Quel est le principal obstacle dans l’adoption de l’IR? Probablement nous…

Il est tentant de regarder la rapide progression des solutions d’investissement responsable (IR) et de conclure que nous faisons tout ce qu’il faut.

Au Canada, les actifs IR enregistrent effectivement une nette augmentation (+33 % au cours des deux dernières années) et s’établissent aujourd’hui à 2 billions $. Les actifs des fonds communs de placement orientés sur l’IR progressent au même rythme et représentent aujourd’hui plus de 11 G$. De plus, il est quasiment certain que cette croissance se poursuivra au cours des deux prochaines années, selon un rythme modéré à soutenu. Ces excellentes nouvelles, ainsi que d’autres informations tout aussi encourageantes, ont été révélées par le dernier Rapport de tendances de l’investissement responsable publié par l’AIR.

Les praticiens IR que nous sommes peuvent donc se reposer et regarder la vague continuer de grossir. Cette attitude passive ne nous correspond pas vraiment et ne serait de toute façon pas dans notre intérêt. Tant mieux. Les principaux obstacles à une adoption plus large de l’IR persistent effectivement, malgré cette formidable croissance, et particulièrement la crainte d’un rendement inférieur. Tant que nous n’avons pas réglé ce problème, l’IR n’atteindra pas son plein potentiel.

Alors, comment faire pour passer à la vitesse supérieure?

Commençons par observer les différences entre les investisseurs institutionnels et les épargnants individuels dans l’adoption de l’IR. Le marché institutionnel, faisant vraisemblablement fi des préjugés sur le rendement des actifs IR, démontre une tendance extrêmement favorable qui surpasse clairement celle observée pour les investisseurs individuels. En effet, le Rapport de tendances de l’investissement responsable a conclu que les gestionnaires de régimes de retraite et d’autres fonds institutionnels privilégiaient l’IR pour les avantages procurés sur les plans de la maîtrise du risque, du rendement potentiel et du devoir fiduciaire de façon générale.

Sur le marché des particuliers, la progression paraît également soutenue, mais moins généralisée. Cependant, des questions résultent de la déconnexion apparente entre ces épargnants individuels et les conseillers, car ils ont clairement exprimé leur soutien envers les sociétés tenant compte des facteurs ESG dans l’exploitation de leurs activités et ont même déclaré qu’ils s’attendaient pleinement à ce que leur conseiller intègre ces aspects environnementaux sociaux et de gouvernance dans la gestion de leur portefeuille. Pourtant, selon Allianz Global Investors, seulement 14 % des conseillers présentent à leurs clients l’IR de façon proactive lorsqu’ils les rencontrent.

Les doutes habituels entourant les rendements, l’étendue de la gamme de solutions offertes et le prétendu manque d’intérêt de leurs clients – qui n’en parlent pas spontanément – expliqueraient cette réticence des conseillers à miser sur l’IR. Nous savons à quel point tout ceci est inexact. On dirait que toutes ces années où nous nous sommes creusé la tête pour remettre en cause ces idées reçues, en apportant des preuves claires et apparemment irréfutables, n’auraient servi à rien.

En réalité, leurs réticences pourraient avoir une autre cause, qui est de plus en plus souvent évoquée. Malgré le potentiel de l’investissement responsable pour le développement de leur activité, nombre de conseillers ont expliqué qu’ils n’abordaient pas cette question avec leurs clients, car ils ne savaient tout simplement pas comment faire. Comment est-ce possible? Probablement que nous (les fournisseurs et promoteurs de solutions IR) ne les aidons pas.

Tout dépend effectivement de la façon dont nous abordons ce sujet. Habituellement, nous positionnons l’IR par rapport à des valeurs, en expliquant qu’il s’agit « de la chose à faire », ou par rapport à des faits, en démontrant la supériorité de l’IR en matière d’investissement. Les deux approches risquent en réalité d’inhiber plutôt que de favoriser l’adoption.

Lorsque nous nous plaçons sur le plan des valeurs, nous demandons aux conseillers et aux investisseurs de croire à ce que nous croyons. C’est évidemment délicat. Comme tout le monde, ils ont déjà leurs propres croyances, souvent bien enracinées. Si celles-ci ne correspondent pas aux valeurs de l’IR, il y a peu de chances qu’ils changent d’opinion, du moins à court terme.

Lorsque nous nous plaçons sur le plan des faits, le risque de dissociation est encore plus élevé. La question du rendement des placements IR trouve un certain écho parmi les investisseurs institutionnels, mais la plupart des épargnants individuels demeurent persuadés que la catégorie procure une performance inférieure. Ils changeront difficilement d’avis, même si nous leur assénons toutes nos données. Les conseillers qui ont investi pour le compte de leurs clients avec succès (et c’est probablement le cas pour tous grâce au marché haussier dont nous avons bénéficié) ne seront en effet probablement pas très disposés à entendre qu’ils ont fait fausse route depuis le début.

Alors, que faire?

La solution à ce dilemme se trouve dans la façon dont nous structurons la conversation IR. Au lieu de rester sur le quoi ou le comment de l’IR, il vaudrait mieux amorcer la conversation visant les investisseurs en expliquant ce que la démarche peut effectivement leur apporter. Ainsi, on arrive en plein cœur du sujet : les besoins des investisseurs.

Une conversation centrée sur les besoins place les conseillers dans une position beaucoup plus favorable, pour l’IR également. Quel conseiller n’a, par exemple, jamais parlé à un investisseur du besoin de gérer le risque ou de dénicher de nouvelles opportunités de croissance? Il s’agit de besoins universels qui peuvent être comblés de différentes façons grâce aux solutions IR. D’autres besoins naissants peuvent de plus n’être satisfaits que par des solutions IR, comme celui d’avoir un impact positif au-delà du rendement procuré.

Structurer la conversation de manière à placer les besoins du client en priorité permet aussi au conseiller de démontrer une réelle valeur, un aspect non négligeable dans un monde post-MRCC2.

En définitive, le secret pour que l’IR réalise la percée que nous souhaitons tous consiste à réussir la connexion avec notre audience. Nous avons atteint un certain niveau de réussite en abordant l’IR comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Est-ce suffisant pour que cette croissance se poursuive ou est-ce qu’un angle d’approche différent pourrait accélérer significativement l’adoption de l’IR?

En recentrant nos conversations sur l’éventail des besoins que les solutions IR peuvent structurellement combler, nous permettrons aux conseillers d’aborder beaucoup plus facilement la question et aurons bien plus de chances de dissiper les préjugés qui entravent une adoption plus généralisée de l’investissement responsable.

Clause de non-responsabilité
Les opinions exprimées aux présentes sont celles de l’auteur et pas nécessairement celles de Placements NEI.

Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

 

Pour en arriver à un portefeuille 100 % d’impact

En 2016, la Fondation Inspirit, une fondation publique qui fait la promotion de l’inclusion et du pluralisme par l’entremise des médias et des arts, du soutien aux jeunes acteurs du changement et de l’investissement d’impact, s’est engagée à avoir un portefeuille 100 % d’impact afin de tirer profit de ses actifs afin de générer des rendements ainsi que des impacts sociaux et environnementaux positifs. Cet engagement a été officialisé dans le cadre de notre Énoncé de politique de placement (EPP), qui indique que nos décisions de placement doivent être guidées par trois principes :

  1. Rendement financier ajusté en fonction du risque
  2. Transition vers un portefeuille faible en carbone
  3. Impact positif via l’alignement à la vision organisationnelle de Inspirit

D’ici 2020, Inspirit devrait atteindre son objectif de détenir un portefeuille 100 % d’impact. Voici l’essentiel de notre démarche :

  1. Complétion d’un audit initial

Au moment de notre engagement à l’égard d’un portefeuille 100 % d’impact, la majeure partie du portefeuille d’Inspirit se trouvait sur les marchés publics, et était géré par trois gestionnaires de placement dont les mandats équilibrés exigeaient qu’ils investissent dans les titres à revenu fixe, les actions canadiennes et les actions mondiales. Afin d’analyser le rendement de nos placements, nous avons mené un audit de notre portefeuille en se basant sur notre EPP mis à jour.

