Pouvons-nous exiger que les sociétés technologiques assument une responsabilité dans l’atténuation des risques sur les droits de la personne?

Aucune phrase ne résume sans doute mieux l’état du secteur des technologies dans les dernières phases de la pandémie de COVID-19 que cette citation de ESG Investor :

« Un secteur très rentable, novateur et à la portée immense, qui évolue dans une zone morale grise, en se comportant de façon objectivement non éthique, mais pas techniquement illégale. »

Que signifie exactement « objectivement non éthique »? Pour certains, il s’agit d’un « consentement » plutôt flou (quand pas totalement masqué) dont se prévalent les sociétés technologiques pour utiliser de toutes sortes de façons les données personnelles de leurs utilisateurs (et même les vendre). Pour d’autres, il s’agit d’une utilisation totalement incontrôlée des plateformes technologiques pour propager la haine. Pour d’autres enfin, il s’agit de l’utilisation des technologies numériques pour planifier et exécuter des activités perturbatrices dans le monde réel.

Les grandes sociétés technologiques n’ignorent pas du tout ces enjeux, puisque les droits numériques figurent en bonne place dans les programmes de nombre d’activistes et d’investisseurs. Pourtant, les Google et Facebook de ce monde (pour ne citer que celles-ci) semblent bien se traîner les pieds quand il s’agit de faire preuve de transparence en matière de suivi des règles suscitées par les préoccupations entourant leur modèle d’affaire sur la question des droits de la personne.

Dans une étude intitulée The ESG Imperative for Technology Companies, KPMG a découvert que même si 57 % des chefs de la direction reconnaissent qu’ils doivent « ne pas tenir compte seulement des aspects financiers pour obtenir une croissance à long terme de leur entreprise », la plupart d’entre eux identifient les changements climatiques (et non les droits de la personne) comme le principal risque en matière de développement durable. La connaissance par les sociétés technologiques de l’ensemble des risques ESG qui pèsent sur leurs activités apparaît au mieux incomplète, et trop souvent totalement inexistante. KPMG conclut son étude de la façon suivante : « Une prise de conscience accrue des enjeux ESG ne s’est pas encore totalement répercutée dans les pratiques d’affaires. » Ce décalage s’avère encore plus criant quand on sait que le traitement des risques pour les droits de la personne dans les modèles d’affaires constitue une priorité du Projet B-Tech (une émanation du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme qui se charge de mettre en œuvre les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme).

Les risques des modèles d’affaires : un besoin de solutions radicales pour des problèmes radicaux

Ranking Digital Rights (RDR), un organisme qui œuvre à la promotion de la liberté d’expression et du respect de la confidentialité sur Internet, a fait remarquer qu’aucune société de son indice de responsabilité 2020 « fournissant collectivement des services d’information et de communication à des milliards d’êtres humains dans le monde n’atteignait la note de passage en matière de transparence et de responsabilité sur la base de ses normes internationales sur les droits de la personne ».

Pour les investisseurs responsables, ce constat est troublant à deux égards. Les sociétés technologiques représentent des positions de premier plan dans de nombreux fonds responsables, en grande partie parce qu’elles constituent une réponse favorable aux risques environnementaux. Au cours de la dernière année, en particulier du fait de la COVID-19, celles-ci ont procuré des rendements exceptionnels. En revanche, que penser des risques liés aux droits de la personne inhérents au modèle d’affaires de ces sociétés? Ils pourraient bien compromettre leurs efforts de développement durable, en menaçant potentiellement les principes mêmes des libertés civiles et de la démocratie, dont ces entreprises bénéficient au premier plan pour leurs activités.

Nous franchissons un cap. Si nous tenons à ce que les sociétés technologiques dans lesquelles nous investissons s’efforcent de créer de la valeur de façon durable, c’est à nous (en tant qu’investisseurs) de les tenir responsables de la façon dont elles gèrent les risques sur les droits numériques et les droits de la personne inhérents à leurs activités. Nous devons composer avec une réalité : ces risques constituent une caractéristique essentielle et intégrale du modèle d’affaires des sociétés technologiques, sur lequel s’appuie le succès financier dont les investisseurs ont bénéficié jusqu’à présent. On ne peut simplement fermer les yeux sur les implications sociales négatives de cette immense création de richesse.

Une forte influence vient avec une grande responsabilité

La difficulté particulière des produits et services technologiques ainsi que l’opportunité qu’ils représentent tiennent au fait que nous appréhendons l’une et l’autre selon différentes dimensions de façon innée comme investisseurs. Puisque nous utilisons tous la technologie, nous nous retrouvons exposés aux risques que nous essayons précisément de traiter, non seulement comme investisseurs, mais également comme consommateurs. Nous devons donc reconnaître les avantages de la technologie et de l’accès croissant aux applications numériques permises par Internet, du point de vue des placements, tout en reconnaissant le prix que nous payons. Il suffit de regarder à quel point les risques pour les droits de la personne se sont matérialisés l’an dernier et ont eu des implications réelles dans la société : attaque du Congrès du 6 janvier dernier, campagne lancée contre Facebook #stophateforprofit, préoccupations entourant l’utilisation des technologies pour faciliter la surveillance de masse, ou encore, enjeux éthiques posés par l’intelligence artificielle.

Nous n’ignorons pas les nobles intentions des fondateurs des sociétés technologiques d’aujourd’hui ou les indéniables services que celles-ci procurent dans la vie de tous les jours, mais les aspects positifs ne suppriment pas les mauvais.

Nous nous trouvons dans une position enviable pour exploiter nos connaissances en tant qu’utilisateurs et notre influence en tant qu’investisseurs pour susciter des conversations avec des sociétés technologiques sur la façon d’atténuer l’impact social négatif de leurs activités. La responsabilité d’inciter les compagnies à divulguer les informations dont ont besoin toutes les parties prenantes pour mieux comprendre la façon dont elles atténuent ces risques nous revient.

À notre avis, nous devons commencer en tant qu’investisseurs par exprimer clairement nos attentes d’un mécanisme de supervision des droits de la personne plus rigoureux dans les sociétés de technologies et de télécommunications. Chez NEI, nous plaidons en faveur de structures de gouvernance efficaces en matière de droits de la personne et adaptables, afin de répondre à l’évolution constante du secteur d’activité. Nous encourageons d’autres investisseurs à réfléchir aux étapes qu’ils pourraient mettre en œuvre pour faire progresser ces dialogues. Ils pourraient notamment recourir à des engagements en solo, à des initiatives collectives, à la formation de coalitions comme l’Alliance des investisseurs pour les droits de la personne et mettre en œuvre des procédures de vote par procuration ou soumettre des propositions. Désinvestir d’une société peut également constituer une réponse, à condition que cela améliore la marge de manœuvre des investisseurs restants. Chez NEI, nous ne misons pas sur la perte de notre siège au conseil d’administration pour susciter le progrès. Nous estimons que notre voix et celles du plus grand nombre possible d’investisseurs doivent se faire entendre dans les salles de réunion des grandes sociétés technologiques. En tant qu’investisseurs, nous devons faire en sorte que celles-ci assument leurs responsabilités et mettre nos compétences au service d’une exigence de transparence qui doit devenir obligatoire sur les risques entourant les droits de la personne.

Nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde sur ce sujet. Des enjeux trop importants. Des risques trop élevés. Un impact trop fort.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

La flexibilité de l’emploi pourrait-elle être un tournant pour les femmes qui travaillent ?

Après des années de gains, les femmes ont subi le poids des licenciements liés à la pandémie

Au quatrième trimestre de 2019, la part des femmes dans l’emploi total a atteint 50 % pour la deuxième fois seulement dans l’histoire (la première étant en 2009-2010). À partir de ce pic, les femmes ont représenté près de 55 % du total des pertes d’emploi pendant la première vague de licenciements liés à la pandémie de COVID-19 et leur part dans l’emploi total est tombée à 49,1 % en mai 2020. Les femmes ont retrouvé un emploi à un rythme plus rapide que les hommes au cours des mois suivants et aujourd’hui, l’emploi féminin a rebondi pour atteindre 49,7 % du total.

Une raison potentielle moins explorée de cette dynamique est la grande proportion de travailleuses dans les industries les plus touchées par la pandémie. En nous appuyant sur des recherches universitaires, nous avons classé les industries comme étant fortement ou faiblement exposées à COVID-19 en fonction 1) de la possibilité de travailler à distance, 2) du caractère essentiel et 3) de l’impact des chocs d’offre et/ou de demande liés à la COVID-19. Sans surprise, la grande majorité des mises à pied ont été concentrées dans des secteurs très exposés tels que les loisirs/l’hôtellerie et le commerce de détail. Ces industries ont également connu une reprise plus importante par la suite.

Tableau 1 : L’histoire de deux marchés du travail

L’exposition élevée et faible à la COVID-19 est basée sur des données au niveau de l’industrie mesurant notamment la capacité à travailler à distance, le caractère essentiel ou non essentiel, et les chocs d’offre et de demande résultant de la pandémie de COVID-19. La variation nette globale de l’emploi salarié dans ces industries est mesurée par rapport aux niveaux d’emploi maximaux de février 2020. Les industries fortement exposées à la pandémie de COVID-19 représentent environ 60 % de l’emploi salarié non agricole total avant la pandémie ; les industries faiblement exposées à la pandémie de COVID-19 représentent environ 40 % de l’emploi salarié non agricole total avant la pandémie. Données au 30 avril 2021. Source : Bloomberg, BLS, INET Oxford

Ce qui est surprenant, cependant, c’est qu’avant l’apparition de la COVID-19, les femmes représentaient 58 % des emplois dans les industries à forte exposition et seulement 38 % de la main-d’œuvre dans les industries à faible exposition (telles que la fabrication et la technologie). En d’autres termes, les femmes représentaient une part plus importante des emplois dans les secteurs les plus durement touchés par la pandémie, et une part plus faible dans les secteurs mieux protégés. Il est intéressant de noter que les femmes ont en fait perdu plus que la part d’emplois qu’elles occupaient avant la pandémie dans les secteurs fortement exposés, mais moins que leur part d’emplois avant la pandémie dans les secteurs faiblement exposés.

Il existe d’autres raisons pour lesquelles les femmes ont été plus touchées que les hommes par la pandémie sur le marché du travail. Des chercheurs de la Federal Reserve Bank of San Francisco ont récemment publié un article intitulé « Parents in a Pandemic Labor Market », qui met en évidence une divergence pandémique entre les pères et les mères en matière de participation à la population active (ceux qui occupent un emploi et ceux qui en recherchent activement un). Plus précisément, la participation au marché du travail avait diminué de 1,1 % pour les pères pendant la pandémie, contre une baisse de 3,4 % pour les mères. Alors que de nombreuses mères ont réintégré le marché du travail au cours du printemps et de l’été 2020, une baisse importante s’est produite à l’automne, lorsque l’école a repris (virtuellement pour beaucoup), comme le montre le Tableau 2. Environ un tiers des élèves de la maternelle à la 12e année fréquentent encore aujourd’hui une école hybride ou virtuelle, selon l’agrégateur de données Burbio.

Tableau 2 : Population active pendant la COVID-19 selon le statut parental

Données au 31 mars 2021. Source : Federal Reserve Bank of San Francisco.

Cela confirmerait l’idée que les responsabilités liées à la garde des enfants (y compris la supervision de l’apprentissage à distance) incombent davantage aux femmes qu’aux hommes. Certaines femmes ont dû faire le choix difficile entre un emploi et la prise en charge de leurs enfants en raison de la pandémie, ce qui a pesé sur le niveau d’emploi des femmes. En fait, 33 % des femmes non actives âgées de 25 à 44 ans ont cité les exigences en matière de garde d’enfants comme principale raison de quitter le marché du travail, contre seulement 12 % des hommes, selon le Census Bureau. Le document de recherche susmentionné constate également une forte corrélation entre les tendances de l’emploi féminin et les horaires de travail flexibles. Plus précisément, les industries avec une plus grande part d’emplois avec des horaires flexibles ont vu moins de pertes d’emplois féminins, tandis que les industries avec une plus faible part d’emplois avec des horaires flexibles ont vu des pertes d’emplois féminines plus importantes. Cette dynamique était moins prononcée chez les hommes.

L’aspect positif de la pandémie – Le travail à distance gagne du terrain

Nous pensons que ce résultat est encourageant, étant donné l’évolution post-pandémique croissante vers une plus grande flexibilité des milieux de travail. En outre, la normalisation de ces pratiques devrait être de bon augure pour l’emploi des femmes. Selon le Bureau of Labor Statistics, avant la pandémie, seulement 7 % de la main-d’œuvre américaine avait accès aux politiques de télétravail et aux avantages liés à la flexibilité. Au cours du pic du séjour du confinement à la maison au printemps dernier, il a été estimé que près de 50 % des Américains travaillaient à distance, et de nombreuses entreprises prévoient de maintenir des politiques de travail à domicile partielles ou même complètes une fois que la pandémie de COVID-19 se sera calmée.

Étant donné que de plus en plus d’Américains sont susceptibles de travailler à distance une partie du temps à l’avenir, les perceptions du travail à distance sont également susceptibles de changer. Selon Ellen Ernst Kossek, experte de Purdue sur les organisations inclusives, « les recherches [pré-COVID] montrent que si vous utilisez le télétravail et la flexibilité pour terminer un projet tard dans la nuit, les gestionnaires vous adorent ; si vous l’utilisez pour des raisons familiales ou personnelles, ils vous stigmatisent et pensent que vous n’êtes pas concentré sur votre carrière. » Comme beaucoup voient à quel point ils peuvent être productifs, la stigmatisation du travail à distance risque d’être atténuée à l’avenir.

