Quatre façons de renforcer la résilience climatique sans dépenses gouvernementales

Alors que nous fermons le calendrier 2020, une année à jamais marquée dans notre mémoire collective en raison de la pandémie mondiale, nous sommes nombreux à nous demander : « comment reconstruire et créer un avenir meilleur ? »

Les gouvernements fédéral et provinciaux ayant déjà dépensé jusqu’à présent des centaines de milliards de dollars pour aider les Canadiens et les entreprises à survivre à la dévastation économique causée par la pandémie, sans compter les nombreuses années de dette et de déficits gouvernementaux records à venir, force est de se demander s’il restera quelque chose dans le coffre-fort pour la prochaine crise mondiale. Comment nos gouvernements peuvent-ils se préparer à l’inévitable crise climatique à venir, sans ajouter à la montagne record de dette et de déficits ?

Fait intéressant, des solutions claires et pragmatiques ont été proposées en 2019 par un groupe d’experts en finance durable. Ce groupe d’experts, présidé par Tiff Macklem, aujourd’hui gouverneur de la Banque du Canada, et composé de quelques-uns des plus grands spécialistes de la finance au Canada, a formulé certaines recommandations au gouvernement fédéral sur la façon de mobiliser des capitaux privés, de stimuler une croissance durable et de lutter contre les changements climatiques.

Bien que le présent rapport, intitulé Mobiliser le financement pour une croissance durable, soit une feuille de route réfléchie et complète reliant les objectifs climatiques, les ambitions économiques et les impératifs d’investissement du Canada, quatre recommandations du rapport abordaient des solutions sur la façon de mobiliser des capitaux du secteur privé pour bâtir une économie durable et résiliente pour l’avenir. Ces recommandations se sont concentrées sur l’utilisation d’incitations fiscales et d’investissement dans le code des impôts pour catalyser le capital privé afin d’investir dans l’économie verte, en particulier (1) l’expansion des régimes d’épargne enregistrés pour les produits soucieux du climat, (2) l’utilisation de crédits d’impôt pour les investisseurs, (3) des exonérations fiscales pour les investisseurs en obligations vertes, et (4) une déductibilité accrue des intérêts pour les émetteurs d’obligations vertes.

Avant de plonger dans ces recommandations, le recours à des incitatifs fiscaux et à l’investissement ciblés s’est historiquement révélé très efficace pour catalyser, bâtir et soutenir diverses industries au Canada. Par exemple, l’exonération de la taxe pour la résidence principale et l’incitatif à l’accession à la propriété sont essentiels pour encourager l’accession à la propriété. Le crédit d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental et divers crédits d’impôt provinciaux pour capital de risque offrent des incitatifs à l’investissement essentiels pour les investisseurs en technologie et en biotechnologie. Les programmes accréditifs mobilisent du capital de risque pour les secteurs minier, pétrolier et gazier. Les crédits d’impôt pour amortissement accéléré incitent les entreprises manufacturières à investir dans de nouveaux équipements. Même les régimes enregistrés comme les REER et les CELI encouragent les particuliers à épargner en vue de leur retraite et offrent un moyen de compléter leur RPC. Ces incitatifs ciblés ne nécessitent pas de financement public direct et constituent un moyen intelligent de diriger les capitaux nécessaires vers la création d’emplois et les industries du bâtiment.

1. Expansion des régimes enregistrés d’épargne

La recommandation 2.1 du rapport encourageait le gouvernement à « créer des incitatifs financiers pour amener les Canadiens à investir dans des produits reconnus comme étant respectueux du climat, par l’entremise de leurs régimes enregistrés d’épargne ». Plus précisément, le Comité a recommandé que le programme fournisse : (i) une déduction du revenu imposable supérieur à 100 % des cotisations admissibles, et (ii) une limite de cotisation supérieure exclusivement pour les placements admissibles.

2. Utilisation des crédits d’impôt pour les investisseurs

La recommandation 9.2 (b) du rapport a également encouragé l’utilisation de crédits d’impôt, grâce auxquels les investisseurs obligataires recevraient des crédits d’impôt à la place des paiements d’intérêts afin que les émetteurs n’aient pas à payer un taux d’intérêt du marché sur leurs obligations vertes.

3. Exonération d’impôt pour les souscripteurs d’obligations vertes

Le rapport recommandait également d’envisager des exonérations fiscales pour les souscripteurs d’obligations vertes, où les investisseurs ne paieraient pas d’impôt sur les intérêts des obligations vertes qu’ils détiennent.

4. Déductibilité accrue pour les émetteurs

Le rapport suggère également d’offrir aux émetteurs d’obligations vertes une plus grande déductibilité des intérêts grâce à laquelle les émetteurs recevraient un multiplicateur sur la déductibilité des intérêts de leurs émissions d’obligations vertes.

Le rapport encourage en outre à « collaborer avec les chefs de file du secteur financier afin d’accélérer la progression l’offre canadienne pour les instruments verts à taux fixe liquides et axés sur la transition » grâce à une gamme d’incitatifs temporaires fondés sur les émissions.

L’adoption de ces recommandations inciterait les investisseurs canadiens à investir dans des entreprises canadiennes qui contribuent à un avenir durable et qui font preuve de résilience sur le plan environnemental tout en contribuant à améliorer leur compétitivité. Par exemple, les obligations vertes RE Royalties ou les obligations vertes CoPower seront utilisées pour financer les investissements réalisés dans la production d’énergie renouvelable, la gestion de l’efficacité énergétique et les infrastructures durables.

Cela fournirait à son tour aux entreprises innovantes le capital nécessaire pour mettre leurs produits et solutions sur le marché, créer des emplois de haute qualité, enrichir les communautés et construire des écosystèmes durables. Ce flux de capitaux viendra compléter les efforts du gouvernement pour nous assurer d’atteindre nos objectifs climatiques à temps et ne nécessitera pas de financement public direct dans l’économie durable.

Alors que nous approchons de la marque d’un an et demi depuis la parution du rapport du groupe d’experts sur la finance durable, il est important que les recommandations formulées ne soient pas perdues ou retardées davantage au sein de la bureaucratie interne des gouvernements. La crise climatique est déjà là et deviendra de plus en plus dévastatrice chaque année. D’autres études à entreprendre ultérieurement ne feront qu’exacerber ce qui est déjà une situation urgente.

Comme 2020 nous l’a montré, des événements qui modifient la vie mondiale comme une pandémie ou un changement climatique ont la capacité de redéfinir les économies et les sociétés. Bien que la finance durable ne soit pas une panacée à la crise climatique, elle est un vaccin pour nous protéger des effets dévastateurs du changement climatique.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Gouvernance climatique efficace : Un nouveau guide pour assister les conseils d’administration, investisseurs et gestionnaires d’actifs

Les risques financiers liés au climat de même que les autres facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont de plus en plus dans l’esprit des investisseurs canadiens.

En novembre 2020, les PDG de huit des plus grands gestionnaires de placements de fonds de pension au Canada, représentant 1,6 billion de dollars en actifs, ont publié une déclaration reconnaissant la nécessité de mettre da durabilité au centre des efforts d’une reprise post-COVID-19; cherchant à standardiser les divulgations ESG des sociétés de portefeuilles qui sont alignées avec le cadre du Groupe de travail sur les divulgations financières liées au climat (GTDF) (Taskforce on Climate-related Financial Disclosure). Le gouvernement fédéral a récemment annoncé qu’il encourageait les sociétés côtées en bourse de divulguer leur progrès quant à la réduction des émissions en utilisant le cadre du GTDF et il mène présentement des consultations publiques sur la question de savoir s’il devrait exiger des fonds de pension sous réglementation fédérale de divulguer les facteurs ESG dans leurs déclarations des politiques et procédures d’investissement.

Afin d’intensifier sérieusement les investissements durables et une gouvernance climatique efficace, les conseils d’administration et fonds de pension ont besoin d’outils qui peuvent soutenir ces efforts. Un de ces outils est le nouveau Comités d’audit et gouvernance climatique efficace, Guide à l’intention des conseils d’administration développé par l’Initiative canadienne de droit climatique. Que vous soyez un gestionnaire ou propriétaire d’actifs, ou un conseiller, ce guide compréhensif offre un aperçu sur ce que vous pouvez vous attendre des sociétés bénéficiaires et leur gestion des risques et opportunités liés au climat. Alors que le conseil d’administration a la responsabilité de superviser la planification stratégique, la gestion des risques et le plan d’affaires de la société, le comité d’audit a souvent la responsabilité d’entreprendre une surveillance détaillée des processus de rapports financiers. Il a un rôle pivot dans la divulgation des risques et opportunités liés au climat dans les états financiers, essentiel pour la confiance des investisseurs dans les états financiers de la société.

Étant donné les impacts financiers croissants des changements climatiques, les administrateurs ont un devoir de s’assurer qu’ils gèrent et divulguent les risques et opportunités liés au climat. Les investisseurs sont de plus en plus engagés dans l’investissement responsable, incluant les facteurs ESG dans leurs décisions d’investissements, gestion de risques et dans l’amélioration de leurs rendements financiers. Le Global Sustainable Investment Review 2018 rapporte que les actifs d’investissement durable sont passés de 30,7 billions de dollars américains dans le monde. En 2020, le Rapport de tendances de l’investissement responsable canadien a observé qu’au Canada, il y a 3,2 billion de dollars d’actifs d’investissement responsable sous gestion, une croissance de 48% sur une période de deux ans. Il rapporte que les investissements responsables représentent maintenant 61.8% de l’industrie canadienne de l’investissement. Ce montant devrait augmenter considérablement étant donné l’intérêt des investisseurs et les signaux clairs du gouvernement fédéral que le futur du Canada dépend des investissements durables et responsables.

En cherchant à attire des capitaux, les conseils d’administration s’appuient sur le comité d’audit pour évaluer la qualité et l’exactitude des divulgations financières liées au climat, et ce nouveau guide propose des questions pratiques et détaillées que les comités d’audit devraient poser à leurs dirigeants et auditeurs internes. Les facteurs clés pour une évaluation précise des états financiers de la société comprennent l’évaluation des risques physiques aigus et chroniques, la transition économique, les risques de litige, l’évolution des attentes des consommateurs, les attentes des investisseurs en dette et en actions, les exigences réglementaires, et des conseils sur les meilleurs pratiques. Alors que le rôle de premier plan du comité d’audit évolue, son évaluation détaillée des risques et opportunités financiers viendra soutenir le marché d’investissement responsable grandissant.