  1. Évaluation des indicateurs de performance

Nous avons ensuite retenu les services du conseiller en placement Proteus pour évaluer le rendement financier à l’aide de quatre indicateurs principaux : rendement net par rapport à l’indice de référence, ratio d’information, ratio d’encaissement des hausses et ratio d’encaissement des baisses. Nous nous sommes également abonnés aux recherches de MSCI afin de comprendre la performance de notre portefeuille sur les plans du carbone et de l’impact. Ces recherches nous ont permis d’évaluer l’exposition de notre portefeuille aux émissions de carbone. L’impact positif de notre portefeuille est évalué selon les cotes relatives aux facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (« ESG ») et les revenus des produits et services contribuant aux Objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD).

  1. Analyse comparative des indicateurs de rendement

Nous avons ensuite comparé le rendement de notre portefeuille sur les plans financier, du carbone et de l’impact à celui d’indices de référence usuels, principalement l’indice obligataire universel FTSE TMX, l’indice composé S&P/TSX et l’indice Indice MSCI Monde tous pays ($ CA). Pour aller plus loin, nous avons aussi comparé la performance de notre portefeuille à celui de l’indice de référence MSCI Sustainable Impact. Ce dernier affiche de solides résultats financiers et a une faible empreinte carbone (ses placements comptent parmi les plus performants selon les paramètres ESG). De plus, l’indice est doté d’une méthode de sélection qui repère les placements tirant plus de 50 % de leurs revenus de produits et services contribuant aux ODD.

  1. Recherche d’une expertise pertinente

L’analyse a conclu que la performance de notre portefeuille sur les plans financier, du carbone et de l’impact peut être améliorée. Pour ce faire, nous nous sommes engagés à modifier notre approche actuelle – soit un portefeuille équilibré – et à opter pour une approche spécialisée selon les catégories d’actifs. Les données indiquent clairement qu’il est rare que les gestionnaires de placement maintiennent un rendement supérieur soutenu dans de multiples catégories d’actifs. Nous avons établi qu’il était nécessaire de modifier la gestion de portefeuille d’Inspirit confiée, à l’époque, à trois gestionnaires de placement qui, selon leurs mandats équilibrés, investissaient dans différentes catégories d’actifs. Nous avons plutôt opté d’octroyer des mandats spécialisés à des gestionnaires de placement pour des catégories d’actifs précises.

En mai 2018, Inspirit a publié une Demande d’énoncé des intérêts et des qualifications pour solliciter les soumissions de gestionnaires de placement afin de nous aider à satisfaire aux objectifs de notre EPP en ce qui concerne la catégorie des titres à revenu fixe. Nous avons amorcé notre transition vers une approche spécialisée selon les catégories d’actifs en commençant par le revenu fixe puisque cette catégorie d’actifs de notre portefeuille avait un rendement insatisfaisant par rapport à l’indice de référence. Nous avons reçu un grand nombre de soumissions de qualité et nous les avons évaluées selon les cinq catégories principales suivantes :

  1. Société de placement et son engagement envers la diversité, l’équité et l’inclusion – pondération de 20 %
  2. Aperçu du produit proposé, thèse et frais – pondération de 20 %
  3. Performance – rendement financier du produit proposé – pondération de 30 %
  4. Performance du produit proposé sur le plan carbone – pondération de 5 %
  5. Performance – impacts générés par le produit proposé – pondération de 25 %

Après avoir évalué et noté toutes les soumissions, nous avons mené deux séries d’entrevues avant de prendre notre décision finale. Au final, c’est avant plaisir que nous avons choisi Addenda Capital à titre de nouveau gestionnaire et nous avons affecté la totalité de nos titres à revenu fixe publics de notre portefeuille au Fonds revenu fixe d’impact d’Addenda Capital.

Grâce à notre placement dans le Fonds revenu fixe d’impact d’Addenda, plus de 85 % de notre portefeuille est maintenant investi dans des placements d’impact. Ces placements comptent parmi les plus performants selon les paramètres ESG et — fait idéal — tirent au moins 50 % de leurs revenus en contribuant aux Objectifs de développement durable des Nations Unies. 

Portefeuille de placement d’Inspirit – Traditionnel vs Impact  

Nous prévoyons poursuivre la transition visant à transformer notre portefeuille d’investissements traditionnels en un portefeuille entièrement composé d’investissements d’impact et à passer d’une approche de placement équilibrée à une approche fondée sur une expertise de placement spécialisée pour des catégories d’actifs précises. La prochaine étape consistera à faire une Demande d’énoncé des intérêts et des qualifications pour trouver un gestionnaire d’actions mondiales et un gestionnaire d’actions canadiennes capables de satisfaire aux objectifs financiers, de carbone et d’impact énoncés dans notre EPP. Nous prévoyons passer à un portefeuille 100 % d’impact en 2020.

Suivez nos progrès ici.

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Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Naviguer dans le paysage de l’investissement responsable

Les investisseurs sont confrontés à de nombreuses options lorsqu’ils souhaitent investir de manière responsable. Cependant, pour être sûrs d’obtenir les résultats escomptés, ils doivent d’abord examiner les principes qui sous-tendent chaque choix, en commençant par ce que « responsable » signifie.

Dans les paragraphes suivants, je décrirai deux conceptions très différentes – d’abord, telles qu’elles sont pratiquées par les analystes en investissements, et ensuite selon les valeurs ou le comportement des investisseurs. Je montrerai ensuite où ces deux pôles théoriques commencent à converger. 

Les entreprises d’investissement, qui gèrent des portefeuilles pour le compte de tiers (y compris les fonds communs de placement et les fonds négociés en bourse (FNB)), comptent parmi les plus gros investisseurs. Beaucoup sont signataires du PRI, ou les Principes pour l’investissement responsable soutenus par les Nations Unies, qui sont basés à Londres, en Angleterre.

Les PRI définissent les « investissements responsables » comme l’intégration de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans l’analyse et la sélection des investissements, ainsi que dans des activités de détention telles que l’engagement avec la direction et le vote par procuration lors des assemblées d’actionnaires.

Conformément à la théorie moderne du portefeuille (TMP), qui guide notamment les investisseurs vers des portefeuilles largement diversifiés, l’intégration des facteurs ESG ne limite pas les types de placement envisagés. Il impose plutôt de prendre en compte l’impact que des enjeux ESG importants pourraient avoir sur le profil de risque et de rendement de chaque investissement, au-delà de ce qui peut être disponible dans les états financiers standard. Déterminer quells problèmes ESG sont importants pour une entreprise et comment les mesurer est un domaine émergent, mais qui fait l’objet d’un leadership important, notamment de Mark Carney (gouverneur, Banque d’Angleterre et anciennement Banque du Canada) et Michael Bloomberg (ancien maire de New York). L’intérêt pour les analystes d’intégrer les facteurs ESG est la découverte potentielle de risques caches non apparents dans les états financiers ordinaires et une meilleure chance de surperformance.

L’avantage pour la société, c’est-à-dire la raison pour laquelle cela est considéré comme « responsable », provient des entreprises cotées en bourse qui prêtent une attention particulière aux enjeux ESG qui sont importants pour les analystes financiers, qui communiquent et rendent compte publiquement de ces enjeux et qui, dans de nombreux cas, modifient leur comportement.

La mesure et la transparence conduisent à de meilleurs résultats ESG. L’intégration ESG nécessite également la prise en compte de facteurs ESG importants du point de vue de la propriété des investissements. En votant sur les propositions d’actionnaires qui visent de meilleurs résultats ESG, les investisseurs peuvent améliorer encore les pratiques ESG des entreprises publiques.

Les grands investisseurs peuvent même avoir une chance de s’engager directement avec la direction d’une entreprise sur des questions environnementales, sociales ou de gouvernance, une pratique « en coulisse » qui peut considérablement faire progresser les pratiques ESG des entreprises. La « propriété active » conduit à de meilleurs résultats ESG.

Notamment, la définition de « l’investissement responsable » des PRI n’implique pas de valeurs personnelles ni la sélection d’investissements en fonction d’attributs particuliers : huile à haute teneur en carbone (exclus); énergie éolienne ou solaire à faible émission de carbone (inclus); tabac (exclus); excellentes politiques en matière de diversité (inclus). Cependant, de nombreux investisseurs ont des idées bien arrêtées sur ces questions et d’autres et souhaitent que leurs portefeuilles de placement reflètent ces valeurs. Heureusement, de nombreux fonds communs de placement et FNB sont disposés à s’adapter.

