations ODD liées aux priorités nationales en matière d’éducation, de santé et de résilience climatique, avec une utilisation claire des fonds alignée sur des ODD spécifiques. Du côté des entreprises, les émetteurs adoptent des cadres alignés sur les ODD afin de lever des capitaux pour des projets qui contribuent à des objectifs tels que l’énergie propre et abordable, les villes et communautés durables, la promotion de la transparence et la possibilité pour les investisseurs d’évaluer des résultats mesurables.

L’émission d’obligations liées aux ODD s’est considérablement développée au cours de la dernière décennie, passant de quelques dizaines à plus de 2 200 en 2024 pour les entreprises ; les émissions publiques ont suivi une trajectoire similaire, dépassant les 650.[4] Cette hausse des émissions reflète l’appétit croissant des investisseurs pour les investissements liés à la durabilité.

Pourquoi les investisseurs se tournent vers le cadre des ODD

Les ODD sont devenus un cadre largement utilisé dans le domaine de l’investissement durable. Selon le Rapport d’évaluation 2024 des Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies, plus de 50 % des propriétaires d’actifs et des gestionnaires d’actifs déclarants utilisent les ODD pour mesurer les résultats en matière de durabilité dans l’ensemble de leurs portefeuilles.[5] Cette adoption croissante reflète le caractère pratique, la transparence et l’alignement du cadre sur les normes volontaires et réglementaires émergentes.

L’un des principaux avantages du cadre des ODD réside dans sa clarté. Alors que l’investissement environnemental, social et de gouvernance (ESG) a gagné en popularité ces dernières années, le paysage des données ESG et des normes de divulgation reste fragmenté. Les investisseurs sont confrontés à toute une série de définitions, de méthodologies et de sources de données qui peuvent varier selon les marchés et les fournisseurs. En revanche, les ODD offrent un cadre mondialement accepté, articulé autour de 17 objectifs, 169 cibles sous-jacentes et plus de 200 indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis. Les ODD sont également intégrés dans de nombreux cadres internationaux majeurs en matière de divulgation et de reporting, tels que la Global Reporting Initiative, le Sustainable Finance Disclosure Regulation de la zone euro et l’International Sustainability Standards Board. Cette approche standard proposée par le cadre des ODD contribue à réduire l’ambiguïté, améliorant ainsi la qualité et la comparabilité des informations divulguées.

Il est important de noter que les ODD offrent une large couverture, abordant les priorités dans tout le spectre ESG. Par exemple, l’ODD 8 (Travail décent et croissance économique) encourage la protection des droits du travail et la sécurité des environnements de travail, tandis que l’ODD 16 (Paix, justice et institutions efficaces) met l’accent sur la réduction de la corruption et des pots-de-vin. Par conséquent, les ODD offrent une perspective globale grâce à laquelle les investisseurs peuvent aligner leur capital sur un impact réel à long terme dans tous les domaines liés au développement durable, ce qui peut contribuer à une plus grande diversification thématique et sectorielle au sein des portefeuilles.

Comment les investisseurs peuvent-ils aborder les opportunités d’investissement liées aux ODD?

Le cadre des ODD a démontré son efficacité pour stimuler des progrès mesurables sur les priorités mondiales, avec 17 % des objectifs évaluables déjà atteints ou en bonne voie, notamment l’ODD 9.c (Accès aux technologies de l’information et de la communication et à Internet) et l’ODD 7.b (Investir dans les infrastructures énergétiques).[6] Cependant, de vastes défis de mise en œuvre demeurent. Selon Rapport sur les objectifs de développement durable de 2024, 48 % des cibles évaluables présentent encore un écart modéré ou grave, et 17 % sont tombés en dessous des niveaux de référence de 2015.[7] Celles-ci reflètent le besoin urgent de se réaligner sur l’agenda 2030 et soulignent la valeur du cadre des ODD en tant qu’outil permettant d’identifier les domaines dans lesquels des capitaux financiers sont nécessaires.

Selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, la réalisation des ODD nécessitera environ 5 à 7 000 milliards de dollars américains par an jusqu’en 2030[8], y compris les investissements dans les infrastructures, les énergies propres, l’eau et l’assainissement, et l’agriculture. Les déficits de financement importants sont estimés entre 2 500 et 4 000 milliards de dollars américains par an.[9] Cette demande de capitaux non satisfaite offre aux investisseurs l’opportunité de contribuer au progrès mondial tout en bénéficiant potentiellement de rendements durables à long terme.

Le cadre des ODD peut aider les investisseurs à identifier les secteurs riches en opportunités où les thèmes liés à la durabilité recoupent les possibilités de croissance financière à long terme. Des secteurs tels que la santé, les énergies propres, l’éducation et les infrastructures sont directement alignés sur ces objectifs. Ces secteurs devraient connaître une expansion structurelle stimulée par les changements démographiques, le soutien politique et l’adoption des technologies.

Tirer parti des ODD permet également aux investisseurs de repérer des opportunités inexploitées sur divers marchés. Des outils tels que la carte des investisseurs ODD[10] fournissent des informations au niveau national sur les thèmes d’investissement commercialement viables, étayées par des indicateurs exploitables. Plusieurs investisseurs institutionnels ont lancé des instruments financiers mixtes ciblant les opportunités alignées sur les ODD dans les marchés émergents, dans le but de mobiliser des capitaux privés vers les régions mal desservies[11].

Conclusion

Le cadre des ODD fournit aux investisseurs à la fois une boussole directionnelle et une boîte à outils pratique. En intégrant les indicateurs des ODD dans l’analyse des investissements, le ciblage sectoriel et la répartition régionale, les investisseurs peuvent potentiellement passer des objectifs ESG à des résultats mesurables. À mesure que les normes de divulgation évoluent et que les investissements durables se développent, les investisseurs qui adoptent dès aujourd’hui une approche alignée sur les ODD pourraient être mieux placés pour saisir les opportunités de croissance à long terme, atténuer les risques ESG et contribuer au développement mondial.

Sources:

[1] https://sdgs.un.org/goals

[2] https://sdg.iisd.org/commentary/guest-articles/businesses-are-committing-to-the-sdgs-but-what-about-their-impact/

[3] https://unctad.org/publication/financing-sustainable-development-report-2024

[4] Bloomberg Finance L.P.

[5] UN PRI, Global responsible investment trends: inside PRI reporting data https://www.unpri.org/download?ac=23004&adredir=1#page=13

[6] UN, The Sustainable Development Goals Report: https://unstats.un.org/sdgs/report/2024/The-Sustainable-Development-Goals-Report-2024.pdf )

[7] UN, The Sustainable Development Goals Report: https://unstats.un.org/sdgs/report/2024/The-Sustainable-Development-Goals-Report-2024.pdf )

[8] https://unctad.org/publication/financing-sustainable-development-report-2024

[9] https://unctad.org/publication/financing-sustainable-development-report-2024

[10] For more details about SDG Investor Map, please refer to United Nations Development Programme website: https://sdgprivatefinance.undp.org/leveraging-capital/sdg-investor-platform

[11] https://www.convergence.finance/blended-finance


Clause de non-responsabilité du contributeur

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Clause de non-responsabilité de l’AIR

Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

La transition énergétique est en marche, mais pas comme nous l’avions prévu

« Le futur est déjà là. Il n’est simplement pas réparti équitablement. » La remarque prémonitoire de l’écrivain de science-fiction William Gibson dans les années 1990 trouve un écho dans le débat de plus en plus polarisé qui anime aujourd’hui la transition énergétique.

Alors que les gros titres annoncent des revers et des vents contraires sur le plan politique, les données montrent une réalité différente : la transition ne s’est pas inversée, elle suit simplement une voie différente de celle que nous avions prévue. Les investissements mondiaux dans le secteur de l’énergie devraient atteindre un niveau record de 3 300 milliards de dollars américains en 2025, les technologies d’énergie propre attirant 2 200 milliards de dollars, soit deux fois plus que les 1 100 milliards de dollars investis dans les combustibles fossiles. Mais la transition que nous pensions possible – largement dictée par les politiques publiques, avec les marchés développés en tête car ils avaient les moyens de mettre en œuvre les changements en premier – a été complètement bouleversée.