Les organismes canadiens de réglementation des valeurs mobilières ont été clairs que les changements climatiques sont désormais un enjeu pour les sociétés et que ces dernières doivent divulguer les risques matériels liés au climat et comment elles les abordent. Ils ont averti que la divulgation standard des risques financiers liés au climat n’était plus acceptable. Le guide Comités d’audit et gouvernance climatique efficace offre des trucs pratiques et aperçus sur les attentes des organismes de régulation et des investisseurs. Les comités d’audit ont un rôle central à jouer pour s’assurer que les informations financières des sociétés est complète et redevable. Le guide rassemble les orientations juridiques et meilleures pratiques pour les comités d’audit afin de les aider à assumer un rôle de leadership dans une gouvernance climatique efficace.

Le guide fait également un suivi utile sur la manière dont les différents cadres, tels que les Sustainability Accounting Standards (SASB) et le GTDF, s’intègrent dans le contexte canadien. Il énonce les attentes des organismes canadiens de réglementation des valeurs mobilières à l’égard de la divulgation des sociétés, situant le exigences canadiennes de comptabilité dans les récents développements de l’International Financial Accounting Standards et de l’ensemble de base Stakeholder Capitalism Metrics du Forum Économique Mondial, et il aborde l’utilisation des divulgations par le conseil d’administration pour aligner leur rapport général sur leur performance par rapport des indicateurs ESG, incluant les changements climatiques.

Les auditeurs externes intègrent de plus en plus les enjeux climatiques dans leurs audits externes, et il n’est qu’une question de temps avant qu’ils élèvent les enjeux climatiques comme « enjeux d’audit clé » pour certaines entités. Le comité d’audit doit donc être préparé. Ce guide offre une série de questions que le comité d’audit peut poser pour s’assurer que l’information financière reflète fidèlement la gouvernance, stratégie, gestion de risques et indicateurs et objectifs liés aux changements climatiques de la société. Il offre des trucs pratiques sur ce que les investisseurs cherchent dans les états financiers et rapports de gestion. Les risques et opportunités liés au climat de même que les facteurs ESG et indicateurs financiers sont important pour évaluer la valeur des sociétés bénéficiaires.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Refonte des rapports des PRI et perspectives sur les données canadiennes

Les PRI soutenus par l’ONU visent à rassembler les investisseurs responsables pour travailler à des marchés durables qui contribuent à un monde plus prospère pour tous. Les signataires souscrivent aux six principes et au rapport annuel obligatoire fait aux PRI de leurs activités d’investissement responsable. Ainsi, le cadre de reporting évolutif abrite une base unique et incroyablement puissante de données standardisées (c’est-à-dire comparables) sur l’investissement responsable. Ces données ont été directement rapportées depuis 2012 par des milliers d’investisseurs à travers le monde couvrant toutes les classes d’actifs. En analysant ces données, nous sommes en mesure d’identifier les tendances du marché, les meilleures pratiques et les points faibles, et nous pouvons découper ces données de plusieurs façons pour obtenir une perspective solide sur divers facteurs. Dans un effort visant à améliorer la transparence des marchés durables, les PRI partagent ces informations par l’intermédiaire d’un ensemble incroyablement riche en données de « rapports instantanés » dynamiques qui sont accessibles au public :

Vue d’ensemble : Carte de la distribution des AUM par classe d’actifs

*Voir les liens vers d’autres rapports instantanés ci-dessous

Refonte du cadre de reporting

Pour marquer le 10e anniversaire des PRI en 2016, nous avons entrepris une série d’initiatives afin d’évaluer les progrès et créer une vision ambitieuse et réalisable de la manière dont les PRI et la communauté de l’investissement responsable au sens large devraient progresser au cours des 10 prochaines années. Ces activités ont abouti au lancement de « Un plan d’action pour l’investissement responsable » (le « Plan d’action ») en 2017, qui définit l’orientation de nos travaux pour les dix années à venir. L’objectif primordial du Plan d’action est de rassembler les investisseurs responsables pour travailler à des marchés durables qui contribuent à un monde plus prospère pour tous. Cet objectif est étayé par neuf domaines prioritaires, l’un d’entre eux étant « favoriser la circulation de données pertinentes ». L’un des livrables de la production de données pertinentes concernait la refonte de notre cadre de reporting pour inclure les résultats des Objectifs de développement durable (ODD).

Le Cadre de reporting de 2020, bien qu’exhaustif, se concentre principalement sur les processus en place pour mettre en œuvre les politiques et les activités d’investissement responsable. L’objectif à long terme des PRI est de développer le Cadre de reporting pour nous permettre de mieux mesurer la contribution de l’investissement responsable aux améliorations ESG tangibles. Nous avons décidé qu’il était temps de revoir et de refaire l’ensemble du cadre. L’objectif de la refonte était à la fois de garantir que les rapports et l’évaluation des PRI ont des objectifs clairs quant à la manière dont ils contribueront à favoriser le changement dans le secteur de l’investissement et de s’assurer qu’ils restent pertinents pour l’évolution des pratiques d’investissement responsable.

Un exemple de changement important est l’introduction du modèle « core » et « plus ». Il vient clarifier et s’appuie sur le précédent Cadre de reporting, prévoyant des indicateurs obligatoires et volontaires, regroupés en deux composantes principales :Parmi les autres améliorations apportées au Cadre de reporting, mentionnons qu’il a été raccourci et qu’il est plus concis. Par exemple, de nombreux indicateurs qui se répètent dans les modules sur les classes d’actifs ont été retirés et ajoutés aux modules globaux. Nous avons également rendu le nouveau Cadre plus détaillé. Les signataires seront interrogés non seulement sur leurs politiques et leurs activités, mais aussi sur l’étendue des actifs sous gestion et la profondeur de leurs activités. Par exemple, la façon dont les informations ESG sont utilisées dans la prise de décisions, le suivi et l’escalade des investissements est beaucoup plus importante. Pour en savoir plus sur la refonte, cliquez ici, ou cliquez ici pour consulter les nouvelles questions détaillées de reporting.

Un exemple d’aperçu des données de reporting canadiennes

Après avoir analysé certaines des données des signataires canadiens, l’équipe des relations avec les signataires a défini les titres à revenu fixe comme un domaine d’opportunité pour 2021. Le revenu fixe est le module le plus souvent mentionné parmi les signataires canadiens, mais il obtient le score le plus faible en moyenne. Les politiques et procédures d’investissement responsable propres aux titres à revenu fixe ne sont pas courantes au Canada et dans de nombreux autres marchés, bien qu’il y ait une tendance claire à y remédier, et bien que les scores soient faibles, ils s’améliorent. Par exemple, dans la déclaration des signataires canadiens en 2020, 14 % des modules de déclaration directe des titres à revenu fixe (gérés en interne) ont reçu une note de zéro (ou une note de « E »).**

Pour le contexte, dans le monde, 13 % des modules à revenu fixe direct ont reçu un score de zéro et rien qu’au Royaume-Uni, ce chiffre a été réduit de moitié à 6,5 %. Ces scores datent de 2020. Le nouveau cadre de reporting, qui est désormais ouvert pour la saison de reporting 2021, est plus détaillé. Par exemple, on demandait auparavant aux signataires s’ils incorporaient les facteurs ESG dans leurs activités d’investissement à revenu fixe alors que dans le nouveau Cadre de reporting, ils devront divulguer l’étendue des actifs sous gestion couverts par ces activités ainsi que leur degré de mise en œuvre.

Pourcentage de note « E » pour les modules gérés à l’externe

Pourcentage de note « E » pour les modules gérés directement

Dans le but d’accélérer les progrès au sein du secteur canadien des placements, les PRI ont organisé (et enregistré) un webinaire pour passer en revue certains des excellents travaux de notre propre équipe sur les titres à revenu fixe, passer en revue les pratiques exemplaires et le leadership au sein de la Base canadienne de signataires du PRI et discuter du nouveau Cadre de reporting. Nous sommes impatients de poursuivre nos efforts de collaboration, car l’ESG demeure une question de plus en plus centrale pour les investisseurs canadiens.

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Rapport instantané – Analyse des scores d’évaluation (2014-2019)
Rapport instantané 2020 – Changement climatique
Rapport instantané 2020 – Politiques d’investissement responsable accessibles au public
Aperçu des titres à revenu fixe directs PRI

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Méthodologie générale d’évaluation

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Gestion du risque climatique dans les portefeuilles d’investissement institutionnels : études de cas

À mesure que la crise climatique et ses répercussions physiques s’accélèrent, de même que la transition vers une économie carboneutre, les investisseurs canadiens reconnaissent de plus en plus les risques matériels et financiers que représente le risque climatique pour leurs portefeuilles. Des investisseurs institutionnels de plus en plus importants savent qu’ils doivent évaluer et gérer les risques liés au climat s’ils veulent s’acquitter de leurs obligations fiduciaires envers les clients et les bénéficiaires.

Dans le cadre d’étapes qui s’alignent sur The Investor Agenda, une initiative visant à accélérer et à intensifier les actions qui sont essentielles pour maintenir le réchauffement de la planète sous la barre du 1,5 degré Celsius, certains régimes de retraite canadiens ont élaboré des plans d’action climatique impliquant des stratégies d’investissements faibles en carbone, l’engagement auprès des entreprises, la divulgation et le plaidoyer politique. Cet article explique comment trois régimes de retraite canadiens, la Caisse des dépôts et de placement du Québec (CDPQ), OP Trust et le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO) abordent le risque climatique dans leurs portefeuilles de placements respectifs.

Chacun de ces Plans a mis au point une gamme d’approches visant à évaluer et à gérer deux risques fondamentaux liés au changement climatique : le risque physique (p. ex., les impacts des vagues de chaleur, des sécheresses, des incendies de forêt, de l’élévation du niveau de la mer, des inondations et des tempêtes plus fortes) et le risque de transition (p. ex., les impacts des politiques climatiques gouvernementales comme la tarification du carbone et la transition technologique vers les énergies renouvelables, les véhicules électriques et les technologies économes en énergie et en ressources). Une stratégie consiste à « décarboniser » les portefeuilles en réduisant l’intensité carbone de portefeuilles entiers ou de classes d’actifs particulières. Une autre stratégie courante consiste à aligner leurs portefeuilles sur l’objectif « bien en dessous des 2 degrés Celsius » de l’Accord de Paris. Certains ont fixé des objectifs assortis de délais pour la réduction des émissions. D’autres ont fixé des objectifs quantitatifs pour intensifier leurs investissements à faible émission de carbone et positifs pour le climat, et font état de leurs stratégies et progrès conformément au cadre du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (TCFD).