La sélection de portefeuilles pour des attributs particuliers a une longue histoire, enracinée il y a plusieurs décennies dans l’exclusion par les organisations religieuses des actions qui étaient anathèmes à leurs valeurs. Finalement, la pratique a évolué pour devenir ce que l’on appelle souvent « l’investissement socialement responsable » (ISR) ou « l’investissement éthique », ou, lorsqu’elle est orientée vers les questions environnementales, « l’investissement vert ». L’investissement repose alors sur des valeurs personnelles, qui peuvent être différentes pour chaque investisseur. Le filtrage peut aboutir à un portefeuille moins diversifié que le prescrit la TMP, mais dans la pratique, une sélection modeste peut avoir peu d’impact, en particulier à long terme… et des avantages compensateurs (ou plus importants) peuvent en résulter.

La théorie de la finance comportementale montre que le contrôle des choix permet de renforcer la confiance dans les résultats, ce qui peut augmenter les chances de rester investi sur des marches instables. En outre, investir selon des valeurs communes telles que la préoccupation face au réchauffement de la planète peut envoyer un signal social important. Lors de rassemblements sociaux, nous discutons de nos investissements, et les cadres réglementaires et juridiques qui imposent (espérons-le) de meilleures pratiques ESG évoluent au même rythme que nos valeurs sociétales. Les entreprises sont attentives à leur licence sociale et aux valeurs des consommateurs et adaptent ou modifient leurs pratiques ESG en conséquence.

On note que les processus d’intégration ESG basée sur l’analyse et de filtrage basé sur le comportement sont assez différents. Tout comme la finance néoclassique et la finance comportementale coexistent et expliquent différents aspects du marché boursier, elles expliquent également différents aspects de l’investissement « responsable ». Avec les deux approches d’investissement décrites, nous pouvons explorer les points où elles commencent à se chevaucher dans la pratique.

Certaines études montrent que les entreprises qui ont obtenu de bons résultats en matière de mesures ESG ou qui ont montré une amélioration de ces mesures ont surperformé ou présentent un risque moins élevé que leurs pairs. Bien que les résultats passés ne soient pas nécessairement indicatifs des performances futures, les études encouragent une réflexion et des recherches plus poussées. Par exemple, un autre groupe de chercheurs utilise ce type de données pour proposer l’inclusion des enjeux ESG en tant que facteur systémique dans la TMP – montrant dans un modèle théorique robuste que la prise en compte des enjeux ESG est généralement sous-évaluée sur le marché et offre des rendements plus élevés et/ou des risques amoindris.

De nombreux fonds communs de placement et FNB offrent une large sélection de facteurs ESG qui correspondent également à des valeurs ESG communes – une convergence heureuse des comportements et une théorie financière émergente – et de nombreux fonds communs de placement pratiquent également une intégration active des facteurs ESG.

Bien que cet article se soit concentré sur des instruments de placement tels que les fonds communs de placement et les FNB, de nombreux investisseurs détiennent également des actions et des obligations directement. Les investisseurs devraient discuter avec leur conseiller ou réfléchir soigneusement à la meilleure manière d’atteindre leurs objectifs. Veulent-ils investir selon leurs valeurs, ou suivre la TMP et s’appuyer sur l’intégration ESG, ou utiliser un mélange des deux? Si les valeurs font partie de l’équation,la performance d’investissement du filtre est-elle étayée par la recherche, ou a-t’on sacrifié en partie la diversification? Existe-t-il une capacité à intégrer les considérations ESG dans l’analyse des actions et levote par procurations, ou devraient-ils s’appuyer sur l’expertise d’un fonds commun de placement ou d’un FNB?

L’investissement responsable est un domaine en évolution, tant dans la pratique que dans la recherché qui sous-tend ces pratiques. Il a un rôle important à jouer dans l’amélioration de la transparence des entreprises et des résultats environnementaux, sociaux et en matière de gouvernance, et les investisseurs ont un rôle important à jouer pour que leur argent contribue à ces résultats responsables.

Clause de non-responsabilité
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

4 leçons tirées du cheminement (en cours) d’une fondation vers un portefeuille responsable à 100 %

Comme beaucoup d’autres fondations, la J.W. McConnell Family Foundation gère prudemment sa dotation pour nous permettre de respecter nos priorités en matière de subventions.

Depuis notre création en 1937, notre mission est d’aider les Canadiens à bâtir une société plus inclusive, innovante, durable et résiliente. Nous utilisons l’optique de la transformation des systèmes – l’évolution des politiques et de la culture institutionnelle afin de nous attaquer aux causes profondes des problèmes de société – pour guider notre stratégie et nos investissements. La Fondation dispose d’un fonds de dotation de 650 millions de dollars géré à perpétuité, avec des versements annuels d’environ 4 % pour les œuvres de bienfaisance.

En 2007, nous avons également reconnu que, si nous voulons contribuer de manière significative aux défis sociaux et environnementaux omniprésents, nous devons exploiter toute la gamme de nos actifs, capacités et positionnement uniques, et nous devons travailler en collaboration au sein des secteurs et entre eux.

Créer un portefeuille d’impact

Nous avons commencé notre exploration de l’investissement d’impact, ce qui s’est avéré être une opportunité d’attirer des capitaux privés afin d’améliorer notre impact et de compléter nos objectifs philanthropiques dans le secteur communautaire. À la directive du conseil, nous avons commencé par une allocation de 5 % pour l’investissement d’impact, qui est par la suite passée à 10 %.

Au cours de la dernière décennie, nous avons réalisé des investissements d’impact dans diverses catégories d’actifs (actions publiques, actions privées, titres de créance et garanties) et dans divers secteurs (alimentation durable, logements abordables, arts et culture et développement économique autochtone). Nos investissements d’impact ont permis de faire avancer la mission de la Fondation d’au moins trois façons :

  1. Cibler les investissements qui font progresser les objectifs de notre programme là où des investissements dans des titres de créance, des capitaux propres ou hybrides peuvent amorcer ou accélérer des solutions que les dollars d’origine philanthropique ne peuvent pas engendrer;
  2. Augmenter l’efficacité communautaire en permettant de nouveaux mécanismes de financement pour les organismes de bienfaisance et à but non lucratif; et
  3. Stimuler le développement d’un marché de la finance sociale par le biais d’investissements conjoints dans de nouveaux modèles financiers et avec des investisseurs partageant les mêmes idées.

Les exemples de ce qui précède incluent les fonds de renouvellement qui investissent à un stade précoce dans des entreprises à impact social, le fonds Community Forward qui fournit du capital de prêt à des organismes canadiens de bienfaisance et à but non lucratif de petite et moyenne taille, et CoPower, qui a permis l’accès aux obligations vertes pour les particuliers en utilisant les recettes pour investir dans les projets d’énergie propre et d’efficacité énergétique .

Portefeuille de la J.W. McConnell Family Foundation’s Portfolio*
Total des actifs sous gestion : 651 M$

  • Pourcentage du portefeuille avec filtrage négatif ciblé : 100 %
  • Pourcentage du portefeuille avec une autre stratégie d’IR : 70 %
  • Total des investissements d’impact : 70 M$
  • 26 % avec rendements flexibles
  • 74 % avec rendements au cours du marché

*Données datant du 31 mai 2018

Accroître notre engagement envers l’impact

Au fur et à mesure que notre portefeuille d’investissements d’impact grandissait, nous nous sommes aperçus que l’opportunité de tirer parti de la puissance du capital pour faire avancer le changement social était plus large que nous l’avions initialement prévu. Un premier élargissement de nos frontières a eu lieu lorsque nous avons investi dans NEI, ce qui nous a montré comment il est possible d’avoir un impact intentionnel grâce à des stratégies d’investissement dans des titres de participation. Plus tard, nous avons participé en accordant des subventions et en investissant dans un projet de logement autochtone dans les réserves qui, dans son cheminement vers l’expansion, prévoit une plus grande participation des principaux acteurs du marché financier, et pas seulement des fondations et des gouvernements.