Feuille de route originale

La feuille de route initiale prévoyait que l’Europe et les États-Unis atteignent la neutralité carbone d’ici 2050, tandis que les marchés émergents suivraient plus tard, la Chine visant 2060 et l’Inde 2070. Cela était logique, car les marchés développés avaient connu des décennies de stagnation ou de baisse de la demande énergétique et avaient presque tous mis en place des politiques favorables.

La transition énergétique des pays développés a été conçue comme une transition transformatrice. Alors que les transitions précédentes avaient été additives, avec de nouvelles formes d’énergie venant s’ajouter aux formes existantes pour répondre à une nouvelle demande (la biomasse complétée par le charbon puis le pétrole), celle-ci nécessiterait le remplacement des formes d’énergie existantes. D’où la nécessité de prendre des mesures politiques importantes pour mettre en œuvre les changements requis. Les marchés émergents, en revanche, devaient opérer une transition progressive pour répondre à la nouvelle demande énergétique, sans bénéficier de mesures politiques favorables.

Une transition différente

Tout cela a changé. Avec une demande énergétique totale en forte hausse, notamment en raison de l’explosion du volume de données traitées, et un élan politique en perte de vitesse sur les marchés développés, leur transition est plus lente que prévu et se fait de manière additive. Les opportunités pour les fournisseurs de solutions de décarbonisation restent nombreuses : une demande énergétique totale plus importante signifie une demande potentielle plus importante pour les technologies de décarbonisation. Mais ces technologies sont désormais considérées dans les pays développés comme faisant partie d’une solution énergétique globale.

Pendant ce temps, les marchés émergents surprennent agréablement, non pas grâce à des mesures politiques, mais simplement grâce à l’économie des technologies propres (principalement fabriquées en Chine), qui sont devenues l’option la moins chère disponible. Dans certains secteurs des marchés émergents, comme celui des véhicules électriques en Chine, nous assistons à une transition énergétique transformatrice. La plupart des voitures neuves, soit désormais 10 % de l’ensemble des voitures, ainsi que la grande majorité des deux-roues vendus en Chine, sont électriques.

Accélération

Nous nous attendons à ce que les deux tendances s’accélèrent. La croissance de la demande énergétique sur les marchés développés a jusqu’à présent été principalement observée aux États-Unis, où les centres de données devraient représenter près de la moitié de la croissance de la demande en électricité d’ici 2030. D’ici le début de la prochaine décennie, les États-Unis devraient utiliser plus d’électricité pour traiter les données que pour fabriquer tous les biens à forte intensité énergétique réunis. Outre l’intelligence artificielle, l’augmentation de la demande énergétique reflète également la relocalisation industrielle et la diminution des rendements après des décennies d’améliorations en matière d’efficacité.

On observe également les premiers signes d’une augmentation de la demande en électricité en Europe, dont les infrastructures électriques vieillissantes nécessiteront des investissements et stimuleront la demande en solutions de décarbonisation. Les combustibles fossiles ne peuvent tout simplement pas répondre aux nouveaux besoins énergétiques de manière efficace ou économique, même avec une politique favorable. Ainsi, le marché de la décarbonisation continue de croître, créant des opportunités pour les investisseurs, et il est plus urgent que jamais de plaider en faveur de politiques qui l’encouragent.

Deuxième transformation

La deuxième transformation, à savoir le changement de trajectoire de la transition énergétique dans les marchés émergents, est encore plus significative pour les émissions mondiales. Les exportations chinoises de véhicules solaires, éoliens et électriques vers les pays du Sud représentent désormais 47 % du total des exportations, ce qui équivaut presque pour la première fois à ses exportations vers les pays développés. L’échelle est stupéfiante. Le Pakistan a importé à lui seul 19 GW de modules solaires en 2024, soit près de la moitié de sa capacité connectée au réseau. Cela représente la solution à ce qui a longtemps été le plus grand défi de la politique climatique : comment assurer la transition des marchés émergents, qui constituent la majorité de la croissance future des émissions. Les panneaux solaires chinois éclairent les communautés rurales du Zimbabwe, tandis que les véhicules électriques chinois abordables transforment les rues des villes, du Mexique à la Thaïlande. En Chine même, les énergies propres ont contribué à hauteur de 1 600 milliards de dollars américains à l’économie en 2023, devenant ainsi l’un des principaux moteurs économiques du pays.