CDPQ

La CDPQ a adopté sa Stratégie d’investissement face au défi climatique en 2017. Celle-ci repose sur quatre piliers : prendre en compte le facteur climatique dans chacune des décisions d’investissement, réduire l’intensité carbone du portefeuille, augmenter les investissements sobres en carbone, ainsi qu’exercer un leadership renforcé en matière climatique auprès de l’industrie et des sociétés en portefeuille. Elle vise à réduire l’intensité carbone de son portefeuille de 25 % d’ici 2025 avec les bilans carbones pour chaque classe d’actifs. La CDPQ prévoit également augmenter de 80 % ses investissements à faible émission de carbone dans toutes les catégories d’actifs pour atteindre 32 milliards de dollars d’ici la fin de 2020.[1] Si un risque lié au climat est jugé important pour un investissement particulier, la CDPQ effectue une analyse qualitative rigoureuse du risque et de son impact, en faisant appel à des consultants spécialisés au besoin. Le fonds préfère l’engagement à l’exclusion, mais réduira son exposition lorsque l’engagement ne produit pas de résultats satisfaisants. D’ailleurs, la rémunération de son personnel d’investissement est alignée sur la réalisation de ces objectifs de réduction du carbone.

La stratégie d’investissement face au défi climatique de la CDPQ repose sur quatre principes : (1) des cibles réalisables (2) un rendement mesurable (3) une divulgation transparente du processus et des résultats et (4) la collaboration. La Stratégie est en avance sur le calendrier, la CDPQ ayant ajouté 16 milliards de dollars en actifs sobres carbone pour un total de 34 milliards de dollars d’ici la fin de l’exercice 2019 et réduit l’intensité carbone de son portefeuille de 21 % au cours de la même période.[2]

OPTrust

De même, OPTrust a publié son Plan d’action pour le climat (Climate Change Action Plan) en 2018 avec huit piliers conçus pour renforcer la résilience du Fonds face au changement climatique. OPTrust a entrepris plusieurs études dans le cadre de son analyse du changement climatique. La première, réalisée en 2017 avec Mercer Consulting qui a mené une analyse de scénario de changement climatique du fonds complet pour évaluer la résilience probable de son portefeuille à un monde à 2 degrés Celsius, soit l’objectif de l’Accord de Paris. Le second, en partenariat avec Ortec Finance, était un projet de gestion actif-passif/d’allocation d’actifs stratégique intégrant les risques et opportunités physiques et de transition associés au changement climatique dans plusieurs scénarios temporels multi-horizon. Une troisième, actuellement en cours, est une étude ascendante visant à établir une évaluation de base des risques liés au climat pour l’ensemble du fonds, y compris l’empreinte carbone, les actifs bloqués et les analyses de la transition énergétique.

Le fonds a effectué un sondage pour cerner les considérations de ses gestionnaires externes sur l’ESG et le climat dans leurs processus d’investissement. Par la suite, l’équipe d’OPTrust a créé un ensemble d’attentes claires pour l’intégration des facteurs ESG et climatiques dans le processus d’investissement à utiliser lors des réunions de ses dirigeants. Parce que l’échelle mondiale des risques liés au climat nécessite une action collective, OPTrust collabore avec des organisations telles que le Ceres Investor Network, CDP et le Réseau de leadership d’investisseurs. Le fonds participe également à l’initiative Climate Action 100+ pour engager les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre.

OPTrust est actuellement en discussion avec des fournisseurs de données pour aider à concevoir des métriques ascendantes de risque de changement climatique en termes de risque physique et de risque de transition pour toutes les classes d’actifs. Il continue également de rechercher des modèles de risque qui fournissent des informations exploitables sur des questions clés, telles que la valeur carbone à risque, qui permettront aux gestionnaires de portefeuille d’intégrer en toute confiance et pleinement le changement climatique dans la construction du portefeuille et le processus d’investissement.

RREO

Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO) intègre pleinement le risque climatique dans les processus d’investissement de l’organisation et chez tous ses professionnels de l’investissement. L’approche globale du Plan consiste à intégrer la prise en compte du changement climatique dans ses investissements, à lancer le dialogue avec les entreprises, l’industrie, les organismes de réglementation et les décideurs politiques afin d’effectuer des changements positifs et à rechercher les opportunités d’investissement qui se présentent. En 2017, le RREO a élaboré son cadre de transition vers une économie à faibles émissions de carbone (EFEC). Le cadre EFEC a identifié et surveille douze jalons qui sont des indicateurs de la direction et du rythme du changement de l’économie vers un avenir sobre en carbone, ce qui aide l’organisation à évaluer les mérites et la résilience à long terme des investissements.

Le RREO intègre systématiquement les risques et opportunités associés au changement climatique dans toutes les classes d’actifs et à tous les niveaux de l’organisation. Le Fonds est également actif à l’externe auprès des entreprises, de l’industrie et d’autres pour gérer les risques et investir dans les opportunités. Le principe de départ du RREO est que nous sommes en train de passer à une économie à faibles émissions de carbone ; cependant, la fluidité ou la perturbation de cette voie reste incertaine. Le cadre de transition vers une économie à faibles émissions de carbone identifie trois scénarios ou voies différents qui nécessitent une attention continue de l’organisation : 1) une transition ordonnée vers une économie à faibles émissions de carbone ; 2) une transition conforme aux politiques et pratiques actuelles ; et 3) une période de dépendance soutenue aux combustibles fossiles qui conduit finalement à des actions drastiques et perturbatrices pour freiner le réchauffement.

Un élément important de la stratégie climatique des enseignantes et des enseignants de l’Ontario consiste à exercer son influence en tant qu’investisseur majeur dans les caisses de retraite et à collaborer avec des organismes pairs. Outre sa représentation au sein des conseils d’administration des entreprises du portefeuille, le RREO est signataire et participant au Climate Action 100+, l’initiative mondiale des investisseurs visant à mobiliser les entreprises à fortes émissions de carbone ; membre fondateur du Réseau de leadership d’investisseurs, composé de quatorze propriétaires d’actifs mondiaux (dont six fonds de pension canadiens) qui préconisent une meilleure divulgation des changements climatiques ; et membre du groupe consultatif des investisseurs du SASB. Le RREO siège également au conseil d’administration du Global Real Estate Sustainability Benchmark (GRESB) et a contribué à la fondation de l’évaluation des infrastructures du GRESB. Faisant partie de l’écosystème financier canadien, le RREO est membre de la Coalition canadienne pour une bonne gouvernance et du Accounting for Sustainability CFO Leadership Network.

Le RREO n’a pas répertorié officiellement tous ses investissements qui soutiennent la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, mais son portefeuille immobilier de 30 milliards de dollars répond aux normes LEED ou BOMA BEST et ses aéroports sont tous carboneutres ou progressent vers la neutralité carbone. Le Fonds a également des investissements directs dans les énergies renouvelables, les technologies liées au climat, l’agriculture et la foresterie durables et les infrastructures liées à l’eau. En novembre 2020, le RREO a lancé une obligation verte de 750 millions d’euros pour faire progresser son programme d’investissement durable.

Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario élabore un cadre de maturité ESG spécifique au secteur qui s’inspire du travail de normalisation du SASB pour 77 industries et utilise les données de Bloomberg et de MSCI ainsi que notre évaluation exclusive de la gouvernance, des politiques et des pratiques des entreprises concernant les facteurs de durabilité importants. Le cadre permet au RREO de classer la gestion ESG des entreprises en tant que référence, avancée ou exceptionnelle, et de suivre les progrès de l’entreprise concernant des éléments tels que les pratiques de gestion des risques, l’intensité des émissions de carbone et la divulgation des risques climatiques conformément aux recommandations du TCFD.

Ces trois grands régimes de retraite canadiens sont des chefs de file dans la reconnaissance et la gestion du risque climatique dans leurs portefeuilles de placement. Chacun a pris des mesures concrètes et mesurables pour relever les défis posés par le changement climatique. Ils ont fixé des échéanciers pour leurs propres objectifs organisationnels. Ils se sont appuyés sur l’expertise interne et externe pour élaborer leurs objectifs. En plus de leurs structures internes, ils travaillent également au sein de coalitions et de cadres plus larges liés au climat. Bien que chacun des trois ait ses propres politiques et procédures de gestion des risques climatiques dans l’ensemble de ses portefeuilles, ils reconnaissent tous l’importance économique du changement climatique en tant que risques d’investissement et sont devenus les premiers à prendre des mesures globales pour identifier, évaluer et gérer les risques liés au climat dans leurs portefeuilles.

Cet article est tiré de « Portfolio Climate Risk Management : Case Studies on Evolving Best Practices », un rapport Ceres publié en juillet 2020.

Source:

[1] CDPQ (2020) https://www.cdpq.com/en/investments/stewardship-investing/climate-change, consulté le 13 janvier 2021.

[2] Ibid.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

3 tendances qui façonneront le paysage de la finance durable au Canada en 2021

L’année à venir devrait être un tournant pour la finance durable au Canada, alors que le gouvernement fédéral et les parties prenantes du secteur financier redoublent d’efforts pour adopter des politiques et des pratiques respectueuses du climat. Voici trois tendances qui façonneront le paysage de la finance durable au Canada en 2021.

Le gouvernment fédéral lance un conseil d’action en matiére de financement durable

En 2019, le Groupe d’experts sur la finance durable du Canada a formulé une série de recommandations pour que le gouvernement fédéral aligne le système financier canadien sur un avenir intelligent face au climat, et a conseillé au gouvernement de créer un Conseil d’action en matière de finance durable pour aider à mettre en œuvre ses recommandations. Le gouvernement a récemment réagi dans son Énoncé économique de l’automne en allouant 7,3 millions de dollars sur trois ans à la création du Conseil d’action, qui servira de mécanisme de coordination entre le gouvernement et le secteur financier.

Le Conseil d’action sera chargé de développer un marché de la finance durable qui fonctionne bien, de faire des recommandations « attirer et accroître la finance durable au Canada, y compris l’amélioration des communications sur le climat, l’accès à des données utiles sur la durabilité et les risques climatiques, et l’élaboration de normes à respecter pour qu’un investissement soit jugé durable. » Le Conseil d’action sera lancé au début de 2021, inaugurant une nouvelle ère de soutien fédéral à la finance durable.

Les autorités bancaires intensifient l’évaluation des risques climatiques

Au printemps 2020, la Banque du Canada a publié un rapport mettant en garde contre les risques économiques importants liés aux changements climatiques et à la transition vers une économie sobre en carbone. La Banque a noté qu’une action différée augmenterait le risque d’une révision brutale des prix des actifs, tandis qu’une action plus précoce laisserait plus de temps au marché pour s’adapter.

Par conséquent, la Banque intensifiera ses travaux sur les changements climatiques en 2021 alors qu’elle organise un projet pilote avec le Bureau du surintendant des Institutions financières (BSIF). Les deux organes de surveillance travailleront avec un groupe d’acteurs du secteur financier pour évaluer l’exposition du système financier aux risques liés à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Le projet permettra aux autorités de mieux comprendre les pratiques de gouvernance et de gestion des risques des institutions financières en matière de changement climatique.

Un rapport sur ces travaux devrait être publié fin 2021. Par ailleurs, le BSIF prévoit lancer un document de travail sur le renforcement de la résilience financière face aux risques climatiques plus tôt dans l’année.