Cet exemple parmi d’autres a conduit à la redéfinition de notre pratique interne en tant que Solutions Finance, que nous définissons comme une approche intégrée du déploiement de capital financier et de l’adaptation de modèles financiers pour catalyser, pérenniser et accélérer la transformation des systèmes. Ce recadrage reconnaît notre rôle d’actionnaire avec un portefeuille diversifié qui peut être aligné sur nos objectifs d’impact, notre rôle de rassembleur pour encourager les collaborations multisectorielles ainsi que notre rôle de subventionnaire soutenant l’innovation des systèmes.

La prochaine phase de notre évolution s’est amorcée avec l’engagement de gérer de manière responsable 100 % de nos actifs au cours des prochaines années. Au fur et à mesure que le marché canadien évolue, avec davantage de capitaux ainsi volontairement investis en ce sens par les investisseurs institutionnels et particuliers de même qu’une plus grande offre de produits, nous sommes optimistes quant aux possibilités d’engagement dans ce domaine. Alors que nous réfléchissons sur notre parcours, nous voudrions souligner quatre leçons tirées de notre expérience qui peuvent être pertinentes pour les détenteurs d’actifs qui ont déjà aligné et déployé leurs actifs pour avoir un impact, ou qui souhaitent le faire.

Leçon 1 : Reconnaître que tous nos investissements ont un impact

Une constatation importante pour tout détenteur d’actif est que tous les investissements de votre portefeuille peuvent être orientés de manière à avoir un impact social et environnemental. Bien que nous n’ayons pas encore la série d’outils requis pour en tenir pleinement compte, y compris les normes de mesure de l’impact, le fait de reconnaître que cette réalité a changé la façon dont nous envisageons nos objectifs et les possibilités de transformer les systèmes à l’aide des finances et de l’investissement. Cela nous a encouragés à utiliser toute la gamme des ressources que nous apportons aux problèmes que nous cherchons à résoudre, ce qui était important, car bon nombre des « problèmes épineux » existants exigent toute une gamme de solutions et diverses formes de capital.

Leçon 2 : Tous les investissements ne sont pas des investissements d’impact

Les investissements d’impact placent « l’intentionnalité » au cœur de leur stratégie. Ils sont destinés à diriger le capital pour résoudre des défis sociaux et environnementaux ciblés. Cependant, il devrait être évident que tous les investissements ne peuvent pas se prêter à cette approche. Cela dit, nous pouvons insister sur des paramètres garantissant que tous nos investissements respectent une norme minimale de réduction des impacts négatifs tout en renforçant progressivement les bonnes pratiques environnementales, sociales, de gouvernance, d’entreprise et de développement durable. Par exemple, nous pouvons prendre part à l’activisme actionnarial avec des entreprises spécifiques qui ont une influence dans les secteurs dans lesquels nous avons des programmes de subventions, ou d’une manière moins engagée, demander des informations spécifiques ou une transparence accrue de nos gestionnaires. De cette manière, nos pratiques d’investissement responsable et durable contribuent également à améliorer les résultats sociaux et environnementaux plus larges de manière complémentaire.

Leçon 3 : Soyez clair sur ce que vous optimisez

Nous déployons un éventail d’approches complémentaires dans notre portefeuille. Par exemple, nous dirigeons certains revenus d’investissements d’impact vers l’amélioration des modalités de crédit ou l’atténuation des risques pour les organismes à but non lucratif et les organismes de bienfaisance, tandis que nous orientons d’autres parties du portefeuille vers des organisations avec une approche ayant fait ses preuves dans un domaine spécifique. En tant que fondation, nous sommes uniques dans notre capacité à prendre des risques grâce à des structures mixtes optimisant à la fois les rendements d’impact et les rendements financiers; cependant, alors que nous cherchons à maximiser notre impact, nous ne sacrifierons pas les rendements financiers là où cela ne convient pas. Nous avons constaté, de même que d’autres, que le compromis entre le rendement financier et le rendement d’impact n’est pas inhérent à tout investissement d’impact; tout dépend de vos objectifs, de vos préférences et de votre flexibilité.

Leçon 4 : L’action collective stimule l’innovation et améliore les résultats

De nombreuses fondations privées et communautaires, ainsi que des investisseurs privés et institutionnels, consacrent également beaucoup de temps et d’argent à la découverte et au soutien d’initiatives communautaires capables de mobiliser ces types de capital pour produire un impact positif. Notre expérience a montré que ces collaborations sont nécessaires pour aider les émetteurs de produits et les initiatives communautaires à atteindre leurs objectifs, qu’il s’agisse de partage d’informations, d’outils, de formation, de réseaux ou de valorisation d’autres actifs institutionnels. La collaboration est également importante lorsque nous pensons à la conception et à la mobilisation d’interventions à grande échelle si nous voulons atteindre les objectifs de développement durable (ODD). Nous continuerons à progresser dans cette voie et espérons que de nombreux autres investisseurs se joindront à nous pour travailler ensemble au mieux-être de nos sociétés et de notre planète.

Bien comprendre la matérialité du risque carbone dans un portefeuille

Le secteur financier reconnaît de plus en plus que les changements climatiques posent des risques substantiels pour les placements. Les investisseurs sont soucieux de mieux comprendre et de remédier au risque carbone substantiel inhérent à leurs portefeuilles, non seulement pour obtenir de meilleurs rendements sur leurs placements, mais aussi pour tirer parti des perspectives offertes par le passage à une économie à faibles émissions de carbone. En outre, le Groupe de travail sur l’Information Financière relative aux Changements Climatiques (GIFCC) et d’autres organismes de règlementation ont souligné l’importance de renseigner les investisseurs sur les risques financiers associés aux changements climatiques et de favoriser l’adoption d’une approche uniforme dans la gestion de ceux-ci.

Les investisseurs soucieux du risque lié aux changements climatiques de leurs portefeuilles doivent d’abord poser deux questions importantes. A quels risques climatiques le portefeuille est-il exposé? Et quel est le degré d’exposition à ces risques des sociétés incluses dans ce portefeuille?

L’application d’un prisme climatique à l’évaluation des sociétés dans lesquelles on investit permet de mettre en évidence deux types de risques climatiques : les risques de transition (ou risques carbone) et les risques liés aux systèmes climatiques physiques. Selon le secteur et la géographie, ces deux risques pourraient avoir un impact significatif sur les activités d’une société et donc augmenter le niveau de risque associé à un portefeuille ou en réduire le rendement.

Le besoin de réduire les émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme et l’évolution vers une économie à faibles émissions de carbone risque de profondément perturber les pratiques, processus, opérations et produits des sociétés. Ces risques, que l’on désigne fréquemment sous le nom de risques de transition, sont attisés par la règlementation, les préférences des clients et par la présence de solutions technologiques faibles en carbone.

Les risques climatiques physiques qui confrontent les entreprises, comme le stress thermique, la sécheresse, les tempêtes, l’élévation du niveau de la mer et les feux de forêt, ou leurs répercussions indirectes comme l’effondrement des écosystèmes, la famine, les maladies et les migrations massives pourraient avoir des conséquences graves sur les sociétés en fonction du degré auquel elles y sont exposées.

On pourrait en conclure que les risques climatiques physiques ne peuvent qu’augmenter à moins que des mesures importantes ne soient prises pour réduire les émissions des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Des mesures visant à réduire brutalement l’émission des gaz à effet de serre ne pourraient qu’augmenter les risques de transition pour les sociétés qui devraient alors s’adapter et survivre à ces contraintes.

L’importance des conséquences du risque de transition sur les titres des sociétés détenus impose de bien comprendre dans quelle mesure ces sociétés sont exposées à ces risques et comment elles les gèrent. L’évaluation des conséquences que les risques de transition peuvent avoir sur une entreprise permet de conclure que ces conséquences sont aussi liées à son secteur d’activité. De plus, les sociétés sont exposées à divers degrés de risque de transition à l’intérieur d’un même secteur d’activité. Par exemple, une société d’exploration gazière et pétrolière est exposée à un bien plus fort risque de transition qu’un fournisseur de services de soins de santé.