Peut-être parce que nous ne vivons pas la transition énergétique à laquelle nous nous attendions, les valorisations des entreprises qui bénéficient de la décarbonisation ne reflètent souvent pas la croissance structurelle qui les soutient, même si celles que nous détenons dans notre portefeuille d’investissement axé sur la décarbonisation continuent de croître à un rythme presque deux fois supérieur à celui du marché dans son ensemble. Et pour les investisseurs qui souhaitent faire le bien tout en générant un rendement financier, nous voyons également davantage d’opportunités d’avoir un impact dans un monde où la croissance énergétique s’accélère et où la décarbonisation n’est plus seulement, ni même principalement, un phénomène propre aux pays développés.

Comme l’a observé le futurologue Roy Amara, « nous avons tendance à surestimer l’effet d’une technologie à court terme et à sous-estimer son effet à long terme ». La transition énergétique illustre peut-être la loi d’Amara : l’engouement initial a laissé place à la désillusion, mais aujourd’hui, les effets transformateurs à long terme de la transition énergétique deviennent indéniables.

Sources:

IEA World Energy Investment 2025, https://www.iea.org/reports/world-energy-investment-2025

IEA Energy and AI Report 2025, https://www.iea.org/reports/energy-and-ai

Centre for Research on Energy and Clean Air analysis, various reports 2024-2025


Clause de non-responsabilité de l’AIR

Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Les investisseurs canadiens manifestent un vif intérêt pour l’investissement responsable, mais les lacunes en matière de connaissances et de confiance persistent

Le Sondage d’opinion des investisseurs 2025, mené par l’AIR auprès des investisseurs, brosse un tableau nuancé de l’attitude des investisseurs individuels canadiens à l’égard de l’investissement responsable (IR). Si l’intérêt pour l’IR reste fort et s’accroît même au sein de certains groupes, des défis importants en matière de sensibilisation, d’engagement des conseillers et de préoccupations liées à l’écoblanchiment continuent de tempérer l’enthousiasme.

Selon le sondage, deux tiers des investisseurs canadiens se disent intéressés par l’investissement responsable, les jeunes investisseurs et les femmes manifestant les niveaux d’intérêt les plus élevés. Il est intéressant de noter que le sondage fait également état d’un intérêt croissant de la part des personnes âgées de 55 ans et plus, ce qui suggère que l’IR devient une priorité pour toutes les générations. Malgré cet intérêt généralisé, les connaissances sur l’investissement responsable restent limitées. Environ deux tiers des personnes interrogées admettent ne pas savoir grand-chose sur l’IR, et près d’une sur cinq n’a même jamais entendu parler de ce concept.

L’influence des événements survenant à l’échelle mondiale façonne également le comportement des investisseurs. Plus d’un tiers des personnes interrogées déclarent qu’elles sont plus susceptibles de choisir des investissements responsables aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a un an. Toutefois, cet intérêt accru ne s’est pas encore traduit par une augmentation de la propriété. En effet, les titres d’IR détenus ont légèrement diminué depuis la fin de l’année 2023. Ce décalage met en évidence des obstacles qui vont au-delà du simple intérêt, notamment un manque criant de communication entre les investisseurs et leurs conseillers financiers.

Lacunes en matière de services d’IR

Source: Sondage d’opinion des investisseurs 2025

Alors que 76 % des investisseurs souhaitent que leurs conseillers ou institutions financières leur posent des questions spécifiques sur l’IR, seuls 28 % d’entre eux déclarent s’être déjà vu poser de telles questions. Même lorsque ces conversations ont lieu, seuls 35 % d’entre eux les décrivent comme significatives. Ce manque d’engagement laisse entrevoir des occasions manquées pour les conseillers d’entrer en contact avec leurs clients et de les guider vers des choix d’investissement qui reflètent leurs priorités éthiques.