Ces derniers mois, ClearBridge a activement collaboré avec les entreprises au sujet de la flexibilité du lieu de travail, les encourageant à tirer le meilleur parti de cette opportunité de changement. Bien que nous reconnaissions qu’il n’existe pas d’approche unique, nous demandons à toutes les entreprises de réfléchir aux nombreux impacts qu’un passage partiel au travail à distance pourrait avoir sur leur personnel. Parmi les sujets que nous abordons avec les équipes de direction figure l’impact du travail à distance sur les nouveaux employés, le mentorat et la culture, ainsi que l’évaluation des performances des travailleurs à distance. Nous croyons que les entreprises qui adoptent une approche holistique et réfléchie du travail à distance peuvent avoir un impact positif sur leur main-d’œuvre actuelle et attirer plus de talents, en particulier les femmes et les groupes sous-représentés.

Cela est de bon augure pour l’emploi des femmes à l’avenir et pour la croissance du PIB plus largement. Si davantage d’entreprises proposent un travail à distance et flexible et qu’il y a moins de connotation négative associée à ces avantages, nous éliminerons une raison courante pour laquelle de nombreuses mères quittent le marché du travail. Cela devrait permettre à davantage de femmes de participer à la population active, soutenant une croissance plus rapide du PIB au fil du temps. Historiquement, il existe une forte relation entre les variations de la participation des femmes au marché du travail et la tendance du PIB à moyen terme (cinq ans).

Tableau 3 : La participation des femmes au marché du travail est en corrélation avec la croissance économique

Données au 31 mars 2021. Source : U.S. Bureau of Economic Analysis, Bureau of Labor Statistics, Bloomberg.

À court terme, les tendances de la participation des femmes au marché du travail pourraient également soutenir une politique monétaire plus accommodante. L’été dernier, la Réserve fédérale a conclu un examen de son cadre de politique monétaire, révisant ses objectifs déclarés pour « souligner que l’emploi maximal est un objectif large et inclusif. Ce changement reflète notre appréciation des avantages d’un marché du travail solide, en particulier pour de nombreuses personnes vivant dans des communautés à revenu faible ou modéré. » En effet, cela signifie que la Fed est susceptible de regarder au-delà du taux de chômage global lors de la définition de la politique monétaire dans les années à venir tant que l’inflation ne s’enfuit pas.

Alors que le taux de chômage est remonté à 6,1 %, il serait de 7,2 % si la main-d’œuvre féminine était simplement restée constante pendant la pandémie au lieu de diminuer de près de 2 millions. Lors de la définition de la politique, la Réserve fédérale est susceptible de considérer à quoi ressemble un taux de chômage « normalisé ». En fonction du taux de retour des femmes sur le marché du travail, la Fed pourrait maintenir une politique monétaire plus souple plus loin dans le cycle économique par rapport à l’histoire.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Obligations sociales : à quoi devraient s’attendre les investisseurs canadiens?

Lorsqu’elle émet son obligation sociale de 10 ans en juin 2020, recueillant 100 millions de dollars dans le cadre de son nouveau Programme de débentures sociales, la Ville de Toronto innove. Le Programme, le premier du genre dans les milieux municipaux canadiens, capte alors l’attention des investisseurs ESG, attirés par l’idée de financer des projets dans des domaines tels que le logement abordable, les infrastructures de base et l’accès aux services essentiels. C’était il y a un an déjà. Le paysage de la finance sociale pourrait maintenant écrire un nouveau chapitre, cette fois grâce au gouvernement fédéral. Le boom des obligations sociales que l’on voit ailleurs dans le monde arrive-t-il au Canada?

Alors que le pays sortait d’une pandémie qui a recadré les priorités de nombreux investisseurs, le gouvernement du Canada a utilisé son budget d’avril 2021 pour annoncer une consultation qui ne manquera pas de se faire remarquer. « Les obligations sociales sont l’occasion d’établir des liens entre les investisseurs socialement conscients et les obligations du gouvernement du Canada qui appuient des objectifs sociaux comme la réduction de l’itinérance et l’amélioration de l’accès à un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants de qualité », a écrit le ministère des Finances dans les documents du budget. Par conséquent, il a proposé « d’examiner la possibilité d’obligations sociales pour compléter le programme actuel de la dette du gouvernement », s’engageant à examiner le sujet « dans les consultations sur la Stratégie de gestion de la dette à l’automne ».

Les obligations sociales ont fait irruption sur la scène comme peu de classes d’actifs l’ont fait dans le passé. Selon une estimation de Linklaters, un cabinet d’avocats britannique, elles ont amassé 163 milliards de dollars dans le monde en 2020, soit dix fois plus qu’en 2019. Cette augmentation s’explique en grande partie par les vastes besoins engendrés par la pandémie de COVID-19 et ses impacts socio-économiques.

Voici quelques exemples :

À quoi ressemblent les obligations sociales?

Le marché des obligations sociales vise à financer ou à refinancer des « projets sociaux », qui « visent directement à résoudre ou à atténuer un problème social spécifique et/ou cherchent à obtenir des résultats sociaux positifs », a expliqué l’International Capital Market Association dans son édition 2021 des Principes applicables aux obligations sociales (SBP). Le cadre a été conçu pour promouvoir la transparence et l’intégrité des participants au marché. Le SBP fournit essentiellement une liste de besoins sociaux qui peuvent être financés par le produit des obligations tout en indiquant quatre « composantes de base » :

  • utilisation du produit ;
  • processus d’évaluation et de sélection des projets ;
  • gestion du produit ;
  • reporting.

De plus, les Principes applicables aux obligations sociales recommandent la nomination d’un examinateur externe pour assurer l’alignement des composants de base et de l’obligation, étape pouvant impliquer l’obtention d’une certification spécifique ou d’une notation. (Le SBP souligne que les obligations qui intègrent des projets sociaux et verts devraient être appelées obligations de durabilité et que celles-ci sont couvertes par un ensemble de principes différent.)

À ce stade de l’article, les lecteurs se posent peut-être des questions sur les prix et les rendements. Comment les obligations sociales se compareraient-elles aux obligations ordinaires si le gouvernement fédéral empruntait cette voie? En l’absence d’antécédents sur le marché canadien, nous croyons que tenter de répondre à cette question pourrait nous amener à spéculer. Cependant, l’investissement dans des titres à revenu fixe fait, en fin de compte, partie d’une stratégie de portefeuille plus large où les écarts de rendement au sein d’autres classes d’actifs peuvent être beaucoup plus importants.