Tout cela a des implications importantes sur l’élaboration d’un portefeuille d’investissements. L’analyse sectorielle d’un portefeuille indique qu’une pondération élevée dans des secteurs d’activité à haut risque de transition augmente le risque intrinsèque de ce portefeuille. Cela a aussi des implications sur les types de portefeuilles. Un portefeuille investi dans le secteur de l’énergie présentera foncièrement des risques de carbone plus élevés qu’un portefeuille composé de titres du secteur des soins de santé. Il est intéressant de noter qu’un portefeuille bien diversifié et exposé à tous les secteurs présenterait un risque de carbone plus faible, car les secteurs à faible risque comme le secteur des soins de santé et celui des technologies de l’information (TI) compenseraient les risques de carbone plus élevés découlant des secteurs de l’énergie et de l’électricité. Il est aussi important de prendre conscience des répercussions des styles de portefeuilles, qu’ils soient axés sur la valeur ou sur la croissance, sur le risque de carbone. Les portefeuilles axés sur la valeur tendent typiquement à investir dans les secteurs de l’énergie et de l’électricité, dont le risque carbone est élevé, alors que les portefeuilles axés sur la croissance sont plus exposés aux secteurs à faible risque carbone comme les TI.

En conclusion, les risques climatiques physiques comme les risques de transition auront une influence sur les rendements d’un portefeuille en fonction des titres détenus et il est essentiel d’en faire une analyse prudente et rigoureuse. Il est intéressant de remarquer que ces deux risques offrent une situation inversement proportionnelle : une augmentation du risque de transition entraînerait une réduction du risque climatique physique. Il est primordial de bien comprendre le niveau de risque auquel les secteurs et les sociétés sont exposés pour gérer les risques climatiques des portefeuilles. Cette compréhension permet d’établir les types de titres détenus dans un portefeuille, mais aussi le type et le style du portefeuille.

Clause de non-responsabilité
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

IR 101 : Quatre façons de repérer un investissement responsable

De plus en plus d’investisseurs reconnaissent les avantages personnels et financiers de l’investissement responsable (IR). Les actifs d’IR représentent plus de 20 billions $ US à l’échelle mondiale et dépassent aisément le billion $1 au Canada. En réponse à cette demande en croissance constante, le secteur des fonds communs de placement a développé un large éventail de choix.

Voici quelques critères à prendre en compte lors de l’évaluation des fonds d’IR.

  1. Grande variété de critéres ESG

Le premier critère qui différencie une approche d’IR d’une approche conventionnelle est un processus de sélection des placements qui met l’accent sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Les facteurs ESG regroupent un vaste éventail de catégories et notamment les suivantes :

  1. Gouvernance d’entreprise

  • Y a-t-il une majorité d’administrateurs indépendants?
  • L’entreprise possède-t-elle un code de conduite et une éthique des affaires?
  1. Produits durables

  • Les principaux produits ou services de l’entreprise contribuent-ils ou nuisent-ils à la qualité de vie?
  • L’entreprise développe-t-elle des produits qui font avancer ou reculer le développement durable?
  1. Relations entre salariés

  • Les relations entre salariés, dans l’entreprise, ont-elles tendance à être bonnes ou mauvaises?
  • L’entreprise propose-t-elle aux employés des régimes de retraite et d’assurance maladie?
  1. Diversité des employés

  • L’entreprise s’est-elle engagée à augmenter la diversité sexuelle et ethnique?
  • Le conseil d’administration et la haute direction démontrent-ils de la diversité?
  1. Relations avec la collectivité

  • Les employés sont-ils rétribués en échange de bénévolat?
  • L’entreprise a-t-elle été impliquée dans des litiges avec la collectivité?
  1. Pratique des droits de la personne

  • Existe-t-il une politique des droits de la personne au sein du conseil d’administration?
  • L’entreprise surveille-t-elle les conditions de travail dans les installations des fournisseurs?
  1. Performance environnementale

  • Comment la performance environnementale de l’entreprise se compare-t-elle à celle de ses concurrents?
  • L’entreprise fournit-elle régulièrement des informations sur sa performance environnementale?

Les fonds d’investissement détiendront des entreprises ayant des normes ESG différentes. Plus la norme est stricte, plus le fonds est réputé responsable.

  1. Analyse ESG

L’analyse des facteurs ESG s’opère généralement sous deux angles, à savoir négatif et positif. Une analyse négative élimine les entreprises qui ne parviennent pas à répondre aux critères ESG du gestionnaire du fonds. Il s’agit souvent des entreprises ayant pour cœur d’activité :

  • le tabac
  • l’énergie nucléaire
  • les armes militaires
  • le divertissement pour adultes
  • les paris

Une analyse positive permet de faire un pas de plus vers l’identification des entreprises suivant activement un programme ESG, incluant notamment le développement des énergies propres.

  1. Engagement des actionnaires

Qu’adviendrait-il si une entreprise admise à un fonds d’IR grâce à son « bulletin de santé ESG » ne parvenait plus à respecter les normes de qualité ESG les plus rigoureuses?

C’est à ce moment que l’actionnariat engagé entre en jeu et qu’il utilise le pouvoir du fonds et sa propre influence pour contacter les conseils d’administration des sociétés et les directions afin d’obtenir des explications. Pour accroître son efficacité, l’actionnariat engagé est souvent entrepris par un groupe d’actionnaires partageant les mêmes valeurs.

Il contribue à assurer que les entreprises du portefeuille traitent les risques ESG actuels et à venir. Par exemple, deux types de risques ont récemment créé des inquiétudes significatives parmi les investisseurs, les collectivités et les autorités de réglementation de l’environnement :

  1. Des risques environnementaux associés au financement d’oléoducs et à d’autres infrastructures pouvant affecter le changement climatique à long terme;
  2. Des risques sociaux résultant de l’impact négatif de la construction d’oléoducs sur les droits des peuples autochtones.

Les gestionnaires de portefeuille peuvent encourager les banques et les autres institutions financières à conduire une évaluation approfondie des risques ESG avant de financer des projets potentiellement néfastes sur les plans environnemental et social.

  1. Importance de la preuve écrite

En raison de la popularité croissante de l’IR, le marché regorge maintenant de choix potentiels, sans qu’ils répondent pour autant tous aux normes ESG.

Si vous craignez que certains fonds se contentent d’afficher de bonnes intentions d’IR non suivies d’effet, n’hésitez pas à consulter leur prospectus pour démasquer les imposteurs. Vous devez repérer un énoncé sans équivoque qui définit l’investissement responsable comme objectif principal. Si un tel énoncé n’est pas présent, il se peut que le gestionnaire de portefeuille ne soit pas très mobilisé vers l’IR.

Les Fonds IA Clarington Inhance PSR, gérés par Vancity Investment Management Ltd, constituent un exemple de choix d’investissement responsable qui intègre toutes ces caractéristiques. Les Fonds IA Clarington Inhance PSR recourent à une approche active intégrée qui combine des critères ESG stricts et une analyse financière fondamentale rigoureuse.

Sources:
Global Sustainable Investment Alliance, 2016 Global Sustainable Investment Review.

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L’information contenue aux présentes ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique. Veuillez toujours consulter un conseiller autorisé avant d’effectuer une décision concernant vos placements. Les énoncés de Vancity Investment Management Ltd. représentent leur avis personnel et ne reflètent pas nécessairement les opinions d’IA Clarington et ne doivent pas être interprétés autrement. Ces informations ne constituent pas une recommandation d’achat ou de vente d’un titre en particulier. Sauf indication contraire, la source d’information fournie est celle du gestionnaire de portefeuille. Les énoncés prospectifs se basent sur les perspectives du gestionnaire de portefeuille au moment où celui-ci les communique. Les événements réels peuvent être différents. IA Clarington n’est aucunement tenue de mettre à jour l’information fournie aux présentes. L’information contenue dans les présentes peut ne pas contenir tous les risques associés aux fonds communs de placement. Veuillez lire le prospectus pour de plus amples détails sur les risques particuliers liés à un investissement dans les fonds communs de placement. Investir dans des fonds communs de placement peut donner lieu à des commissions, commissions de suivi, frais de gestion et à d’autres frais. Veuillez consulter le prospectus avant d’investir. Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leur valeur change fréquemment et le rendement passé peut ne pas se reproduire.
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Pour une meilleure divulgation des cyber-risques

Yahoo!, Equifax et Sony ont tous été touchés par un phénomène croissant : leurs données ont fait l’objet de fuites importantes, ce qui a entaché leur réputation et fragilisé la confiance de leur clientèle. Alors que des attaques de ce type sont de plus en plus fréquentes, les investisseurs doivent comprendre comment les Sociétés dans lesquelles ils investissent protègent leurs données. Ils doivent être convaincus que les entreprises réduisent les risques associés et qu’elles sont prêtes à répondre rapidement et efficacement à un incident.