Nous assisterons à l’essor du « financement de la transition »

Le « financement de la transition » fait référence au financement qui aide les entreprises à forte intensité de carbone à passer à des modèles commerciaux à faible émission de carbone, en comblant le fossé entre la finance traditionnelle et durable. Ce concept est important pour le marché canadien, qui est fortement tributaire des industries extractives comme l’énergie et l’exploitation minière. Ces industries doivent transformer leurs modèles d’affaires pour réussir dans un monde à faibles émissions de carbone, mais elles ne peuvent pas accéder à un financement « vert » ou durable en raison de leurs profils d’émissions élevés. Les outils de financement de la transition, tels que les obligations assorties de taux d’intérêt liés à l’atteinte des objectifs de réduction des émissions, les aideront à effectuer ce virage.

Le Groupe CSA, un organisme canadien de normalisation, élabore une taxonomie du financement de la transition – un système de classification permettant d’identifier les activités commerciales admissibles au financement de transition. Ce cadre devrait être mis à la disposition des participants de l’industrie en 2021, ouvrant ainsi un nouveau marché pour la transition de l’économie canadienne vers la neutralité carbone. L’Association pour l’investissement responsable organisera la Semaine du financement de la transition du 18 au 22 octobre pour organiser des dialogues avec l’industrie sur le sujet.

Cet article est un extrait d’une chronique publiée dans Investment Executive. Lire l’article complet ici.

L’importance de la transparence et des partenariats pour les grandes sociétés pharmaceutiques

Le secteur pharmaceutique a toujours attiré l’attention, mais l’année 2020 s’est avérée exceptionnelle à cet égard en raison de la COVID-19. Alors que se déroule la première campagne de vaccination, on ne peut ignorer le rôle critique joué par ce secteur d’activité pour améliorer la santé publique à l’échelle mondiale et bâtir une économie plus résiliente.

Mais, quel est en fait le rôle des sociétés pharmaceutiques pour l’avenir? Celui-ci passe clairement par des partenariats. La réponse à la pandémie a démontré que le soulagement procuré à la population mondiale par les produits des laboratoires pharmaceutiques pouvait augmenter fortement lorsque ceux-ci collaboraient non seulement avec leurs pairs, mais aussi avec des organisations publiques, privées ou multinationales. S’ouvre donc devant nous une possibilité pour les sociétés pharmaceutiques d’exploiter dans la transparence des partenariats permettant de répondre aux besoins sociétaux. Pour les investisseurs désireux de faire progresser la disponibilité des médicaments et autres produits pharmaceutiques à un plus grand nombre, la question de ces partenariats doit devenir un sujet important dans leurs engagements futurs auprès des sociétés du secteur.

Il n’est plus anormal pour les laboratoires pharmaceutiques de collaborer les uns avec les autres

Cet avenir collaboratif a peut-être déjà commencé. Durant toute la pandémie, de nombreuses sociétés pharmaceutiques se sont rapprochées afin de gérer les contraintes de production pour les traitements et vaccins contre la COVID-19. En effet, nombre de sociétés comme Eli Lilly, AbCellera Biologics, Amgen, AstraZeneca, Genentech et GlaxoSmithKline ont demandé l’autorisation de communiquer des renseignements avec leurs concurrentes afin d’accélérer la production de traitements à anticorps monoclonaux efficaces contre la COVID-19, sans aucunement soulever l’opposition du ministère de la Justice des États-Unis. AstraZeneca a de plus opté pour une approche mondiale en matière de distribution, collaborant avec d’autres fabricants à l’étranger tels que le Serum Institute en Inde. Citons également l’initiative lancée par la Fondation Bill et Melinda Gates ainsi qu‘Eli Lily dans le cadre de l’Accélérateur thérapeutique de la COVID-19, grâce à laquelle la société et tous ses partenaires – Abcellera, Shanghai Junshi Biosciences Co. et l’Université Columbia – ont accepté de renoncer à leurs redevances sur les médicaments d’Eli Lilly distribués dans les pays les moins favorisés.

L’échange de renseignements, de connaissances et d’éléments de propriété intellectuelle fait depuis longtemps l’objet d’un engagement auprès des sociétés pharmaceutiques par les investisseurs qui défendent un accès aux médicaments essentiels dans une économie juste et pérenne. La période actuelle révèle ainsi probablement une occasion de régler cet enjeu avec plus de succès que jamais du fait de la réceptivité aux partenariats démontrée par les sociétés durant la pandémie. Compte tenu des avantages indéniables procurés par ce type de collaboration pour rapidement augmenter les capacités de production et de distribution en réponse à une situation sanitaire mondiale, on peut raisonnablement espérer que les dialogues qui se tiendront après la pandémie en matière de partage de renseignements ou d’équipements trouveront un certain écho.

Les partenariats hors du secteur pharmaceutique peuvent contribuer également à répondre à l’enjeu de l’accessibilité

Les partenariats public-privé du secteur pharmaceutique ont particulièrement suscité l’attention durant cette pandémie. De nombreuses sociétés pharmaceutiques ont effectivement reçu du financement public à des fins de recherche et de développement visant à accélérer un développement rapide de vaccins et de remèdes contre la COVID-19, également complété par la mise en œuvre d’ententes d’approvisionnement à l’avance. Si ces partenariats se déploient de manière juste et équitable, ces dernières devraient, par respect pour le contribuable, envisager une tarification de leurs produits de nature à en favoriser l’accessibilité.

Toutefois, des dispositifs à l’échelon national peuvent créer des interférences avec ces partenariats destinés à affecter des ressources pour des besoins particuliers de santé publique nécessitant un accès mondial aux médicaments. Les investisseurs soucieux de promouvoir une économie mondiale pérenne auraient ainsi intérêt à demander aux sociétés une plus grande transparence sur la façon dont elles comptent gérer des priorités nationales et mondiales potentiellement divergentes. Des ententes avec des entités multinationales telles que la COVAX (qui coordonne la distribution équitable des vaccins contre la COVID-19) contribuent à atténuer les conflits qui pourraient surgir dans ce cadre. Les investisseurs auraient ainsi raison de promouvoir cet exemple dans les engagements qu’ils conduiront auprès des sociétés après la pandémie, afin de les encourager à tenir compte des limites inhérentes aux partenariats d’envergure nationale.

Les partenariats doivent s’accompagner de transparence

La pandémie a permis aux investisseurs d’amorcer un dialogue avec les sociétés sur la façon dont une approche collaborative au développement, à la fabrication et à la distribution de produits pharmaceutiques permet d’en faciliter l’accès. Leurs efforts d’engagement devraient viser à mieux comprendre la nature des ententes avec les gouvernements, organismes multinationaux et fondations, ainsi qu’au sein du secteur pharmaceutique lui-même. Les investisseurs responsables tenant à promouvoir une économie résiliente devront réclamer des divulgations suffisantes au sujet des ententes public-privé pour assurer que les sociétés respectent suffisamment le financement apporté par le contribuable, en particulier à la lumière des tensions qui peuvent surgir entre des partenaires ayant des intérêts géographiques et commerciaux différents.

Les anticipations évoluent en matière de transparence. Dans ce contexte de besoin constant pour une transparence accrue, la Global Health Innovation Alliance a créé pour accélérer les recherches une base de données contenant des dispositions types et réelles d’ententes de santé mondiales. Celles-ci figurent dans son guide MAP (Master Alliance Provisions Guide) et « décrivent les principes essentiels sur lesquels les partenariats s’établissent ». Il est vraisemblable que les attentes des investisseurs à l’égard de ce secteur d’activité continuent de viser une amélioration des divulgations, de sorte à mieux comprendre ces partenariats et valider les impacts attendus sur la société.

La santé nous concerne tous. Afin que ces modes de collaboration développent leur plein potentiel, les parties prenantes – notamment les investisseurs – doivent se trouver en mesure de rendre les sociétés responsables. Les limites actuelles à la transparence dans le secteur pharmaceutique ont semé le doute auprès du grand public et des investisseurs durant la pandémie, exigeant des efforts encore plus marqués dans un monde d’après COVID-19. Pour les investisseurs responsables, la période se prête parfaitement à encourager les sociétés pharmaceutiques à collaborer pour le bien mutuel, mais surtout dans une recherche de transparence maximale.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

S’engager dans une économie verte – le Canada en fait-il assez?

La terre est sur la bonne voie pour générer une augmentation moyenne de la température de 3 à 4 °C d’ici 2100, à moins de réduire les émissions de CO2. Un réchauffement climatique de cette ampleur entraînera d’importantes migrations humaines, des conflits régionaux pour des ressources de plus en plus rares et des événements météorologiques extrêmes qui se traduiront en dommages physiques et en coûts économiques dévastateurs. Bien que le sentiment d’urgence de s’attaquer au réchauffement climatique soit manifeste, la question demeure, le Canada en fait-il assez?

L’Accord de Paris de 2015 a fixé aux nations l’objectif de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de manière significative d’ici 2030, avec l’objectif d’atteindre des émissions « zéro net » d’ici 2050. Pour y arriver, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat suggère que, pour passer à une économie mondiale à faibles émissions de carbone, des investissements annuels en capital de 1,6 à 3,8 billions de dollars américains seraient nécessaires pour les nouveaux systèmes énergétiques à eux seuls.[1]

Au Canada, le gouvernement fédéral s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, tout en visant à devenir neutre en carbone d’ici 2050. En guise de première étape vers la mise en œuvre des engagements, le 9 décembre 2016, les premiers ministres du Canada ont présenté un Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Dans ce cadre, il y a eu une accélération des initiatives mises en place par les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux pour renforcer leur engagement envers la neutralité carbone. Il s’agit notamment de lois comme la Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre, qui vise à fixer un prix sur les émissions de carbone et un fonds pour une économie à faibles émissions de carbone de 2 milliards de dollars canadiens pour soutenir des projets qui réduisent les émissions de GES ; un programme dont la Ville de Toronto profite pour réduire les émissions des ambulances et des unités d’intervention paramédicale d’urgence.

Le plan d’infrastructure à long terme du gouvernement fédéral s’est également engagé à verser 55 milliards de dollars canadiens au cours de la prochaine décennie pour des projets d’infrastructure verte et de transport en commun. Plus récemment, en novembre 2020, le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, l’honorable Jonathan Wilkinson, s’est engagé à légiférer sur la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité avec l’intention actuelle d’accroître la divulgation et la transparence des progrès du gouvernement en ce qui concerne l’atteinte du zéro net.

Ces initiatives rapprochent le Canada de l’engagement de 2030 avec un écart de 77 mégatonnes d’équivalent dioxyde de carbone à prendre en compte.

Contributions aux réductions d’émission d’ici 2030 [2]

Source : Gouvernement du Canada, Environnement et changement climatique : Progrès vers la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada, 2019

De plus, au cours des deux dernières décennies, le Canada a fait des progrès pour dissocier la croissance de son PIB de ses émissions de CO2 – une évolution nécessaire pour atteindre les objectifs sans nuire à l’économie.