Naviguer dans les définitions

La consultation de l’automne sur les obligations sociales ne sera pas la première fois qu’Ottawa sollicite des commentaires sur la finance sociale. En 2018, un comité directeur a émis 12 recommandations visant à « réaliser tout le potentiel de l’innovation sociale pour relever les défis sociaux et environnementaux les plus pressants du Canada ». Sans mentionner spécifiquement les obligations sociales, le rapport de 2018 a fait allusion aux « obligations à impact social » (SIB). Il s’agit d’un instrument différent, semblable à une obligation, qui lie la structure des paiements à la réalisation de certains résultats.

Comme c’est parfois le cas avec des produits financiers en constante évolution, c’est ici que les choses se compliquent. Il n’y a pas de définitions ou de normes claires, mais les SIB sont généralement considérées comme fondées sur un modèle où les investisseurs fournissent des capitaux d’avance pour un programme ou une initiative sociale. Si le résultat atteint ou dépasse certains objectifs prédéterminés (vérifiés par un tiers) l’émetteur, souvent un gouvernement ou une autre entité publique, rembourse aux investisseurs une somme préétablie.

Selon la Brookings Institution, 194 obligations à impact social ont été émises dans le monde entre 2010 et 2020, ce qui représente un investissement initial de 421 millions de dollars. Les pays ayant créé le plus d’obligations étaient le Royaume-Uni, les États-Unis, les Pays-Bas, le Portugal et l’Australie. Jusqu’à présent, le Canada n’a connu qu’une poignée de SIB, et le capital recueilli est relativement faible par rapport aux montants observés sur le marché plus large des « obligations sociales » dans d’autres régions du monde.

Anticiper le niveau de la demande

Tout cela soulève une question : quelle serait la demande des investisseurs si le gouvernement fédéral allait de l’avant avec les obligations sociales? Le temps le dira. Au cours du seul premier trimestre de 2021, les obligations sociales émises dans le monde ont amassé 90 milliards de dollars américains, selon des données récentes de Moody’s. Quiconque voudrait prédire l’appétit au Canada pourrait se pencher sur l’obligation sociale de l’année dernière émise par la ville de Toronto. Pour l’obligation de 100 millions de dollars, vendue à 99,98 $ pour un rendement sur 10 ans de 1,602 %, la Ville a récemment mentionné que « les manifestations d’intérêt dépassaient les 400 millions de dollars, avec un fort intérêt de la communauté environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) ». Dans un monde où la COVID a incité de nombreux investisseurs à explorer des possibilités à thème social, un engouement pourrait être tout aussi probable.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Lithium : Une perspective d’économie circulaire pour l’investissement et l’intendance ESG

La course au net zéro présente un défi et une possibilité pour l’économie circulaire, qui applique la conception régénérative à l’économie et vise la durabilité.

Pour atteindre les émissions de gaz à effet de serre (GES) net zéro d’ici 2050, de grands changements sont en cours. Bien qu’il soit primordial d’atténuer les changements climatiques, la transition vers une économie à faible émission ou carboneutre peut inclure des activités ayant d’autres impacts potentiellement négatifs si elles ne sont pas gérées adéquatement.

Par exemple, les transports représentant 15 % des émissions mondiales de GES à la fin de 2019, l’adoption de véhicules électriques alimentés par batterie (VE) aidera à atteindre les objectifs climatiques. Malgré la pandémie de COVID-19, les ventes de véhicules électriques ont augmenté de 54 % en 2020 par rapport à l’année précédente, et la demande de batteries lithium-ion devrait croître de 1030 % d’ici 2030, selon les prévisions de Bloomberg. Cela n’est pas surprenant compte tenu des réglementations existantes et à venir dans différentes régions, notamment le 13e Plan quinquennal de la Chine et les programmes de réduction des émissions de la Californie et de l’Union européenne.

Source : Bloomberg Finance LP, en date du 13 mars 2021

Cependant, les investisseurs dans les fabricants de batteries et les constructeurs automobiles, ainsi que des investisseurs directs dans des projets renouvelables, devraient tenir compte des impacts environnementaux et sociaux du lithium pour s’assurer que les entreprises de leur chaîne de valeur relèvent ces défis dans une mesure suffisante.

Production de lithium, consommation d’eau et contamination

Une batterie de voiture nécessite 6000 gallons d’eau. Le triangle sud-américain qui couvre certaines parties de l’Argentine, de la Bolivie et du Chili détient plus de la moitié de l’approvisionnement mondial en lithium. L’Amérique du Sud est également l’un des endroits les plus secs de la Terre. Dans le Salar d’Atacama, au Chili, les activités minières consomment 65 % de l’eau de la région, ce qui compromet les besoins en eau des agriculteurs et d’autres activités.[1] Cela pourrait provoquer une opposition de la communauté et les entreprises pourraient perdre leur licence d’exploitation.

L’extraction du lithium utilise également des produits chimiques nocifs. Selon le International Chemical Secretariat, l’exploitation minière du lithium produit 17 produits chimiques, y compris des retardateurs de flamme bromés [2]; ceux-ci sont cités sur la liste des produits chimiques dangereux, ce qui soulève la possibilité de restreindre leur utilisation. Ces produits chimiques nuisent à la vie aquatique et à la qualité de l’eau, affectant les communautés et leurs approvisionnements en eau, car ils polluent l’air et le sol.

L’intensité des émissions d’oxyde d’azote (NOx) et d’oxyde de soufre (SOx) de la société de produits chimiques de spécialité Albemarle, par exemple, est significativement plus élevée que les autres sociétés de produits chimiques de spécialité dans l’indice MSCI ACWI.[2] Les entreprises peuvent encourir des responsabilités si elles ne gèrent pas le risque de contamination.

De plus, si elles ne sont pas correctement recyclées, les piles rechargeables causent des dommages à l’environnement. Une fois dans une décharge, ces substances contaminent les eaux souterraines, le sol et l’air.

Possibilités de recyclage

Avec la demande de batteries qui grimpe en flèche et les risques liés à la contamination, le recyclage offre des possibilités à l’industrie. Les rapports indiquent que le marché du recyclage des batteries atteindra 137 millions de dollars d’ici 2027 en Amérique du Nord. La majeure partie du recyclage actuel se produit dans le secteur de la consommation; cependant, compte tenu des tendances en matière d’électrification dans de nombreux secteurs, ce chiffre de croissance peut être plus élevé.

Émissions de GES des véhicules électriques

De l’exploitation minière et du transport à la fabrication de batteries, en passant par l’expédition et la fabrication de voitures, les véhicules électriques ont leur propre empreinte carbone. De nombreuses entreprises travaillent avec leurs fournisseurs pour réduire les émissions de Niveau 3* en adoptant l’énergie renouvelable dans leurs opérations. Les émissions de Niveau 3 représentent plus de 90 % de l’inventaire de GES d’un fabricant d’équipement automobile. Toutefois, les progrès concernant les émissions de Niveau 3 restent préliminaires.