Dépasser les attentes

Le Sustainability Accounting Standards Board définit la « sécurité des données » comme « les technologies, les processus et les pratiques employés par les entreprises pour protéger les réseaux, les ordinateurs, les programmes, les produits numériques et les données des attaques extérieures, des dommages et des accès non autorisés. »* Ainsi, « sécurité des données » et « cyber-sécurité » sont interchangeables dans ce contexte.

Selon le sondage Protect.me effectué par PwC aux États-Unis en 2017, 92 % des consommateurs conviennent que les entreprises doivent être proactives en matière de protection des données. De plus, 60 % affirment que la responsabilité de protéger les données incombe aux entreprises, et non aux gouvernements. Par ailleurs, les consommateurs s’attendent à ce que les entreprises aillent au-delà de leurs obligations légales. Compte tenu de ces opinions, PwC propose que les entreprises accordent une place prioritaire à la cyber-sécurité et à la protection des renseignements personnels dans leur stratégie d’affaires afin de conserver la confiance de leurs clients.

Causes et effets

Une étude menée par Ponemon Institute et IBM Security auprès de 419 entreprises dans 13 pays a révélé que les atteintes à la sécurité des données sont principalement causées par des attaques malveillantes ou criminelles (47 %), une erreur humaine (28 %) ou un dysfonctionnement du système (25 %). Fait étonnant, ils ont découvert que le coût total d’une atteinte à la sécurité s’élève en moyenne à 3,62 millions de dollars.

En 2017, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont examiné les documents annuels de 240 entreprises constituant l’indice composé S&P/TSX. L’organisme a noté qu’une variété d’émetteurs de différents secteurs mentionnait les répercussions possibles suivantes suite à un cyber incident :

  • atteinte à la confidentialité des renseignements sur un client ou un salarié;
  • accès non autorisé à de l’information exclusive ou sensible;
  • destruction ou corruption de données;
  • perte de revenus en raison d’une perturbation des activités, engagement de coûts pour corriger la situation;
  • litiges, amendes et responsabilité en cas de non-respect des lois sur la protection de la vie privée et la sécurité de l’information;
  • enquêtes réglementaires et une plus grande surveillance des autorités de réglementation;
  • augmentation des primes d’assurance;
  • atteinte à la réputation venant ébranler la confiance des clients et des investisseurs;
  • diminution de l’avantage concurrentiel et incidences négatives sur les occasions futures;
  • efficacité du contrôle interne à l’égard de l’information financière.

Un argument fort en faveur de la divulgation

Les investisseurs qui veulent évaluer si une entreprise est protégée contre les fuites de données se réfèrent généralement aux informations que celle-ci divulgue à ce sujet. Cela inclut les cyber-risques auxquels la Société est exposée, leurs répercussions potentielles, la gouvernance ainsi que les mesures mises en place pour atténuer ces risques. Cependant, les entreprises ne dévoilent pas ces renseignements de manière systématique et exhaustive. Au cours du même exercice d’évaluation, l’ACVM a conclu que seulement 61 % des entreprises incluent la cyber-sécurité dans leurs facteurs de risque.

Cette observation semble aussi applicable aux entreprises en dehors du Canada. L’initiative PRI a récemment publié un rapport après avoir examiné les informations que 100 entreprises divulguent publiquement en matière de gouvernance d’internet et de gestion des risques. L’échantillon de recherche comprenait des entreprises de divers secteurs en Europe, aux États-Unis, en Australie et en Asie. Le rapport affirme que « bien que les entreprises perçoivent la cyber-sécurité comme un risque organisationnel important, très peu mentionnent des politiques, structures de gouvernance et processus efficaces contre les cyber-menaces. »* Ce rapport est un excellent outil pour les investisseurs qui veulent engager un dialogue auprès des entreprises au sujet des cyber-risques. Pour chaque enjeu clé abordé, le rapport explique en quoi celui-ci est pertinent pour les investisseurs et il définit les bonnes pratiques d’entreprise.

Les incidents qui compromettent la cyber-sécurité ont le potentiel d’avoir des répercussions importantes sur une Société. Les investisseurs doivent dialoguer avec les entreprises pour exiger à ce qu’elles fournissent des renseignements complets concernant leur gouvernance des cyber-risques et leurs pratiques de gestion du risque. Espérons qu’à l’avenir les entreprises communiqueront mieux en matière de sécurité des données. En attendant, les investisseurs peuvent utiliser le rapport de l’initiative PRI pour guider leurs activités d’intendance.

Sources:

  • The Sustainability Accounting Standards Board. “The State of Disclosure 2017” (2017).
  • “Consumer Intelligence Series: Protect.me” (2017).
  • IBM Security and Ponemon Institute. “2017 Cost of Data Breach Study” (2017).
  • Autorités canadiennes en valeurs mobilières. “Avis multilatéral 51-347 du personnel des ACVM — Information sur les risques et les incidents liés à la cybersécurité” (2017).
  • Principles for Responsible Investing. “Stepping Up Governance on Cyber Security: What is Corporate Disclosure Telling Investors?” (2018).
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Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Étude de cas : Intégration des critères ESG dans l’analyse des actions de marchés émergents

Lorsqu’il est question d’investir sur les marchés émergents (ME), les facteurs environnementaux, sociaux et liés à la gouvernance (ESG) peuvent contribuer grandement à repérer les occasions de croissance.

Ils jouent aussi un rôle plus conventionnel, qui consiste à atténuer le risque et à améliorer la capacité des sociétés à générer des rendements constants à long terme. Pour illustrer comment ce processus fonctionne dans la pratique, nous avons demandé à l’équipe Actions, Marchés émergents de RBC d’expliquer sa démarche à l’égard de Marico Ltd., une société indienne de biens de consommation de base . Cette équipe de placement de RBC Gestion mondiale d’actifs (RBC GMA) est établie à Londres, au Royaume-Uni, et gère plus de 8 milliards de dollars américains en actions de marchés émergents. Le processus de placement rigoureux de l’équipe tient compte d’une vaste gamme de facteurs et intègre la solide conviction selon laquelle il importe d’analyser l’historique d’une société relativement aux facteurs ESG pour évaluer véritablement son potentiel global dans les portefeuilles de placement.

Combinaison de l’analyse financière et de l’analyse des facteurs ESG

La société indienne Marico est un chef de file du secteur de la consommation de base qui est présente dans 25 pays émergents. Elle a créé plusieurs marques dans les catégories des produits de soins capillaires et cosmétiques, des huiles alimentaires, des aliments naturels et des soins corporels pour homme. Ses produits les plus importants et les plus connus sont l’huile alimentaire Saffola et l’huile capillaire à la noix de coco Parachute.

Quand l’équipe Actions, Marchés émergents de RBC analyse une société telle que Marico, elle commence par examiner les rapports annuels et les états financiers avant de rencontrer la direction de l’entreprise et de procéder à un travail d’évaluation approfondi. Lors de l’évaluation, l’équipe se concentre davantage sur la valorisation déterminée par les flux de trésorerie que sur des mesures à court terme comme les ratios cours/bénéfice ou cours/valeur comptable.

Selon l’équipe, les sociétés qui portent attention aux critères ESG et aux relations avec les parties prenantes ont tendance à produire des rendements plus élevés et plus durables au fil du temps.

La prochaine étape du processus d’évaluation consiste à utiliser la liste de vérification des placements, qui est l’outil de premier plan pour l’intégration des facteurs ESG. La liste de vérification comporte 75 questions divisées en trois sections : la marque, la qualité de la direction et la gouvernance d’entreprise. Environ les deux tiers des questions, qui sont extrêmement détaillées, portent sur les critères ESG et la durabilité. La liste de vérification permet de bien comprendre les motivations de l’équipe de direction d’une société en ce qui a trait à sa culture, aux facteurs ESG et à la durabilité, tout en contribuant à faire en sorte que l’équipe ne néglige aucun risque potentiel. En fonction de cette liste, une note se situant entre 0 et 100 est attribuée à chaque société et la plupart des sociétés détenues présentent une note supérieure à 80.

Étant donné que les questions sont axées sur le long terme, les notes tendent à rester stables au fil du temps. De plus, il existe une forte corrélation entre la note qu’une société obtient d’après la liste de vérification et sa pondération finale dans le portefeuille.