L’écoblanchiment, qui consiste à présenter les investissements comme plus durables qu’ils ne le sont réellement, est à nouveau une préoccupation majeure pour les investisseurs. Malgré la mise à jour des directives des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) sur les informations liées aux considérations ESG en mars 2024, plus de la moitié des personnes interrogées citent désormais l’écoblanchiment comme un facteur dissuasif pour l’investissement responsable, contre 46 % auparavant. Ce scepticisme croissant souligne la nécessité d’une plus grande transparence et d’une plus grande responsabilité dans le domaine de l’IR.

L’intelligence artificielle (IA) est un autre domaine qui suscite de plus en plus d’intérêt et d’inquiétude. La plupart des investisseurs ne savent pas comment l’IA est appliquée à la prise de décision en matière d’investissement, 64 % d’entre eux déclarant qu’ils ne savent pas ou peu de choses à ce sujet. Pourtant, une majorité d’entre eux estiment qu’il est important que les entreprises de leur portefeuille, ainsi que leurs conseillers financiers et leurs institutions, adoptent des cadres et des principes d’IA responsable.

Par ailleurs, le sondage révèle que les investisseurs individuels canadiens apprécient l’investissement responsable non seulement pour son potentiel de rendement, mais aussi pour son rôle dans la réduction des risques et l’alignement sur leurs valeurs personnelles. Presque toutes les personnes interrogées ont souligné l’importance d’envisager des opportunités d’investissement qui intègrent l’IR dans les portefeuilles, et que les conseillers financiers restent une source d’information fiable pour ces décisions.

Le Sondage d’opinion des investisseurs 2025 mené par l’AIR montre clairement que si l’intérêt pour l’investissement responsable est élevé et en croissance, il existe un besoin urgent d’une meilleure formation, d’un engagement plus proactif des conseillers et de garanties plus solides contre l’écoblanchiment. Il sera essentiel de relever ces défis pour transformer l’intérêt des investisseurs en actions significatives et favoriser un paysage d’investissement plus durable au Canada.

L’Initiative de recherche sur l’investissement responsable

Ce rapport a été produit dans le cadre de l’Initiative de recherche sur l’investissement responsable (IR). Un programme de l’AIR, l’Initiative fournit des informations objectives et fondées sur des données qui clarifient la situation du marché canadien. L’initiative s’appuie sur trois rapports de premier plan, publiés chaque année, qui offrent une vision à 360 degrés de l’investissement responsable au Canada :

Le Sondage d’opinion des investisseurs (en savoir plus) fait entendre la voix des Canadiens ordinaires sur le sujet. Il nous indique ce que pensent les investisseurs particuliers, ce qu’ils apprécient et comment l’investissement responsable s’inscrit dans leurs objectifs financiers.

L’Étude sur les perspectives des conseillers en IR (à venir en octobre 2025) explore la façon dont les conseillers financiers canadiens abordent l’investissement responsable, y compris ce qu’ils entendent de leurs clients, ce qu’ils recommandent et où se situent encore les obstacles.

Le Rapport de tendances de l’investissement responsable (à venir en novembre 2025) suit les pratiques des investisseurs institutionnels, des régimes de retraite aux gestionnaires de fonds, et nous aide à comprendre l’évolution de l’investissement responsable sur les marchés financiers canadiens.

Ces rapports s’adressent à différents segments de notre écosystème, mais ensemble, ils racontent avec force notre situation, les problèmes auxquels nous sommes confrontés et les perspectives d’avenir qui s’offrent à nous. Cette initiative vise à donner à nos membres, et à la communauté des investisseurs au sens large, les informations nécessaires pour définir une stratégie, communiquer avec les parties prenantes et mesurer les progrès accomplis.