Changement par habitant – Émissions de CO2 et PIB, Canada

Source: https://ourworldindata.org/co2/country/canada?country=~CAN

Avec des progrès encourageants au Canada et dans le monde, plusieurs défis doivent encore être relevés par les gouvernements. D’une part, un investissement et une considération significatifs sont nécessaires pour les millions d’emplois qui composent le secteur de l’énergie (58 millions dans le monde, dont environ la moitié dans les industries des combustibles fossiles). Une requalification ou une amélioration des compétences est essentielle pour s’assurer que la main-d’œuvre existante n’est pas désavantagée par la transition. Deuxièmement, la contribution du Canada au changement se limite à sa part de 2 % des émissions mondiales de CO2. Les principaux pays qui peuvent apporter une contribution significative au changement climatique sont la Chine, qui compte environ 28 % des émissions, et les États-Unis, avec environ 15 %. Pour respecter l’accord de Paris, il faut se concentrer davantage sur les pays à forte émission. Troisièmement, et peut-être la partie la plus critique de parcours est de s’assurer que les gouvernements restent sur la bonne voie et alignés sur les objectifs, quel que soit le parti politique ou la faction au pouvoir. Le tournant le plus dramatique a peut-être été observé plus récemment aux États-Unis lorsque le président Trump a pris ses fonctions uniquement pour retirer les États-Unis de l’Accord de Paris. Pour ce qui est du Canada, ce désalignement est évident entre les gouvernements fédéral et provinciaux, car ils poussent des programmes variés avec différents degrés d’urgence. Certains segments de la population ne ressentent pas l’urgence du réchauffement climatique ou sont peut-être trop dépendants économiquement des sources d’énergie traditionnelles pour ressentir l’urgence d’accélérer leur transition.

Bien que l’accent soit mis sur les engagements gouvernementaux, les investisseurs et les entreprises ont un rôle essentiel à jouer pour respecter l’Accord de Paris. En 2019, un groupe de 33 des plus grands propriétaires d’actifs au monde a formé la Net-Zero Asset Owner Alliance convoquée par l’ONU et s’est engagé à réduire les émissions de carbone de leurs portefeuilles, d’une valeur de plus de 5,1 billions de dollars américains, pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Un an plus tard, la Net-Zero Asset Manager Alliance a été lancée avec 30 signataires fondateurs et environ 9 billions de dollars américains d’actifs. Les alliances et les réseaux d’investisseurs sont importants pour harmoniser et unifier les priorités du secteur de l’investissement et ont un impact considérable sur l’évolution de tous les secteurs, tant publics que privés.

L’un des avantages de ces réseaux d’investisseurs est de promouvoir et d’exiger des divulgations normalisées, telles que l’alignement sur le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (TCFD), qui est fondamental pour permettre aux gestionnaires de placements d’évaluer et d’intégrer les risques liés au changement climatique dans leurs avoirs et portefeuilles. Alors que de plus en plus de propriétaires et de gestionnaires d’actifs rejoignent de telles alliances pour améliorer leur évaluation des risques climatiques, cela pourrait avoir un impact significatif sur le coût du capital pour les entreprises, ce qui leur servira de motivation pour s’aligner sur l’Accord de Paris. Avec une telle portée, le secteur de la gestion des placements doit travailler en étroite collaboration avec les gouvernements pour mener ce changement.

Comme l’a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’un événement d’action, « Nous avons affaire à des faits scientifiques et non à de la politique. Et les faits sont clairs. Le changement climatique est une menace directe en soi et un multiplicateur de nombreuses autres menaces. » Il s’agit d’un problème mondial et, même si des défis seront relevés au cours de cette transition, il doit néanmoins être une priorité pour chaque gouvernement, entreprise et individu. Pour l’instant, le Canada et le secteur canadien des placements font des progrès significatifs sur la voie d’une économie plus verte, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Par : L’équipe de placements ISR de Mackenzie (Fate Saghir, Baris Ozyetis, Jonas Cuypers)

Sources:

[1] IPCC, 2018: Global Warming of 1.5°C.An IPCC Special Report on the impacts of global warming of 1.5°C above pre-industrial levels and related global greenhouse gas emission pathways, in the context of strengthening the global response to the threat of climate change, sustainable development, and efforts to eradicate poverty [Masson-Delmotte, V., P. Zhai, H.-O. Pörtner, D. Roberts, J. Skea, P.R. Shukla, A. Pirani, W. Moufouma-Okia, C. Péan, R. Pidcock, S. Connors, J.B.R. Matthews, Y. Chen, X. Zhou, M.I. Gomis, E. Lonnoy, T. Maycock, M. Tignor, and T. Waterfield (eds.)]. In Press.

[2] Government of Canada, Environment and Climate Change: Progress Towards Canada’s Greenhouse Gas Emissions, 2019

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

La biodiversité: la prochaine frontière de la Finance Responsable

Que vous évoque la perte de biodiversité ? Nous sommes abreuvés d’articles mettant en avant des tragédies telles que le blanchiment des coraux ou les incendies de forêt en Amazonie. Pour autant, la prise de conscience des impacts tangibles d’une perte de biodiversité n’a débuté que très récemment avec l’apparition de la Covid-19.

La crise de la biodiversité est considérée comme étant à l’origine de l’émergence de zoonoses comme la Covid-19, le SARS ou encore Ebola (maladies transmises à l’homme par l’animal). Le Forum Economique Mondial estime que le coût de la Covid -19 pourrait dépasser 20 mille milliards d’USD. Par ailleurs, l’OCDE estime que la protection de la biodiversité sera essentielle pour éviter d’autres pandémies. Au-delà du risque de pandémie, la perte de biodiversité peut avoir des conséquences néfastes considérables, car la biodiversité procure des biens et services tels que des denrées alimentaires, des matériaux de construction, de l’air pur ou encore l’eau douce. Ainsi, la biodiversité revêt-elle une valeur sociale et économique que le World Wildlife Fund (WWF) évalue à 125 mille milliards d’USD par an.

L’activité humaine menace la biodiversité mais en est également très dépendante

Nous dépendons de la biodiversité de trois manières différentes [1] :

D’une part, la biodiversité est source de plusieurs services écosystémiques essentiels tels que la régulation du climat, la séquestration du carbone, la purification de l’eau, la pollinisation ou encore l’apport d’habitats pour les êtres vivants. Il a ainsi été estimé que 75 % des cultures vivrières mondiales dépendent de la pollinisation animale.[2] Or la production agricole mondiale est menacée par la diminution des insectes pollinisateurs se traduisant par une perte valeur estimée entre 235 et 577 milliards d’USD. Les écosystèmes marins et terrestres représentent des puits de carbone pour les émissions anthropiques. Ils séquestrent au niveau mondial environ 5,6 gigatonnes de carbone par an (soit 60 % des émissions anthropiques mondiales).[2] La protection des mangroves, qui jouent un rôle naturel clé contre les inondations, pourrait apporter un bénéfice de plus de 65 milliards d’USD par an. De même, les récifs coralliens ont un rôle essentiel dans la protection des zones côtières face aux dommages causés par les tempêtes en limitant leur érosion.

D’autre part, nous sommes très dépendants des ressources matérielles issues de la biodiversité comme l’alimentation, l’énergie ou même les médicaments. Ainsi, 70 % des médicaments utilisés contre le cancer sont issus de produits naturels ou synthétiques inspirés de la nature. Par ailleurs, plus de 2 milliards de personnes dépendent du bois pour satisfaire leurs besoins en énergie.[2]

Enfin, la biodiversité assure des bénéfices immatériels. Elle contribue à la qualité de vie humaine, au bien-être physique et psychologique et fait même souvent partie intégrante de l’identité culturelle des êtres humains.

Toutefois, l’humanité est également à l’origine d’une dégradation de la biodiversité qui s’est fortement accélérée au cours des années récentes. L’accroissement de la population et des phénomènes d’origine humaine tels qu’une urbanisation croissante, l’agriculture intensive, la surpêche, la déforestation, ou l’exploitation minière, ont altéré les écosystèmes naturels à un rythme inégalé ces dernières années.[2] Le WWF a ainsi mesuré une diminution moyenne de 68% de la population d’espèces animales depuis 1970. Et environ un quart des espèces répertoriées sont menacées, suggérant que plus d’un million d’espèces pourraient disparaître dans les décennies à venir.[2]

La crise de la biodiversité est source de risques mais aussi d’opportunités pour le monde des entreprises

La dégradation des écosystèmes naturels est un risque qui n’est plus possible d’ignorer. Pour la première fois en 2020, le Forum Economique Mondial a hissé la perte de biodiversité au rang des cinq principaux dangers auxquels le monde socio-économique sera confronté au cours des dix prochaines années, aux côtés d’autres risques environnementaux tels que les phénomènes météorologiques extrêmes ou l’échec de la lutte contre le réchauffement climatique.

Les risques liés à la perte de biodiversité peuvent être répartis en trois catégories:

  1. Les risques systémiques, c’est-à-dire des risques indirects pouvant affecter indistinctement la stabilité mondiale, tels des menaces sur la sécurité alimentaire, sur la santé ou sur le développement socio-économique. Des pandémies telles que la Covid-19 ou des famines causées pas de mauvaises récoltes, à l’image de la crise de la pomme de terre en Irlande, sont autant d’illustrations de ces risques systémiques.
  2. Les risques physiques, directement liés à la perte de biodiversité. De nombreux secteurs d’activité sont susceptibles d’y être exposés. Ainsi des opérations commerciales peuvent être touchées par l’indisponibilité de certains produits de base, l’instabilité de l’environnement opérationnel ou encore par une perte de valeur (par exemple, une chute des prix de l’immobilier dans les zones propices aux incendies de forêt).
  3. Les risques dits « de transition » , liés à une nécessaire adaptation vers une économie plus durable. Cette transition s’accompagne en effet de risques réglementaires, juridiques et de réputation. Elle présente également des risques liés aux changements de comportement de consommateurs de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux. Par exemple, la forte demande actuelle pour les laits végétaux devient un risque pour les producteurs laitiers.

Au-delà des risques, cette crise de la biodiversité offre des opportunités majeures pour les entreprises capables de s’engager dans une transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement. Parmi les opportunités offertes par cette nouvelle économie « verte », citons l’engouement actuel pour une alimentation à base de protéines végétales, le développement de l’économie circulaire ou l’agriculture régénératrice. Financièrement, les opportunités associées à la transition environnementale ont été évaluées à plus de 10 mille milliards d’USD par an d’ici 2030 par le Forum Economique Mondial. Toutefois, pour capter ces nouvelles tendances, les entreprises doivent impérativement comprendre les enjeux liés à la biodiversité et investir dans cette nouvelle économie destinée à protéger et à restaurer le capital naturel.