La relation d’une société avec les parties prenantes

La philosophie de Marico, qui est « Be more, every day » (un peu plus, chaque jour), a été adoptée pour transformer de façon durable la vie de toutes les parties prenantes. L’importance accordée aux parties prenantes est un élément essentiel de l’analyse de l’équipe Actions, Marchés émergents de RBC. Par conséquent, de nombreuses questions de la liste de vérification concernent la façon dont une entreprise traite les différentes parties prenantes.

La plus grande particularité de Marico est son lien étroit avec les fournisseurs et les agriculteurs. La politique de Marico qui place les agriculteurs au premier rang des priorités est une initiative clé de responsabilité sociale. Comme les produits agricoles représentent la majeure partie des matières premières utilisées par Marico, la mise en œuvre d’initiatives pour améliorer le bien-être des agriculteurs oriente les efforts de l’entreprise en matière de développement durable. La collaboration de Marico avec les producteurs agricoles permet aux agriculteurs de renforcer leurs systèmes de production et d’accroître les rendements de façon durable. Ces initiatives visent principalement les producteurs indiens de noix de coco et de carthame.

L’huile alimentaire est le principal produit de Marico ; l’huile alimentaire Saffola représente environ 20 % des ventes totales et plus de 60 % du marché en Inde. Les graines de carthame sont l’ingrédient clé et Marico en est le plus grand acheteur en Inde, ayant conclu des contrats avec 32 000 producteurs.

L’amélioration et le respect par une société des normes sectorielles

La liste de vérification permet de déterminer si les processus de la société respectent les meilleures pratiques et encouragent l’amélioration des normes sectorielles. Marico obtient une bonne note dans cette catégorie. Ses représentants collaborent avec les agriculteurs pour améliorer les méthodes de culture et offrent des conseils techniques pendant tout le cycle de production. Des cours périodiques sur l’ensemencement sont donnés par des cultivateurs choisis afin de faire connaître les meilleures pratiques à d’autres fermes locales.

La liste de vérification aide aussi à déterminer le recours à des « raccourcis » dans la production (p. ex., l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité, ou une rémunération insuffisante des fournisseurs). Il n’y a pas de preuves à cet effet dans le cas de Marico. La société veille à ce que ses cultivateurs aient accès à des semences de bonne qualité et son contrat type assure aux producteurs un « juste prix » garanti et prédéterminé pour les graines ; elle offre les taux courants lorsque les prix augmentent, et un prix garanti s’ils baissent. Marico a joué un rôle décisif dans l’adoption de nouvelles technologies pour la production de carthame et a, par conséquent, augmenté la productivité.

Grâce à ces initiatives, les cultivateurs ont grandement amélioré le taux de remplacement des semences, ce qui s’est traduit par une hausse de 2 points de pourcentage de la teneur en huile, qui est passée de 29,5 % en 2011-2012 à 30,15 % en 2015-2016 . Toute hausse du pourcentage de la teneur en huile entraîne une hausse importante des revenus des producteurs.

Marico tire plus de 30 % de ses revenus de son huile de noix de coco Parachute, la marque dominante en Inde, où elle détient plus de 50 % des parts de marché . Marico a établi des liens solides avec les producteurs de noix de coco en leur montrant comment accroître leur productivité, et obtenir des cultures durables et des rendements élevés. La liste de vérification permet de déterminer si une société possède ou non une culture novatrice ; Marico obtient une bonne note à ce chapitre grâce à ses innovations dans la chaîne d’approvisionnement. Au cours des dix dernières années, des centres de collecte ont été créés dans un rayon de 20 à 30 kilomètres des fermes afin que les petits producteurs puissent approvisionner Marico directement. Ainsi, les délais de transport sont réduits et les cultivateurs ont un acheteur garanti pour leurs produits.

En outre, Marico donne des conseils sur la façon de produire des noix de coco de la qualité voulue, qui vaudront aux cultivateurs le prix maximal, et sur la façon d’automatiser le long et dangereux processus de récolte et de séchage des noix de coco et d’extraction de l’huile. Les producteurs qui ont rapidement adopté les meilleures pratiques de Marico ont bénéficié d’une hausse de productivité allant jusqu’à 20 %. À ce jour, le programme a aidé environ 7 700 cultivateurs de noix de coco.

L’exemple de Marico, et plus particulièrement sa politique qui place les agriculteurs au premier rang des priorités, illustre bien l’importance d’une gestion efficace des facteurs ESG pour la réduction du risque et l’établissement des bases d’une croissance à long terme soutenue des actions de marchés émergents.

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Les rendements antérieurs ne sont pas garants des résultats futurs. Les conditions du marché peuvent changer. Toutes les opinions et les estimations contenues dans le présent document représentent le jugement de RBC GMA à sa date de publication et peuvent changer sans préavis ; elles sont présentées de bonne foi, mais n’engagent aucune responsabilité légale. Les renseignements obtenus de tiers sont jugés fiables ; toutefois, aucune déclaration ou garantie, explicite ou implicite, n’est faite par RBC GMA quant à leur exactitude, leur intégralité ou leur pertinence. RBC GMA n’assume aucune responsabilité en cas d’erreurs ou d’omissions.
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Vous voulez de meilleures données ESG ? Dites-le aux entreprises

L’investissement responsable devient pratique courante, toutefois certains défis demeurent pour les investisseurs, notamment celui de la disponibilité d’une information ESG utile à la prise de décision. Les statistiques montrent que trop peu d’entreprises font rapport de leurs pratiques de développement durable, et celles qui le font ne répondent pas aux besoins informationnels des investisseurs.

En même temps, plus les investisseurs approfondissent leurs pratiques d’intégration ESG, plus ils recherchent des renseignements précis et des mesures de performance quantitatives et prospectives que seules les entreprises peuvent fournir. En fait, ils possèdent déjà eux-mêmes la solution à ce défi, dans l’engagement actionnarial sur la divulgation ESG auprès des émetteurs.

2018 pourrait bien s’avérer l’année où l’intégration ESG devient pratique courante dans les marchés des capitaux. Tant de choses se passent en même temps : l’attention portée aux changements climatiques et les recommandations du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (TCFD); la publication tant attendue du Rapport relatif au projet concernant l’information fournie sur le changement climatique des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (qui, selon nous, ouvre la porte à une meilleure divulgation des enjeux ESG matériels en général); les premiers signes de l’évolution vers des mesures d’impact avec la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (SDG) de l’ONU; la compétitivité accrue en matière d’intégration ESG parmi les gestionnaires d’actif à la suite de la croissance exponentielle des signataires des UN PRI; et plus récemment, la mise sur pied au Canada du Groupe d’experts en financement durable.

Ces initiatives et forces du marché repoussent les limites, sans aucun doute, mais nous ne devrions pas perdre de vue ce qui – selon nous – constitue un principe-clé de l’investissement responsable, soit de demander aux entités dans lesquelles nous investissons une divulgation adéquate des enjeux ESG (principe 3 des PRI), et sans laquelle plusieurs de ces initiatives ne réussiront pas.

En œuvrant à l’intersection des investisseurs et des sociétés cotées en Bourse, nous entendons régulièrement les responsables des relations avec les investisseurs nous dire qu’ils ne reçoivent aucune question ESG. Si le déploiement du système de notation ISS en matière de divulgation environnementale et sociale (Environmental & Social QualityScore) a réussi à éveiller l’attention de plusieurs équipes de direction, les participants des marchés des capitaux sont-ils plus avancés dans leur quête d’une information fiable, comparable, prospective et utile à la prise de décision ? Avons-nous peut-être un peu trop poussé sur les changements climatiques et l’empreinte carbone, au détriment d’une meilleure divulgation de l’ensemble des enjeux ESG qui pourraient être matériels pour une entreprise ?

Chez Millani, chaque année nous épluchons les sites Web et rapports des entreprises de l’Indice composé S&P/TSX pour compiler des statistiques sur leurs pratiques de reddition de compte en développement durable ou ESG. Malgré une légère hausse du nombre d’entreprises faisant rapport d’enjeux ESG à 39 % en 2018 (contre 36 % l’année passée), on pourrait faire beaucoup mieux au Canada. En comparaison, 93 % des plus grandes sociétés au monde font rapport de leurs pratiques de développement durable. Pour que les principaux investisseurs fassent de l’intégration ESG, il y a encore un besoin de plus d’information ESG de la part des entreprises.