Une approche de l’économie circulaire

Les actionnaires, les investisseurs directs et les créanciers des entreprises impliquées dans la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques peuvent aider à adopter une approche de l’économie circulaire en matière de durabilité en tenant compte de ces considérations :

Investisseurs du marché public (actionnaires et créanciers) :

  • Établir les meilleures pratiques dans les chaînes d’approvisionnement en lithium grâce à l’analyse ESG des sociétés en exploitation.
  • Encourager la recherche et le développement pour stimuler les innovations en matière de réutilisation, de recyclage et d’élimination.
  • Adopter des pratiques exemplaires dans les programmes d’intendance des produits et les plans d’élimination progressive des produits chimiques dangereux.
  • Encourager l’établissement d’objectifs de réduction des émissions nocives. Les paramètres clés à suivre peuvent inclure les émissions de GES, de NOx, de SOx et d’autres effluents.
  • Comprendre les risques politiques et de gouvernance des régions d’où proviennent les minéraux des batteries.
  • Intégrer les performances ESG des entreprises dans l’analyse des investissements et les modèles financiers (grâce à un taux de réduction pour les retardataires ESG afin de tenir compte des coûts opérationnels potentiels plus élevés ou des coûts des litiges causés par des impacts environnementaux et communautaires négatifs).
  • Collaborer avec les entreprises pour mieux comprendre leurs pratiques, leurs cibles, leurs indicateurs de performance, leurs plans visant à minimiser les impacts environnementaux et sociaux et leurs plans de recherche et développement sur les technologies durables.

Investisseurs en actifs directs/réels :

  • Intégrer les facteurs ESG dans la planification et le développement de projets – par exemple, les évaluations d’impact initiales ainsi que le consentement libre, préalable et éclairé.
  • Effectuer régulièrement des évaluations de l’impact environnemental et social, y compris les effets sur la biodiversité et les ressources communautaires.
  • Établir des pratiques exemplaires opérationnelles et des rapports de rendement sur les questions ESG pertinentes pour le secteur, telles que la gestion des déchets, les émissions atmosphériques, les pratiques et le rendement en matière de santé et de sécurité, les responsabilités ESG en matière de rémunération des dirigeants et la diversité des compétences au niveau du conseil d’administration.
  • Comprendre les risques ESG dans leurs chaînes d’approvisionnement.

En s’engageant avec les entreprises sur des questions et des indicateurs qui garantissent une vision globale de leur performance ESG, les investisseurs peuvent aider à atténuer les bulles ESG créées par des thèmes spécifiques et faciliter une transition juste vers une économie nette zéro.

Sources:

[1] Juan Ignacio Guzmán, Patricio Faúndez, José Joaquín Jara, Candelaria Retamal (2021), Role of Lithium mining on the water stress of the Salar De Atacama Basin.

[2] Rapport de notation ESG MSCI pour Albemarle Corporation de mars 2021

* Niveau 1 : Émissions directes de l’entreprise
Niveau 2 : Émissions provenant de l’énergie achetée par l’entreprise
Niveau 3 : Émissions générées tout au long de la chaîne d’approvisionnement et par l’utilisation finale des produits/services

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Favoriser les possibilités d’investissement social en dehors du logement abordable

Il semble qu’il n’y ait pas assez de possibilités d’investissement à impact social pour satisfaire l’appétit des investisseurs au Canada.

Si nous supprimons les possibilités d’investir dans l’énergie verte et analysons plutôt les possibilités d’investir dans les communautés, nous voyons très peu d’investissements. Compte tenu de l’état du paysage de l’investissement à impact social, comment les investisseurs désireux d’avoir un impact peuvent-ils financer des opportunités qui créent un changement social durable tout en générant un rendement équitable ?

La première étape consiste à prendre conscience des opportunités qui existent actuellement au Canada. Le fait est que les organismes à vocation sociale sont en retard dans la création d’entreprises, de programmes et de projets sociaux qui peuvent être financés par l’investissement à impact social. Cependant, plusieurs organisations ont tiré parti du financement des fondations et du gouvernement pour créer des possibilités d’investissement viables :

Fonds à impact social

Des organisations comme Windmill Microlending et Access Community Capital ont tiré parti de la dette privée pour créer des programmes de microcrédit destinés aux communautés confrontées à des obstacles.

Windmill Microlending offre des micro-prêts pour aider les immigrants et les réfugiés qualifiés à poursuivre leur carrière au Canada. Il s’agit notamment d’aider les clients à obtenir les licences canadiennes requises pour travailler dans leur domaine, à payer les examens, les frais de réinstallation et les frais d’association professionnelle. Ces soutiens financiers sont complétés par des services de conseil en carrière qui aident les clients à choisir la bonne voie pour atteindre leurs objectifs professionnels, un soutien pour naviguer dans le système financier canadien et un mentorat continu.

Access Community Capital se concentre sur le soutien aux entrepreneurs émergents avec des prêts à faible taux d’intérêt. Ces programmes ciblent les communautés marginalisées qui ne sont peut-être pas admissibles au financement traditionnel et sont complétés par des accélérateurs et des services d’encadrement.

Les programmes d’accompagnement que des organisations comme celle-ci coordonnent pour soutenir les prêteurs contribuent à maintenir des taux de remboursement élevés. À mesure que les organisations cherchent à élargir leur impact communautaire et à créer des opportunités d’investissement, les programmes et fonds de prêts ciblés deviendront plus courants.

Obligations communautaires

Des organisations comme Solar Share, le Centre for Social Innovation et, plus récemment, Sketch Working Arts, démontrent que les obligations communautaires sont une forme de financement par l’emprunt qui peut activer les partisans individuels de la communauté et les transformer en investisseurs.

SolarShare est la principale coopérative d’énergie renouvelable du Canada, qui développe des installations d’énergie solaire à l’échelle commerciale dans tout l’Ontario. En s’appuyant sur les obligations communautaires, SolarShare permet aux investisseurs particuliers d’investir dans ces projets par le biais d’une « obligation solaire » de 5 ans qui rapporte un taux d’intérêt annuel de 5 %. Le gouvernement de l’Ontario achète l’énergie de ces installations dans le cadre d’un contrat de 20 ans, créant ainsi un flux de revenus stable pour le remboursement des obligations.

Le Centre for Social Innovation (CSI) est un centre d’innovation sociale qui offre un espace de coworking et un incubateur pour les organisations à vocation sociale. En 2010, l’organisation a levé 2 millions de dollars grâce à des obligations communautaires pour acheter son premier bâtiment, l’annexe du CSI. En 2014, l’organisation a levé 4,3 millions de dollars supplémentaires par le biais d’obligations communautaires pour acheter son deuxième bâtiment, CSI Spadina.

Grâce à un engagement précoce avec les investisseurs institutionnels, lors de la structuration de l’obligation, les organisations ont veillé à ce que leur offre puisse répondre aux objectifs d’investissement d’un large éventail de parties prenantes.