Mesurer les enjeux liés à la biodiversité est un exercice très complexe

Intégrer les enjeux liés à la biodiversité aussi bien en terme de risques que d’opportunités est un exercice difficile tant les problématiques liées à biodiversité sont complexes. De fait, en matière de biodiversité, il n’existe aucune mesure de référence unique (à l’image de « l’équivalent CO2 », l’indicateur d’empreinte carbone utilisé pour évaluer la pression exercée sur le climat) ni encore de scénario d’analyse sur le long terme. En outre, la biodiversité peut être affectée de manière très différente selon le type d’activité. Enfin, la perte de biodiversité n’est pas uniforme, certaines zones géographiques et certaines espèces étant plus particulièrement vulnérables que d’autres.

Les cinq piliers de référence

Afin de simplifier l’analyse des menaces qui pèsent sur la biodiversité, l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a établi en 2019 une classification des 5 principales sources directes d’atteinte à la biodiversité :

  1. Le changement climatique est étroitement lié à la crise de la biodiversité. Les évènements météorologiques extrêmes, tels que sécheresses, températures élevées, ou incendies de forêts, exacerbent les modifications climatiques et altèrent les écosystèmes naturels. La perte de biodiversité a elle-même un impact négatif sur les conditions climatiques (par exemple, la diminution des surfaces forestières réduit les puits de carbone), perpétuant ainsi un cercle vicieux.
  2. La dégradation des sols et la destruction des habitats sont définies comme la détérioration ou la perte de capacité de production des sols et des terres. Les causes de cette dégradation sont multiples. Citons notamment l’agriculture intensive, la dénutrition des sols par épandage d’intrants chimiques, la déforestation à des fins de production agricole ou l’urbanisation. Les phénomènes météorologiques extrêmes peuvent également provoquer l’érosion et la dégradation des sols.
  3. La surexploitation des ressources signifie que les ressources issues de la nature sont récoltées à un rythme supérieur à la leur capacité naturelle de renouvellement. Cela inclue la déforestation, la surconsommation d’eau, la surpêche ou le commerce illégal d’animaux sauvages. La surexploitation d’une seule espèce peut menacer la stabilité alimentaire de tout un écosystème et affecter d’autres espèces.[3] De plus, la surexploitation des ressources, par exemple celle des forêts, a des répercussions négatives sur la qualité des terres alentour et sur les habitats naturels.
  4. La pollution contribue de manière significative à la perte de biodiversité. Elle comprend la pollution physique (notamment les plastiques et microplastiques), les polluants agricoles (engrais et pesticides), les déchets toxiques émanant des processus industriels ainsi que les contaminants chimiques issus de l’utilisation de médicaments ou de produits de grande consommation. Un grand nombre de ces produits toxiques sont rejetés dans les cours d’eau et s’accumulent au fil du temps, menaçant la santé humaine, animale et végétale.
  5. Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces introduites par l’homme en dehors de leur aire de répartition naturelle. Elles n’ont en général pas de prédateurs naturels et peuvent causer des dommages importants sur les espèces indigènes et leurs habitats. L’introduction de ces espèces peut être intentionnelle (à des fins commerciales), récréatives (comme le python de Birmanie en Floride) ou encore non intentionnelle, par le biais du transport international.

Ces catégories offrent un cadre facilitant l’analyse de l’exposition des entreprises et des industries à la biodiversité, mais aussi l’évaluation des risques associés à la dégradation des écosystèmes dont elles dépendent et des opportunités dont elles pourraient bénéficier en adaptant leur modèle d’affaire.

Malgré la complexité du sujet, les investisseurs ont un rôle à jouer dans la prise en compte des enjeux liés à la biodiversité par les entreprises

La biodiversité est un sujet complexe, car les cinq piliers de référence de perte de biodiversité sont souvent interconnectés. Par ailleurs, les entreprises communiquent encore peu très peu sur le sujet. Seules une poignée d’entre elles font des efforts pour publier des données solides sur ce thème. Des initiatives commencent à émerger qui visent à stimuler et encourager la divulgation d’information relatives à la biodiversité, à l’image du questionnaire dédié à la forêt du Carbon Disclosure Project (CDP). Nous sommes toutefois loin de l’existence d’un cadre officiel clair sur la communication de ces informations.

Quant aux investisseurs, il leur est possible renforcer leur engagement au travers de solutions dédiées incluant notamment la pratique de l’exclusion, l’investissement d’impact, ainsi que des fonds ayant fixés des objectifs associés à la biodiversité. Cela passe toutefois par une consolidation de leur expertise en matière de biodiversité, ce qui nécessite un processus en cinq étapes.

La première étape est la sensibilisation et la formation. Il est important que les investisseurs commencent à dédier des ressources à la biodiversité pour une meilleure compréhension des risques et des opportunités dans les secteurs les plus exposés, comme par exemple celui de l’agroalimentaire.

La deuxième étape consiste à renforcer les prises de positions liées la biodiversité, ce qui implique des politiques d’investissement en lien avec ce sujet. Par exemple, certains investisseurs s’engagent dans la lutte contre la déforestation ou sur des sujets encore plus spécifiques associés à des matières premières exposées telles que le soja, le bétail, l’huile de palme ou les poissons et fruits de mer.

Pour mettre en œuvre efficacement ces engagements, il faut passer par une troisième étape, l’évaluation quantitative, qui s’appuie sur des données. Or, trouver des données fiables sur la biodiversité est extrêmement difficile. Cependant, de nouvelles approches innovantes voient le jour, permettant aux investisseurs de commencer à intégrer la biodiversité dans leurs investissements au travers d’indicateurs déjà accessibles, comme les déchets, le CO2 et les emballages.

Pour améliorer la qualité des données sur la biodiversité, les investisseurs doivent faire de l’engagement sur ce sujet. Cela consiste non seulement à engager avec les entreprises sur les risques et les impacts associés à la biodiversité, mais aussi à mettre en œuvre un engagement plus global afin de développer des reportings plus solides et harmonisés.

Finalement, la biodiversité est un sujet d’une telle ampleur que les investisseurs ne peuvent l’aborder seuls. Il est essentiel pour eux de collaborer avec leurs pairs, mais aussi avec des experts et des fournisseurs de données. Certaines organisations comme le CDP offrent un point de départ pour mesurer les performances des entreprises. Cependant, de nouvelles régulations émergent sur la biodiversité et les investisseurs doivent prendre part à la conversation.

Si l’intégration des enjeux liés à la biodiversité n’en est qu’à ses débuts, l’année 2021 pourrait constituer un point d’inflexion vers une prise en compte beaucoup plus forte, notamment de la part des investisseurs, alors que des initiatives majeures émergent au niveau politique, économique, et financier. Citons par exemple l’évènement One Planet Summit Biodiversité en Janvier 2021, de nouvelles régulations Européennes en faveur de la biodiversité, et les premières recommandations du groupe de travail Taskforce on Nature-Related Financial Disclosures (TNFD) visant à cadrer l’exposition des entreprises à la biodiversité, à l’image du TCFD pour le climat.

Sources:

[1] IPBES, Summary for Policymakers, 2019.

[2] IBPES, 2019

[3] HSBC, 2020

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Surmonter les défis réglementaires en matière de participation active en Amérique du Nord

De récentes études font état de la rapide croissance des stratégies d’investissement responsable en Amérique du Nord, qui affichent une hausse de 48 % et de 42 % respectivement au Canada et aux États-Unis. De même, l’initiative Principes pour l’investissement responsable (PRI) a rapporté que le nombre de ses signataires au Canada et aux États-Unis a augmenté de 14 % et de 22 %, respectivement. Cependant, le nombre total de signataires en Amérique du Nord s’élève à 589, comparativement à 1 285 en Europe. La participation active est un axe essentiel de bon nombre de ces stratégies d’investissement responsable. Elle permet aux investisseurs d’exercer leur influence au moyen de leur droit de vote et de leur mobilisation afin d’améliorer le bilan ESG des sociétés dans lesquelles ils ont investi.

Cette tendance est impressionnante, puisqu’elle se développe dans un contexte assez surprenant où la réglementation fait obstacle à la participation active en Amérique du Nord. En effet, les organismes de réglementation de ce marché font preuve d’un scepticisme sous-jacent qui s’est manifesté dans leurs politiques publiques en 2020. À titre de comparaison, les organismes de réglementation en Europe ont préconisé une réglementation audacieuse encourageant l’investissement responsable, ayant mis la touche finale à la taxonomie de la finance durable de l’UE et ayant pris des mesures pour améliorer la communication de l’information, comme le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers. De fait, les organismes de réglementation européens visaient une mise en place de ces changements si rapide que les investisseurs ont tenté – avec succès – de repousser la date de leur introduction.

Plus que jamais, les investisseurs nord-américains doivent s’interroger sur l’influence qu’ils exercent dans l’écosystème au sein duquel ils évoluent, en réfléchissant à ce qui s’est passé en 2020 et à une meilleure façon de travailler ensemble à l’avenir.

Les organismes de réglementation américains font obstacle à la participation active

Au début de l’année 2020, la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a sollicité des commentaires sur deux propositions de modification d’ensembles de règles visant à accroître le fardeau réglementaire qui pèse sur les conseillers en matière de vote par procuration et à restreindre davantage la capacité des investisseurs à soumettre des propositions d’actionnaires. La SEC cherchait avec ces projets à répondre à ses préoccupations quant à l’exactitude et à la transparence des conseils sur le vote par procuration auxquels les investisseurs ont recours pour prendre des décisions éclairées en cas de vote et à modifier les seuils et les mécanismes permettant aux investisseurs de déposer des propositions d’actionnaires afin d’éviter un « emploi abusif » du processus.

Les deux propositions ont fait l’objet de critiques importantes de la part des investisseurs. Ces derniers ont fait valoir que les préoccupations sous-jacentes de la SEC sur l’exactitude des recherches en matière de vote par procuration ou la pertinence des propositions des actionnaires n’étaient pas justifiées, de sorte que ces propositions étaient non seulement inutiles, mais risquaient aussi d’étouffer les activités de participation active dorénavant courantes dans l’ensemble du secteur.

Lorsque la SEC a confirmé ses règles finales, la rétroaction semblait avoir eu une certaine incidence, mise en évidence par l’abandon pur et simple de certains des éléments les plus problématiques, comme l’obligation pour les conseillers en matière de vote par procuration de laisser les émetteurs examiner les rapports avant leur publication. Cependant, d’autres exigences astreignantes demeurent, comme le rehaussement des seuils permettant aux investisseurs de déposer des propositions d’actionnaires, ce qui est décevant compte tenu de l’efficacité de ces propositions en matière d’amélioration des pratiques ESG des entreprises.