D’ailleurs, les investisseurs ont besoin non seulement de plus d’information, mais aussi d’une meilleure information. En effet, il s’est dit beaucoup de choses à propos de la déconnexion informationnelle entre les investisseurs et les entreprises, et de l’insatisfaction persistante des investisseurs à propos de l’information qu’ils reçoivent des entreprises. Nous sommes d’avis que cette déconnexion pourrait même s’empirer.

Nous constatons que plus les investisseurs approfondissent leurs pratiques d’intégration ESG, plus leur attention se focalise; ils recherchent des explications plus précises et plus granulaires sur la manière dont les entreprises gèrent leurs enjeux matériels. Ils recherchent également des données brutes, telles que des indicateurs de performance sur des enjeux matériels spécifiques, plutôt qu’une notation globale ou partielle offerte par des fournisseurs externes. Ces fournisseurs externes contribuent sans aucun doute à fournir des renseignements aux marchés, mais ils font l’objet de critiques et tant leur multitude que leur hétérogénéité pourraient bien contribuer à accroître la déconnexion informationnelle. Si nous souhaitons l’adoption généralisée de l’intégration ESG par les marchés des capitaux, il demeure nécessaire pour les émetteurs de fournir des renseignements précis et des mesures de performance quantitatives et prospectives à propos de leurs enjeux ESG matériels.

En travaillant avec les entreprises, nous sommes à même de constater qu’elles connaissent bien leurs enjeux ESG matériels – même si ce n’est pas comme ça qu’elles les nomment – et qu’elles les gèrent plutôt bien. En revanche, c’est seulement lorsqu’elles le communiquent aux marchés des capitaux qu’elles peuvent réaliser la valeur inhérente à une bonne gestion de ces enjeux et ainsi générer l’alpha que recherchent les investisseurs.

Nous croyons que les investisseurs possèdent déjà la solution à leur besoin d’information ESG, dans la pratique même de l’investissement responsable : l’engagement. En posant des questions aux équipes de direction à propos de leurs enjeux ESG matériels, en leur demandant de publier de l’information sur ces enjeux, et en décrivant clairement le type d’information dont ils ont besoin, les investisseurs peuvent susciter le changement qu’ils désirent voir en matière de divulgation ESG des entreprises.

Il est certes attrayant – voire essentiel – dans le domaine de l’investissement responsable d’adopter des pratiques à la fine pointe qui font progresser le marché et améliorent la compétitivité, mais il nous paraît judicieux de revenir à la base. Tant qu’il y aura un besoin de plus de données appropriées et quantitatives de la part des entreprises, il y aura un besoin de focaliser l’engagement actionnarial sur la divulgation ESG.

Sources:

  • Anglicisme volontaire qui fait référence à la notion de l’importance relative d’une information fournie par une entreprise, et dont l’omission ou l’inexactitude seraient susceptibles d’influencer la décision d’un investisseur d’acheter, de vendre ou de conserver les titres de cette entreprise, tels que définis dans les règlements des autorités en valeurs mobilières.
  • The KPMG Survey of Corporate Responsibility Reporting 2017
  • Disclose What Matters: Bridging the Gap Between Investor Needs and Company Disclosures on Sustainability. Ceres, 2018; The Investing Enlightenment, Eccles and Kastrapeli, 2017; The Corporate Sustainability Disconnect, Institute for Sustainable Investing, Morgan Stanley, octobre 2017; 2016 Canadian Investor Survey, RR Donnelley and Simple Logic, 2016; Investors, corporates, and ESG: bridging the gap, PwC’s ESG Pulse, octobre 2016
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IR 101: L’investissement axé sur les retombées

L’investissement responsable (IR) est l’intégration des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les décisions d’investissement. Ce type d’investissement a grandement évolué au cours des dernières années, et l’on pourrait aller jusqu’à dire qu’il est sur le point de devenir monnaie courante. Ainsi, c’est près de 50 % des avoirs des grands investisseurs institutionnels dans le monde qui se sont engagés dans l’investissement responsable.

L’investissement responsable au cœur des stratégies de placement

Si l’IR semble avoir souffert au départ d’une certaine incompréhension de la part du public quant à ses retombées, tant sur le plan des critères ESG que du rendement proposé, il est évident que les investisseurs et les conseillers sont de plus en plus disposés à l’adopter. Plusieurs facteurs ont permis ces avancées, et parmi eux, on retrouve l’information sur les sujets ESG maintenant publiée par les émetteurs de titres. Ainsi, il est possible et de plus en plus courant de voir des stratégies de placement qui mettent, au cœur de leur design, un ou plusieurs critères ESG.

Dans le domaine de l’investissement responsable, la majorité des acteurs utilisent aujourd’hui des stratégies de mise en œuvre de l’IR pour réduire les impacts négatifs ESG découlant des activités des organisations dont les titres se retrouvent en portefeuille, ou encore pour choisir les bons joueurs, soit les titres qui sont positionnés avantageusement par rapport aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Les objectifs de développement durable comme cadre de référence

C’est le 1er janvier 2016 que sont entrés en vigueur les 17 Objectifs de développement durable (ODD) du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Parmi eux, on compte notamment la promotion de l’égalité des sexes, de la santé et du bien-être et l’accès à une éducation de qualité pour tous. Ces objectifs furent adoptés par les dirigeants du monde en septembre 2015 lors d’un Sommet historique des Nations Unies. De ces 17 objectifs découlent des cibles, au nombre de 169, ainsi que 232 indicateurs, qui ont été révisés en mars 2017[1].

Il semble que les ODD deviennent un cadre de référence de plus en plus étudié. Il y a entre autres le regroupement des signataires des Principles for Responsible Investing (PRI) qui s’y attarde. En effet, dans un rapport intitulé « What do the UN sustainable development goals mean for investors?[2] », les PRI invitent les investisseurs à en apprendre davantage sur les ODD, à s’engager à intégrer les ODD dans leurs considérations de placement pour lancer un signal au marché et ainsi influencer les entreprises à en tenir compte et à se mettre en action.

Par exemple, le Fonds Desjardins SociéTerre Actions positives investi de façon à avoir un impact mondial en accord avec 13 des 17 ODD. Le Fond y parvient en investissant dans une société qui offre des tests qui peuvent servir au diagnostic de maladies infectieuses et non contagieuses, contribuant ainsi au 3e objectif, Bonne santé et bien-être, et dans un fournisseur de microfinance qui opère dans des pays émergents pour faciliter l’inclusion financière et réduire la pauvreté, contribuant au 1er objectif, Pas de pauvreté.

Dans l’industrie du placement, on fait la distinction entre les retombées qui peuvent être mesurables au sein des sociétés ouvertes, dont les actions sont cotées en bourses, et en dehors des marchés publics. Mais dans l’avenir, il faudra s’attendre à ce que l’écart entre les deux terrains se réduise, et à ce que l’on puisse parler de manière uniforme d’un impact, peu importe où il se produit. 

Un support de taille

Pour aider à l’élaboration de nouveaux produits de placement et de financement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement et son module destiné aux institutions financières (UNEP-FI) a lancé en janvier 2017 les Principles for Positive Impact Finance[3]. Cela découle d’une constatation des Nations Unies : pour atteindre les ODD, il faudra entre 5 T$ US et 7 T$ US par année d’investissement, dont une grande partie proviendra du secteur privé. Comme les outils actuels offrent une possibilité limitée d’apport de capitaux, un groupe de banques s’est formé et a décidé d’élaborer un nouveau cadre de référence pour aider à la création de nouveaux produits. C’est du moins la promesse qu’offrent ces nouveaux principes, dont le travail commence à peine.

Comme plusieurs organisations s’investissent activement pour promouvoir l’adoption de l’IR à travers le monde, il n’est pas surprenant que de nombreuses stratégies financières se dessinent pour ainsi créer de nouveaux produits. L’une des fonctions essentielles des marchés financiers consiste à offrir aux investisseurs des informations qui permettent une allocation efficace des capitaux. Or, les travaux qui sont en cours pour faire en sorte que les retombées soient mises de l’avant permettront certainement d’obtenir des informations plus justes, ce qui pourrait enrichir la prise de décision.

Sources:

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