Plateformes d’investissement en ligne

Bien qu’elle soit encore limitée par la disponibilité des opportunités d’investissement, SVX a créé une plateforme d’investissement qui promet de fournir un point d’accès unique pour lever des capitaux et réaliser des investissements pour les investisseurs qui recherchent un impact social et environnemental. Au fur et à mesure que le nombre d’organismes de bienfaisance, d’organisations à but non lucratif et d’entrepreneurs sociaux créant des opportunités d’investissement augmente, les plateformes comme SVX joueront un rôle important en mettant en évidence les opportunités d’investissement.

Bien que certaines organisations soient devenues des pionniers de l’entreprise sociale, il reste des défis à relever pour attirer l’attention sur les opportunités viables. Au-delà du bien social généré, les investisseurs sont peu enclins à accepter les rendements inférieurs au taux du marché qu’offrent de nombreuses opportunités d’investissement d’impact. En outre, le risque perçu d’investir dans des organisations à vocation sociale peut être dissuasif.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux ont plusieurs outils à leur disposition pour rendre les opportunités d’investissement à impact social plus attrayantes et jouent un rôle secondaire clé dans la création d’un environnement d’investissement à impact plus actif au Canada. À l’instar des programmes incitatifs qui ont stimulé l’innovation dans l’industrie de l’énergie verte et qui ont donné lieu à des possibilités d’investissement plus favorables, le gouvernement doit prendre des mesures proactives pour encourager les investisseurs à soutenir l’innovation et l’investissement financier dans le secteur social. Au Canada, cela pourrait inclure :

La création de zones d’opportunité et de fonds d’opportunité qualifiés

Comme le souligne l’Ontario Realtor Party, les Opportunity Zones créent une incitation financière à investir dans les communautés en difficulté économique. Aux États-Unis, c’est la loi de 2017 sur les réductions d’impôts et les emplois qui a servi à établir le programme de « Qualified Opportunity Zones ». Grâce à ce programme, les communautés sont désignées par un État et certifiées par le département du Trésor comme pouvant bénéficier du programme. Le programme permet ensuite aux investisseurs de reporter un gain en capital et d’investir ces dollars dans des fonds de zones d’opportunités qualifiées.

Comme le programme est relativement jeune, il est trop tôt pour dire quel sera le véritable impact de ces fonds sur les communautés défavorisées. Toutefois, l’argent de ce programme est utilisé aux États-Unis pour soutenir des investissements dans tout le pays, notamment de nouveaux logements, des épiceries, des cliniques médicales, des infrastructures à large bande et la création de districts d’innovation locaux. Les « Opportunity Zones » ont le potentiel de garantir que les communautés qui ont le plus besoin de soutien bénéficient d’un investissement équitable.

Garantir les initiatives et les projets dirigés par la communauté

Afin de réduire le risque perçu lié à l’investissement dans les possibilités d’impact social, les organismes gouvernementaux et les organismes subventionnaires non gouvernementaux pourraient soutenir les organisations en se portant garants. Un garant accepte d’assumer l’obligation d’une partie ou de la totalité de la dette si l’emprunteur fait défaut. Cela permettrait d’offrir un niveau de protection contre les pertes aux investisseurs souhaitant investir dans des initiatives et des projets dirigés par la communauté et susceptibles de générer des revenus. Pour les organismes qui accordent régulièrement des subventions aux organisations, le fait de devenir garants pourrait servir à la fois à encourager les organisations à rechercher des opportunités d’investissement et à motiver les investisseurs à financer ces opportunités.

Inciter les fondations à accroître leur portefeuille d’investissements à impact social

Cette année, de plus en plus de voix se sont élevées pour demander au gouvernement d’augmenter le quota de décaissement (QD) des fondations caritatives à 10%. Compte tenu de la pression accrue sur les organisations à but non lucratif due à la COVID-19, et du taux annuel moyen d’appréciation des actifs des fondations, les appels à un soutien accru sont justifiés. Cependant, comme l’indique le rapport publié par la Task Force for Social Finance, les fondations ont également la possibilité d’augmenter la part de leur capital dans les investissements liés à la mission (MRI). Cela peut se traduire par un investissement à impact social et peut contribuer à l’impact social plus important que les défenseurs d’un QD accru aimeraient voir.

Bien que les possibilités d’investir dans un véritable impact communautaire soient limitées, elles existent. Avec une plus grande volonté des investisseurs d’explorer des opportunités uniques, un engagement plus proactif des gouvernements pour rendre ces opportunités plus viables et une activité accrue du secteur à but social pour créer des opportunités, l’écosystème peut se développer rapidement.

Il faudra que toutes les parties fassent preuve de créativité et sortent un peu de leur zone de confort pour créer l’impact qui est possible.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Sélection et surveillance des gestionnaires tout en tenant compte des facteurs ESG

L’analyse d’un placement dans l’optique des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) peut soulever plusieurs choses. Une telle démarche pourrait révéler qu’une société a une approche efficace de la durabilité environnementale, ou possiblement que des risques inhérents menacent son modèle d’affaires. Il faut donc se poser la question : qu’arrive-t-il si on analyse de pareille façon l’approche ESG du gestionnaire d’investissement lui-même?

Déterminer l’étendue de l’engagement d’un gestionnaire envers les facteurs ESG importe de plus en plus car à partir d’aspirations se forment des principes directeurs, qui sont ensuite systématiquement appliqués. Maintenant, un grand nombre de gestionnaires ont un énoncé d’engagement et sont résolus à placer la barre haute. Bloomberg estime qu’en 2025, les actifs gérés selon les facteurs ESG représenteront plus d’un tiers des actifs financiers totaux projetés de 140,5 billions $ US (d’après une croissance de 15 % – la moitié du rythme des cinq dernières années).

Premièrement, l’analyse de l’approche ESG d’un gestionnaire peut refléter dans quelle mesure il croit en l’atteinte des cibles ou en l’application de sa politique régissant les facteurs ESG. Certes, les soi-disant fondamentalistes en matière d’investissement responsable (des gestionnaires de placement qui ont fermement incorporé la durabilité et la voient comme étant la seule avenue vers la sécurité financière et le bien-être) sont susceptibles d’adopter une approche robuste pour intégrer les facteurs ESG dans leur analyse. Et leurs objectifs sont sans doute appuyés par un modèle de gouvernance clairement défini. Ils peuvent également bénéficier du soutien important de hauts dirigeants qui ont des responsabilités face au conseil d’administration.

Que doit-on surveiller pour déterminer à quel point un gestionnaire est résolu à intégrer les facteurs ESG? L’historique des analyses ESG régulières et continues des portefeuilles; les ressources ESG attitrées; la collaboration à l’interne et à l’externe; les programmes de formation officiels, notamment.