L’Initiative de recherche de l’IR est généreusement soutenue par les partenaires Addenda Capital, Desjardins, Placements Mackenzie, Investissements Banque Nationale, RBC Gestion mondiale d’actifs et Gestion d’actifs TD. Pour en savoir plus, visitez la page www.ri-research-initiative.ca.

Le rôle des minéraux critiques dans la transition énergétique

Les minéraux critiques sont devenus un élément important de la transition énergétique mondiale. Les minéraux comme le cuivre, le lithium, le cobalt, le nickel et les éléments des terres rares jouent un rôle indispensable dans la fabrication des véhicules électriques (VE), des systèmes d’énergie renouvelable et de l’électronique de pointe. Alors que la demande mondiale s’intensifie, les préoccupations concernant la durabilité et la sécurité de la chaîne d’approvisionnement présentent à la fois des risques et des opportunités pour les investisseurs dans les matières premières.

Demande croissante pour les minéraux critiques

Au cours de la dernière décennie, les prix de ces minéraux ont généralement augmenté, le lithium et le cobalt ayant connu des hausses respectives de 53 % et 70 %. Avec l’accélération de l’électrification et du déploiement des technologies propres, la demande devrait encore augmenter d’ici à 2030.

Tableau 1 : Applications industrielles croissantes des minéraux critiques

Sources : International Energy Agency (IAE), European Commission, Cobalt Institute, Bloomberg Finance L.P, TDAM Research. En date de mars 2025.

Un VE nécessite environ 440 livres de minéraux critiques, contre seulement 66 livres pour une voiture à essence. La demande augmente également dans les secteurs axés sur les données, tels que l’IA et l’informatique en nuage, qui intensifient l’utilisation des terres rares. Les gouvernements et les entreprises s’efforcent de diversifier leurs approvisionnements, mais cela reste difficile dans un contexte de goulets d’étranglement au niveau du raffinage et de tensions géopolitiques.

Défis au sein de la chaîne d’approvisionnement

Malgré la forte demande, plusieurs facteurs menacent la stabilité de l’approvisionnement en minerais essentiels : les perturbations géopolitiques, les préoccupations environnementales, les phénomènes météorologiques extrêmes et les problèmes sociaux.

La Chine domine une part importante de la chaîne d’approvisionnement mondiale en minéraux critiques, raffinant plus de 70 % du cobalt et produisant près de 60 % du lithium. De nombreux pays occidentaux tentent de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement afin de réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine, mais les progrès sont lents et posent des risques géopolitiques persistants.

Ces risques sont aggravés par les préoccupations environnementales dans le monde entier. L’extraction du nickel en Indonésie a entraîné une déforestation et une pollution de l’eau à grande échelle. De même, l’extraction du lithium dans le « Triangle du lithium » en Amérique du Sud nécessite de grandes quantités d’eau, ce qui pose des problèmes de durabilité.

Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les inondations et les sécheresses, perturbent également de plus en plus les opérations minières. En Australie, de graves inondations ont interrompu les transports et retardé le calendrier des projets. Au Chili, les sécheresses prolongées dans les régions où l’eau est rare augmentent la pression sur l’extraction du lithium et suscitent des inquiétudes quant à la durabilité de l’exploitation.

Les opérations minières ont également suscité des préoccupations d’ordre éthique dans plusieurs régions. Dans des pays comme la République démocratique du Congo, de nombreux rapports font état du travail des enfants dans des sites miniers illégaux, en particulier pour le lithium et le cobalt. Entre-temps, de violents affrontements avec des communautés autochtones au Brésil et en Australie ont entraîné l’arrêt de projets miniers ou des actions en justice. Au Canada, les protestations concernant le projet « Ring of Fire » de l’Ontario – qui comprend des minéraux tels que la chromite, le cuivre, le zinc, l’or, le diamant, le nickel et les éléments du groupe du platine – ont mis en évidence l’importance cruciale d’une consultation inclusive avec les communautés des Premières Nations. Sans cela, les entreprises risquent de perdre leur licence sociale d’exploitation.

Tous ces défis ont des implications importantes pour le marché et les investissements.