Parallèlement, le Department of Labour des États-Unis (DOL) a aussi ouvert une période de consultation sur deux règles ayant une incidence sur les régimes de retraite privés régis par la Employee Retirement Income Security Act (ERISA). La première de ces règles visait à empêcher que des fonds d’investissement participant aux « placements ESG » fassent partie des options proposées par défaut aux bénéficiaires dans leur régime établi en vertu de la loi ERISA. La deuxième visait à augmenter le fardeau qui pèse sur les régimes visés par la loi ERISA quant à l’exercice du droit de vote par procuration, en exigeant une analyse coût-bénéfice approfondie pour les activités de vote sur les propositions liées aux facteurs environnementaux et sociaux.

Comme pour les propositions de la SEC, le milieu des placements a réagi en faisant état de graves préoccupations quant aux raisons sous-jacentes à l’origine de l’établissement des règles, ainsi qu’à l’impossibilité pour les fiduciaires du régime et d’autres investisseurs institutionnels d’appliquer les propositions.

Dans la version définitive du règlement relatif aux produits « d’investissement ESG », le Department of Labor a décidé de se détourner du terme « ESG » au profit de facteurs pécuniaires et non pécuniaires. Ce changement a été interprété comme une victoire par de nombreuses personnes, le Department of Labor semblant admettre que les facteurs ESG puissent en fait être pécuniaires, étant donné qu’ils peuvent avoir une incidence sur le profil risque-rendement d’un placement ou d’un portefeuille. En pratique, cela signifie que les fonds qui intègrent les considérations ESG peuvent encore être sélectionnés comme option par défaut par les fiduciaires d’un régime établi en vertu de la loi ERISA.

La règle concernant le vote par procuration a également été reformulée de façon similaire, faisant valoir que les fiduciaires ne doivent pas poursuivre d’objectifs non pécuniaires en votant au détriment de l’intérêt financier de leurs régimes. La concession faite dans ce cas est que les objectifs ESG souvent poursuivis à travers la participation active peuvent également être pécuniaires pour le rendement du fonds. La nature normative et peu pratique de la proposition initiale a été remplacée par une approche fondée sur des principes qui allège le fardeau des fiduciaires exigeant de démontrer que chaque vote individuel a été analysé en fonction des coûts et des bénéfices. Cependant, cela n’a pas que du bon, car les fiduciaires devront tout de même consacrer plus de temps à la supervision des politiques de vote par procuration de leurs fonds et de leurs fournisseurs de services.

Bien qu’elles aient une portée différente, les propositions de la SEC et du Department of Labor ont en commun des caractéristiques sous-jacentes : la distinction entre objectifs des investisseurs ESG et objectifs de placement traditionnels ainsi que la limitation des outils utilisés ou des situations dans lesquelles les produits ESG pourraient être déployés. Bien qu’ils aient suscité une réaction impressionnante et passionnée de la part des investisseurs, les organismes de réglementation américains ont tout de même adopté une réglementation qui nuit à l’investissement responsable, même si elle est moins rigoureuse que ce qu’ils proposaient à l’origine.

Les organismes de réglementation canadiens envisagent de prendre des mesures semblables

L’intérêt des organismes de réglementation pour la participation active a également augmenté au Canada. Bien qu’une grande partie de cette attention réglementaire appuie l’accélération de la finance durable, en juillet dernier, le Groupe de travail sur la modernisation relative aux marchés financiers de l’Ontario a proposé un projet de réformes réglementaires qui, à titre comparatif, ont alarmé le milieu des placements local.

Lorsque le Groupe de travail a été formé au début de 2020, un groupe d’investisseurs canadiens a présenté des suggestions pour faire en sorte que les sociétés cotées à la Bourse de Toronto soient des placements plus attrayants en matière de facteurs ESG sur le marché mondial. Ces suggestions comprenaient l’amélioration des exigences en matière de divulgation à l’égard des facteurs ESG, conformément à l’approche adoptée par le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques et le Sustainability Accounting Standards Board, ainsi que l’adoption de mesures visant à accroître la diversité au sein des conseils d’administration et de la direction. Fait encourageant, ces suggestions se sont retrouvées dans le projet de rapport du Groupe de travail.

Cependant, le Groupe de travail, faisant écho à son pendant américain, a également proposé de réglementer les conseillers en matière de vote par procuration, en mettant en avant des préoccupations liées à la transparence et à l’exactitude des rapports fournis par ces conseillers aux investisseurs. Le Groupe de travail a suggéré la mise en place d’un processus « sans mesure à prendre » à l’égard des propositions des actionnaires semblable à celui adopté à la SEC. Généralement, les investisseurs considèrent que ce processus réduit les droits des actionnaires à l’avantage des intérêts des sociétés. Ce scepticisme adopté au Canada à l’égard des conseillers en matière de vote par procuration et du processus de proposition des actionnaires a surpris : la mobilisation des investisseurs auprès des sociétés tend à y être beaucoup moins litigieuse qu’aux États-Unis. Les votes sur les facteurs ESG ou sur les propositions des actionnaires obtiennent rarement la majorité des voix, et les investisseurs n’ont pas l’habitude de déposer autant de propositions des actionnaires en matière de facteurs ESG – propositions qui ne sont souvent utilisées qu’en dernier recours.

Ces recommandations du Groupe de travail ayant une incidence sur les processus de vote par procuration et de proposition aux actionnaires ont fait l’objet de nombreuses critiques de la part des investisseurs. La Coalition canadienne pour une bonne gouvernance (CCGG) a émis une mise en garde contre l’érosion de la protection des investisseurs et contre l’augmentation de leur fardeau réglementaire en soutenant que les recommandations allaient à l’encontre du mandat de protection des investisseurs de la CVMO. Les actionnaires canadiens ont également collaboré pour faire des commentaires et ont profité de l’occasion pour expliquer en détail le fonctionnement des activités de participation active ainsi que les raisons pour lesquelles les recommandations du Groupe de travail n’étaient pas nécessaires sur le marché canadien et ne seraient pas faciles à mettre en œuvre.

Au moment de la rédaction du présent document, le Groupe de travail n’a pas encore publié sa série finale de recommandations, qui doit être finalisée d’ici la fin de 2020. Nous espérons que ces recommandations définitives continueront d’appuyer les divulgations de l’information relative aux facteurs ESG, mais que les commentaires des investisseurs ont convaincu le Groupe de travail de revoir les réformes qui auraient une incidence négative sur les processus de vote par procuration et de proposition aux actionnaires.

Il est plus important que jamais de promouvoir la participation active

Compte tenu de la croissance importante des stratégies d’investissement responsable faisant appel à la participation active et de l’attention des organismes de réglementation qui en découle, nous sommes à la croisée des chemins. Il n’a jamais été aussi important de nous regrouper pour façonner l’avenir de notre secteur. Les initiatives politiques présentées ci-dessus sont toujours en cours ou pourraient être abrogées avec le changement de régime aux États-Unis, mais les idées fausses à l’égard de notre secteur qui découlent de ces initiatives demeurent.

Il existe de nombreuses façons de travailler ensemble pour apporter des changements, comme communiquer directement avec les organismes de réglementation ou travailler par l’intermédiaire d’associations sectorielles. À BMO Gestion mondiale d’actifs, nous adoptons la même approche lorsque nous mobilisons les décideurs ou les sociétés dans lesquelles nous investissons : en communiquant respectueusement nos points de vue d’investisseurs, en prenant le temps et en dépensant l’énergie nécessaires pour approfondir les sujets, partager notre expertise sur les enjeux ESG et fournir de la formation ou des exemples de meilleures pratiques, au besoin.

Ce qu’il faut retenir de 2020, c’est que la voix des investisseurs peut être incroyablement puissante quand il s’agit de mieux informer les organismes de réglementation sur les facteurs ESG et la participation active. Nous devons nous faire entendre pour assurer notre position en tant que gardiens responsables du capital, d’autant plus que l’investissement responsable en Amérique du Nord croît plus rapidement que jamais.

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POURQUOI LES PORTEFEUILLES ESG SONT PROUVÉS POUR ÊTRE PLUS RÉSILIENTS DANS LE CONTEXTE DE COVID-19

Si les éléments marquants de 2020 ont été la COVID-19 et le décalage entre la performance des marchés et celle d’une économie mondiale traumatisée, une conséquence moins évidente de cette situation, mais financièrement urgente, pourrait être l’intensification de la volatilité des marchés et la recherche de solutions de placement plus résilientes. Les placements axés sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) se sont démarqués comme étant l’une des principales méthodes pour constituer des portefeuilles résilients, surtout lorsque les risques économiques et sociaux systémiques se multiplient.

Placements axés sur les facteurs ESG et pandémie

Au début de la période de volatilité causée par la pandémie de cette année, les preuves de la solidité des facteurs ESG ont été largement relevées, tant à l’échelle des sociétés que dans les stratégies de placement axées sur les facteurs ESG. Par exemple, un document de travail de la Harvard Business School publié en avril explique comment les actions des sociétés que le public perçoit comme s’étant comportées de façon plus responsable durant le repli de mars ont enregistré un rendement moins négatif que leurs concurrentes.[1] D’autre part, dans une étude largement citée sur les fonds communs de placement aux États-Unis, l’agence de notation Morningstar a fait remarquer que « quatre fois plus de fonds axés sur des facteurs de développement durable se sont classés dans le premier quartile que dans le dernier quartile de leur catégorie » au premier trimestre.[2]

Fonds d’actions axés sur le développement durable

Classement par quartile des rendements du premier trimestre de 2020 (en %) selon Morningstar

Quelle a été la clé de cette résilience? L’une des raisons est la sous-pondération généralisée du secteur de l’énergie dans les stratégies de placement axées sur les facteurs ESG. La crise causée par la COVID-19 a sérieusement pesé sur les perspectives de croissance économique mondiale à court terme, ce qui a déclenché un effondrement des prix du pétrole et une grande volatilité dans le secteur de l’énergie. Une vision structurelle des perspectives d’avenir des sociétés énergétiques traditionnelles a, semble-t-il, contribué au rendement d’un large éventail de fonds axés sur les facteurs ESG par rapport aux fonds comparables traditionnellement gérés. [3]

Au-delà de la vision prudente du secteur, le Wall Street Journala indiqué à la fin du mois demars que les facteurs ESG, en particulier les facteurs sociaux, pourraient prendre de l’importance auprès des sociétés, car l’intérêt des investisseurs pour l’approche des sociétés en matière de gestion du capital humain est devenu plus pressant.[4] Comme l’a déclaré John Hale, chef de larecherche sur le développement durable en Amérique à Morningstar, les stratégies axées sur les facteurs ESG semblent en permanence dégager de meilleurs rendements, car elles tendent à privilégier les « sociétés de qualité du 21e siècle », en mettant l’accent sur la « sélection d’actions de sociétés démontrant une plus grande conformité aux normes ESG ». [5]

Les facteurs ESG ont montré leur affinité avec les définitions contemporaines de la qualité les plus pertinentes. Cependant, on ne parle pas ici de qualité au sens de rentabilité, mais de qualité définie par une combinaison de facteurs de développement durable quantitatifs et qualitatifs, en particulier des facteurs souvent qualifiés de non financiers, intangibles ou préfinanciers.