Il va de soi que les valeurs du gestionnaire dans son ensemble doivent appuyer l’intégration des facteurs ESG; cela crée une culture propice. Une telle culture pourrait davantage responsabiliser les gestionnaires en les encourageant à intégrer les facteurs ESG dans tous les aspects de leurs décisions de placement. Un soutien indéfectible de la sorte favorise la sensibilisation et la réflexion, ce qui peut entraîner la construction de portefeuilles qui intègre encore mieux les facteurs ESG.

Cependant, même lorsqu’elles sont soutenues au niveau de l’entreprise, les approches de placement intégrant les facteurs ESG peuvent se brouiller. Par exemple, un nombre croissant de gestionnaires (titres publics et privés) veulent élargir leur offre de portefeuilles à émissions faibles ou nulles en carbone. D’autres envisagent différemment les placements dans des secteurs comme celui de l’énergie. Tout dépend de qui applique le cadre ESG.

Car d’un côté, il y a ceux qui croient que les sociétés du secteur de l’énergie peuvent soutenir la transition à une économie à faibles émissions, étant donné l’envergure et les moyens technologiques du secteur. Notamment par le développement de méthodes de capture du carbone et l’utilisation du gaz naturel, plus propre, le temps d’instaurer les ressources renouvelables.

Donc d’un côté, certains gestionnaires recherchent les émissions réduites ou nulles, tandis que d’autres y vont de façon nuancée. Pour l’investisseur, il est important de comprendre pourquoi et comment un gestionnaire intègre la multitude de facteurs ESG qui sont intrinsèquement reliés.

Évaluer la philosophie d’un gestionnaire à l’égard de l’engagement actionnarial proactif peut aussi en dire long. L’engagement actionnarial proactif auprès des sociétés représentées au sein d’un portefeuille au nom des investisseurs témoigne non seulement de la culture d’investissement, mais de la sensibilisation du gestionnaire aux facteurs ESG. Une approche proactive en la matière peut ultimement favoriser la résilience du portefeuille à long terme. Les firmes d’investissement et les investisseurs y gagnent.

Surveillance et communications continues

L’intégration des facteurs ESG ne se fait pas du jour au lendemain. Pour en suivre l’évolution, il faut une surveillance continue des mesures prises en ce qui touche l’intégration systématique des facteurs ESG dans la stratégie de placement.

Il peut s’agir d’une analyse quantitative du portefeuille. Ou encore, d’avoir recours à des tiers pour évaluer les caractéristiques ESG de chaque portefeuille. Une telle évaluation impliquerait de surveiller la façon dont les caractéristiques des fonds changent, au fil du temps et par rapport aux pairs, pour relever les cas où le fonds semble s’éloigner de son énoncé ESG.

Le degré de transparence d’un gestionnaire dans ses rapports sur les résultats ESG obtenus aide aussi à comprendre les approches (la sienne et celle du gestionnaire). Il convient d’abord de déterminer si le gestionnaire est signataire des Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies. Si elle l’est, on lui exige de rapporter clairement ses progrès chaque année. Ensuite, l’organisme permet de rehausser encore la transparence en vérifiant et en évaluant les progrès rapportés.

Pour terminer, demandez si un gestionnaire contribue aux pratiques d’investissements durables en échangeant sur les meilleures pratiques avec l’ensemble des acteurs du secteur. Il peut s’agir de participer à des groupes de travail ou à des initiatives axées sur la durabilité. S’impliquer à plus grande échelle dans les questions de principes directeurs et de réglementation, notamment, peut faire avancer les choses et entraîner des changements importants et avantageux pour de nombreux intervenants.

Mise en œuvre : rôle des facteurs ESG dans la sélection et la surveillance des gestionnaires

Une analyse approfondie favorise la conntinuité des activités d’engagement

Liste de vérification – Gestionnaire : Évaluation des gestionnaires selon l’engagement de la société envers les facteurs ESG, la mise en œuvre de la stratégie et la gérance active.

La société Placements mondiaux Sun Life, en tant que gestionnaire fonds de fonds, est bien placée pour observer et évaluer les pratiques ESG des gestionnaires et l’évolution de leur démarche. Le rythme du parcours ESG ne fait que s’accélérer, et la collaboration deviendra fort probablement la norme.

Clause de non-responsabilité du contributeur
Les points de vue exprimés sur des sociétés, des titres, des industries ou des secteurs du marché particuliers ne doivent pas être considérés comme une indication d’intention de négociation à l’égard de tout fonds commun de placement géré par Gestion d’actifs PMSL inc. Ils ne doivent pas être considérés comme un conseil en placement ni une recommandation d’achat ou de vente de titres. Cet article n’est fourni qu’à titre informatif et ne doit en aucun cas tenir lieu de conseils particuliers d’ordre financier, fiscal, juridique ni en matière de placement. Le contenu de cet article provient de sources jugées fiables, mais aucune garantie expresse ou implicite n’est donnée quant à son caractère opportun ou à son exactitude.
Placements mondiaux Sun Life est un nom commercial de Gestion d’actifs PMSL inc., de la Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie et de la Fiducie de la Financière Sun Life inc.
© Gestion d’actifs PMSL inc. et ses concédants de licence, 2021. Gestion d’actifs PMSL inc. est membre du groupe Sun Life. Tous droits réservés.
Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Besoins et occasions : Ce que la COVID-19 a mis en lumière au sujet des infrastructures sociales

La pandémie mondiale a démontré que de nombreuses collectivités partout dans le monde ne disposent pas des installations nécessaires — comme des installations de soins de santé accessibles et des logements abordables — pour lutter efficacement contre les menaces comme la COVID-19.

Les installations de soins de santé et d’éducation, les logements sociaux et les édifices de services civiques dynamiques sont souvent la pierre angulaire des collectivités saines et résilientes. Ces structures à vocation sociale peuvent contribuer à la croissance économique et à la cohésion de la société tout en fournissant des services essentiels. Malheureusement, ces installations sont sous-financées dans bien des pays. Il est nécessaire de mettre en place de meilleures infrastructures sociales pour se préparer aux urgences mondiales futures.

Un financement public insuffisant

Les investissements publics dans les infrastructures sociales ont fortement chuté après la crise financière mondiale de 2008-2009, période où les politiques d’austérité ont étouffé les apports en capitaux, comme l’illustre la figure 1.

Impact mondial del’austérité sur les investissements publics dans les secteurs sociaux

Figure 1 : Dépenses sociales en % du PIB dans les pays de l’OCDE, variation annuelle ($ US)* (Entre 2009 et 2018)

Sources : Franklin Templeton, OCDE, Macrobond. En date de novembre 2020.
*Remarque : L’Australie n’a pas fourni les données de 2017-2018; le Japon n’a pas fourni les données de 2016-2018.

Un rapport de 2018 du Groupe de travail de haut niveau sur l’investissement dans les infrastructures sociales en Europe indique que le manque à gagner annuel dans ce secteur est d’au moins 142 milliards d’euros (167,7 milliards de dollars américains).