Volatilité des prix

Les chocs de l’offre et les fluctuations rapides de la demande ont rendu les marchés des minéraux critiques très volatils. Par exemple, les prix du lithium ont grimpé en flèche en 2022 en raison des pénuries et de la spéculation des investisseurs, avant de s’effondrer en 2023 en raison des craintes d’une offre excédentaire et d’un ralentissement de la demande de véhicules électriques. Cette volatilité complique la budgétisation, la couverture et la planification à long terme pour les industries qui dépendent de technologies à forte intensité minérale.

Investissements des entreprises et des gouvernements

En réponse à l’insécurité en matière d’approvisionnement, les entreprises procèdent à des acquisitions en amont afin de s’assurer des intrants essentiels. Un exemple notable est l’acquisition récente par Rio Tinto, pour 10 milliards de dollars, d’Arcadium, une société de raffinage du lithium, qui a signalé la tendance croissante à l’intégration verticale dans le secteur minier. Sur le plan politique, les gouvernements prennent des mesures d’incitation. La loi américaine de 2022 sur la réduction de l’inflation prévoyait de généreux crédits d’impôt pour l’extraction nationale et la production de batteries, un objectif soutenu par l’administration actuelle, tandis que la loi de l’Union européenne de 2024 sur les matières premières critiques préconise un approvisionnement diversifié et localisé en minéraux.

Réponses stratégiques aux risques liés à l’approvisionnement

Pour réduire leur dépendance à l’égard de chaînes d’approvisionnement volatiles, les entreprises explorent l’utilisation de matériaux alternatifs. Les batteries sodium-ion constituent une alternative évolutive qui gagne du terrain. Elles utilisent le sodium, qui est plus abondant et plus largement disponible que le lithium. Bien que leur densité énergétique soit encore plus faible, ces batteries pourraient jouer un rôle important dans le stockage en réseau et sur les marchés des véhicules électriques à faible coût dans les années à venir.

Recyclage et économie circulaire

Le recyclage des minéraux critiques apparaît comme une stratégie clé pour atténuer les risques d’approvisionnement et réduire l’impact sur l’environnement. Des entreprises comme Nth Cycle mettent en œuvre des méthodes de technologie propre pour récupérer des matériaux essentiels comme le nickel et le cobalt à partir de déchets électroniques et industriels. Leurs systèmes en boucle fermée visent à réduire la dépendance à l’égard de l’exploitation minière et à être beaucoup moins intensifs en carbone. Leur procédé permet également de réduire les émissions jusqu’à 90 % par rapport aux méthodes d’extraction traditionnelles.

Politique et réglementation

Les gouvernements alignent de plus en plus leur politique sur les objectifs de durabilité. Le U.S. Critical Mineral Consistency Act (loi bipartisane de 2024 sur la cohérence des minéraux critiques) impose une plus grande transparence des sources d’approvisionnement et soutient la transformation nationale par le biais de crédits d’impôt. Parallèlement, l’Union européenne est en train de revoir et d’étendre son règlement sur les minerais de conflit pour y inclure des minerais tels que le cobalt et le lithium, au-delà de son objectif initial qui était l’étain, le tantale, le tungstène et l’or. Ces mesures visent à améliorer l’approvisionnement éthique et à renforcer la confiance des investisseurs dans les chaînes d’approvisionnement en minéraux.

Conclusion

Les minéraux critiques constituent l’épine dorsale de la transformation mondiale des énergies propres. Malgré leur importance, le chemin qui mène de la mine au marché est de plus en plus complexe, façonné par les risques géopolitiques, les externalités environnementales et les attentes sociales croissantes. Pour répondre à la demande croissante tout en garantissant la durabilité à long terme, les gouvernements et les investisseurs ne doivent pas se contenter de garantir l’accès aux minerais essentiels. Ils doivent défendre l’innovation en matière de recyclage, accélérer la diversification de l’offre et intégrer les principes ESG au cœur des stratégies d’approvisionnement en minerais. Ce n’est qu’à cette condition que la course mondiale aux minéraux essentiels pourra servir de catalyseur – et non de contradiction – à la transition énergétique.


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