En période de crise, les coûts préfinanciers peuvent devenir des coûts financiers – parfois très importants – modifiant la définition de coûts importants et remplacement d’autres facteurs qui auraient auparavant été réputés avoir une plus grande incidence sur les résultats d’une société. L’une des questions que nous nous posons maintenant est de savoir si ce remaniement des facteurs en fonction de leur importance nécessite un changement tactique ou plus stratégique de l’approche en matière de placement

Pandémie et multiplication des risques sociaux

Avec la progression de la pandémie, il semble que les sociétés affichant une plus grande conformité aux normes ESG paraissent mieux préparées à surmonter la tempête économique que personne ne voyait venir [6], sans parler de l’agitation sociale qui a rapidement suivi. En plus de faire ressortir de tout un éventail de risques sociaux systémiques, la pandémie a mis en évidence la fragilité des structures économiques par rapport aux facteurs sociaux.

Selon certains observateurs, les stratégies axées sur les facteurs ESG ont maintenu leur avance malgré les perturbations du marché en 2020, car elles ont adopté une vision à long terme de ce qui est considéré comme un investissement durable dans tous les secteurs. Les banques et d’autres institutions qui minimisaient auparavant l’importance des placements axés sur les facteurs ESG ont depuis montré un vif intérêt pour les caractéristiques des placements durables.[7] Nous pensons que cet ensemble de caractéristiques est un ensemble, en évolution, mais bien défini, de facteurs ESG interreliés.

Facteurs ESG que nous jugeons les plus pertinents pour nos investissements

De plus, le potentiel de rendement supérieur d’une stratégie axée sur les facteurs ESG repose sur la modélisation des différents scénarios négatifs ou positifs. Il peut s’agir d’anticiper les conséquences sur la santé des entreprises de divers scénarios climatiques ou des conséquences positives ou négatives de changements des conditions sociales. Bien que les facteurs sociaux en cause dans la pandémie aient varié dans le temps et selon les régions, les facteurs sociaux qui selon nous ont été les plus importants pour le plus grand nombre d’entreprises comprennent la santé et la sécurité, les relations de travail et le respect de la collectivité.

Santé et sécurité : structures de santé publique sous pression

La santé et la sécurité sont au cœur de l’incertitude suscitée par la pandémie. En mars, les participants au marché, des plus novices aux plus expérimentés, se sont soudainement retrouvés face à des questions visant leur santé personnelle et celle de la collectivité, qui pouvaient avoir des conséquences marquées sur leur vie, leurs moyens de subsistance et leurs portefeuilles de placements :

  • Est-il sécuritaire pour quiconque d’aller au travail ou pour mes enfants d’aller à l’école? Pendant combien de temps ma famille devra-t-elle rester à la maison?
  • Notre système de santé publique est-il équipé pour faire face à la pandémie ou sera-t-il poussé au-delà de son point de rupture?
  • Les ressources destinées à trouver un remède seront-elles affectées de manière à accélérer le développement de traitements vraiment efficaces pour le grand public ou pour le bénéfice des actionnaires et des initiés?

Il n’y avait et il n’y a toujours aucune garantie que la solution qui sera apportée à ces questions de santé et de sécurité sera avantageuse à court ou à moyen terme pour la population et l’économie mondiales. Face à une telle incertitude, les gestionnaires d’actifs traditionnels et les propriétaires d’actifs ne savaient pas quel rendement corrigé du risque leurs portefeuilles pourraient générer. Cependant, en raison de l’accent mis sur les risques systémiques, les stratégies ESG peuvent permettre une meilleure conscience de l’importance des risques sociaux auxquels font face les différentes sociétés, industries et régions interdépendantes sur le plan économique, lorsque celles-ci sont aux prises avec des éclosions.

Relations de travail: un test de résistance majeur pour les entreprises des régions durement touchées

Jamais, depuis la grande dépression, autant de gens n’avaient perdu leur emploi ou la sécurité de celui-ci aussi rapidement. Par conséquent, les relations de travail sont vite devenues capitales pour les sociétés, quelle que soit la capitalisation :

  • Jusqu’à quel point les entreprises vont-elles traiter les employés avec empathie, en donnant plus d’importance à leur santé et à leur sécurité, sans parler de leur emploi, qu’aux bénéfices réalisés? Que se passera-t-il si la crise se prolonge jusqu’en 2021et au-delà?
  • Les entreprises seront-elles en mesure de créer des espaces de travail sécuritaires pour leurs employés? À quel coût?
  • Les sociétés sont-elles pleinement conscientes que leur comportement pendant la crise pourrait définir leur capacité future à retenir les employés talentueux et à fidéliser les clients?

Au début de la première vague de la pandémie, le chômage a enregistré une hausse vertigineuse. En l’espace de quelques semaines, le taux de chômage aux États-Unis a dépassé les 14 %, indiquant que des dizaines de millions de personnes avaient perdu leur emploi. Bien que les données aient été plus contrastées dans les pays d’Europe, les économies émergentes ont également connu une forte détérioration de l’emploi.[8] Quelles mesures réalistes les sociétés et les États pourraient-ils prendre pour protéger les chômeurs et les travailleurs essentiels toujours à l’emploi mais rapidement épuisés? La façon dont les entreprises traitent leurs employés dans un contexte financier difficile qui ne survient qu’une fois par génération est peut-être le test de résistance ultime qui mesure la solidité relative des sociétés, des industries et des secteurs face au facteur social.

Taux de chômage aud Ėtats-Unis (%)

Août 2000 – Août 2020

Le respect de la collectivitéest-il un catalyseur de changement positif?

Le respect de la collectivité est devenu un autre facteur de risque et d’occasion pour de nombreuses sociétés depuis le début de la crise :

  • Les sociétés prendront-elles la peine de réorienter leurs activités en douceur, par exemple en mettant en œuvre un plan de continuité des activités ou en mettant certaines activités en pause jusqu’à ce qu’une sécurité relative soit assurée?
  • Si une société exerçait ses activités en présence du grand public, a-t-elle respecté les mesures visant à lutter contre la pandémie ou les a-t-elle traitées à la légère?
  • Les entreprises ont-elles fait don de ressources pour aider l’ensemble de la collectivité? Que ce soit en faisant don d’équipement de protection individuelle ou en utilisant la capacité de fabrication pour construire des ventilateurs, du désinfectant pour les mains, etc.
  • De quelle façon les sociétés se sont-elles engagées à changer à long terme, en particulier en ce qui a trait à la façon dont elles se perçoivent et à l’incidence de leurs activités sur les collectivités dans lesquelles elles les exercent?

De nombreuses sociétés se sont montrées prêtes à s’engager sur la voie du changement social. Cela est le plus évident aux États-Unis, où la pandémie a exacerbé les tensions qui entourent la reconnaissance de l’injustice raciale bien ancrée dans le pays. Laposition des sociétés sur les questions pertinentes a souvent eu une incidence sur leurs activités et il est à espérer que cette position devienne, aux États-Unis, un catalyseur d’amélioration de la diversité au sein du conseil d’administration des sociétés, de l’égalité entre hommes et femmes, et des structures de rémunération qui favorisent les intérêts de l’ensemble des parties prenantes.

Les placements durables sont résilients.

Ceux qui investissement dans des placements axés sur les facteurs ESG mettent l’accent principalement sur le développement durable, une condition de résilience qui se reflète dans les fondamentaux des sociétés et la capacité de leurs dirigeants à gérer les risques importants, ce qui donne aux sociétés de meilleures chances de prospérer. Comme on a pu le lire dans Responsible Investor, la durabilité d’une société se mesure par « sa résilience et son agilité à gérer de nombreuses parties prenantes ainsi que l’incertitude, les chocs et les perturbations à l’échelle mondiale, qu’ils soient causés par une pandémie, l’agitation sociale ou une urgence environnementale. »[9]

Les facteurs qualitatifs et préfinanciers sont considérés par les stratégies ESG comme des facteurs ayant la capacité de déterminer les forces et les faiblesses futures d’une entreprise. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les stratégies ESG continuent de susciter l’intérêt, car les investisseurs cherchent de plus en plus à déterminer si une société a la vision et les capacités stratégiques nécessaires pour atteindre et maintenir une conformité aux normes ESG – en d’autres termes, une résilience à long terme et la capacité à gérer les risques extrêmes.

 

Sources:

[1] « Corporate Resilience and Response During COVID-19 », Alex Cheema-Fox, Bridget LaPerla, George Serafeim et Hui (Stacie) Wang, document de travail no20-108 du département de comptabilité et de gestion de la Harvard Business School, avril 2020.

[2] « Sustainable Funds Weather the First Quarter Better Than Conventional Funds, » Morningstar, 3 avril 2020. L’étude est citée par interactive investor, « The reason why ESG funds outperformed during the market sell-off », 24 mars 2020 et CNBC.com, « The coronavirus downturn has highlighted a growing investment opportunity —and millennials love it », 14 avril 2020, entre autres.

[3] Morningstar, 3 avril 2020.

[4] « Coronavirus Pandemic Could Elevate ESG Factors » Wall Street Journal, 25 mars 2020.

[5] Morningstar, 3 avril 2020.

[6] Bien sûr, de nombreuses personnalités publiques bien connues ont parlé par le passé de la probabilité – voire de l’inévitabilité – qu’une pandémie cause des ravages au sein de l’économie mondiale. Voir, par exemple, la conférence TED donnée en 2015 par Bill Gates, cofondateur de Microsoft et philanthrope

[7] Wall Street Journal, 25 mars 2020.

[8] « Emerging economies in full-blown unemployment crisis » Nations unies, 4 juin 2020.

[9] « No Surprise: Sustainability Funds Outperform the Market—Despite COVID-19 » Responsible Investor, 24 avril 2020.

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Une crise généralisée dans le secteur de la santé, comme une pandémie mondiale, pourrait entraîner une forte volatilité des marchés, la suspension et la fermeture des opérations de change, et affecter le rendement du portefeuille. Le nouveau coronavirus (COVID-19) perturbe ainsi considérablement les activités commerciales à l’échelle mondiale. Les répercussions d’une crise sanitaire, ainsi que d’autres épidémies et pandémies susceptibles de survenir à l’avenir, pourraient avoir des conséquences sur l’économie mondiale qui ne sont pas nécessairement prévisibles à l’heure actuelle. Une crise sanitaire peut exacerber d’autres risques politiques, sociaux et économiques préexistants. Cela pourrait nuire au rendement du portefeuille, ce qui entraînerait des pertes sur votre placement.

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