Les changements démographiques, notamment le vieillissement des populations, entraînent également des défis pour les infrastructures sociales. Selon les prévisions, en Europe, la proportion de personnes âgées de 65 ans ou plus devrait passer de 18,9 % en 2015 à 29 % en 2060. Au Japon, où 28 % de la population avait 65 ans ou plus en 2019, les lacunes sont considérables en matière d’investissement dans les infrastructures sociales. La Banque asiatique de développement a estimé, en 2016, que le Japon doit investir entre 10,3 et 13,5 billions de yens pour répondre aux besoins d’ici 2030 en matière de construction, de remise en état, de remplacement et d’exploitation des infrastructures sociales.

Au fur et à mesure que les pays sortent de la crise de la COVID-19, le manque d’investissements de la part des gouvernements dans les infrastructures sociales risque d’empirer. Les ratios dette/produit intérieur brut (PIB) des gouvernements partout dans le monde sont énormes. Le Fonds monétaire international signale que la dette gouvernementale brute des « pays riches » est passée de 6 000 milliards de dollars américains à 66 000 milliards de dollars américains à la fin de 2020 (soit de 105 % du PIB à 122 % du PIB). Dans les économies en développement, la Banque mondiale estime que la dette a atteint une valeur record de 55 000 milliards de dollars américains en 2018.

La nécessité d’obtenir du capital privé

Les manques à gagner en matière de dépenses publiques, conjugués à un besoin amplifié en période postpandémique, créent des occasions attrayantes pour les placements privés dans les infrastructures sociales. Heureusement, l’intérêt des investisseurs institutionnels envers les placements d’impact dans l’immobilier était en croissance avant la COVID-19. La plupart des investisseurs d’impact s’attendent à maintenir ou augmenter leurs engagements envers l’investissement d’impact, selon un sondage réalisé par le Global Impact Investing Network (GIIN). De plus, un sondage de 2020 mené par Preqin a démontré que 61 % des investisseurs s’attendent à ce que l’investissement d’impact devienne plus répandu d’ici les trois prochaines années. Comme 8 billions de dollars américains étaient gérés par des sociétés de capital privé en date de septembre 2019, les investisseurs privés ont amplement l’occasion de jouer un rôle de premier plan dans la foulée de la COVID-19.

Bien faire en faisant le bien

Les infrastructures sociales sont une occasion importante à l’échelle institutionnelle pour les investisseurs privés qui souhaitent que leurs portefeuilles apportent des avantages pour les sociétés et qui désirent obtenir un rendement financier concurrentiel. Selon notre expérience, les placements dans les infrastructures immobilières sociales offrent des rendements prévisibles et ont tendance à être moins exposés aux risques du marché et aux risques systémiques.

De plus, ces placements pourraient être moins corrélés avec les indices du marché en général et avec d’autres investissements dans l’immobilier. Cette corrélation moindre découle de la sécurité des revenus. Les services offerts par les locataires des infrastructures sociales sont souvent essentiels, ce qui les rend moins vulnérables à la volatilité des marchés. Par conséquent, ces placements dépendent moins des activités économiques quotidiennes qui se déroulent à proximité immédiate des infrastructures.

Cette caractéristique peut soutenir la certitude d’obtenir des revenus en période de bouleversements. Par exemple, immédiatement après le début de la pandémie, les évaluateurs immobiliers ont ajouté une clause sur l’incertitude à toutes leurs évaluations. Cette clause a fini par être retirée pour les secteurs immobiliers présentant des revenus stables, comme les infrastructures sociales, alors que les secteurs commerciaux plus traditionnels ont conservé ces règles d’exception en raison de l’incertitude accrue qui y est associée.

Aux États-Unis, la demande des investisseurs pour les commerces de détail traditionnels a considérablement diminué (voir la figure 2). À l’inverse, les actifs essentiels comme les installations de soins de santé et d’éducation ont relativement bien performé. Par exemple, à la fin de l’année 2020 en Europe, notre stratégie s’est soldée par un taux de perception de loyers de près de 100 % auprès des locataires de nos propriétés d’infrastructures sociales.

Les vents défavorables de la COVID-19 ont pesé sur le rendement de l’immobilier commercial de détail en 2020

Figure 2 : Rendements totaux annualisés de l’indice du National Council of Real Estate Investment Fiduciaries (NCREIF) par secteur ($ US)

Sources : Franklin Templeton, NCREIF, Macrobond. Les indices ne sont pas gérés, et il est impossible d’investir directement dans un indice. Ils ne tiennent pas compte des frais, dépenses ou frais de vente. Les rendements passés ne sont pas représentatifs ou garants des rendements futurs.

Le plus récent sondage annuel du GIIN auprès des investisseurs d’impact indique que le taux de rendement brut interne moyen des investissements d’impact réalisés en actifs réels (pas seulement en immobilier) est de 13 % dans les marchés développés et de 8 % dans les marchés émergents pour les investisseurs axés sur le taux de rendement du marché.

Selon ce même sondage, la répartition des placements dans les actifs réels a augmenté de 21 % entre 2015 et 20198. De plus, des données démontrent la résilience des infrastructures sociales par opposition à celle des actifs immobiliers commerciaux. Toujours du côté de l’Europe, si nous utilisons comme approximation les cours des actions des fiducies de placement immobilier (FPI)** pendant la période de volatilité très marquée des marchés entre janvier 2020 et juillet 2020, nous voyons, à la figure 3, que les secteurs des infrastructures sociales ont affiché une hausse, alors que les secteurs commerciaux traditionnels ont enregistré une baisse allant jusqu’à 50 %.

Les placements dans les infrastructures sociales ont fait preuve de résilience dans les vents défavorables de la pandémie

Figure 3 : FPI européennes : Un outil pour estimer le rendement des infrastructures sociales (Du 1er janvier au 30 juillet 2020)

Source : BNP Recherche. Les rendements passés ne sont pas représentatifs ou garants des rendements futurs.

Un brillant avenir

Investir dans les infrastructures sociales en mettant l’accent sur l’impact peut non seulement produire des rendements découlant des taux des marchés, mais aussi créer une résilience financière qui améliore les résultats financiers. En raison des fluctuations dans les autres secteurs pendant la pandémie, les investisseurs institutionnels auront probablement un intérêt accru envers l’immobilier à revenu pour lequel la capacité des locataires à payer le loyer présente une corrélation moindre avec l’activité économique. Selon la gravité des retombées économiques de la COVID-19, on pourrait observer une augmentation des occasions de vente et de cession-bail, dans un contexte où les municipalités à court d’argent cherchent à amasser des fonds en vendant les propriétés inscrites à leur bilan.

La pandémie a mis en lumière l’importance des infrastructures sociales résilientes et des collectivités durables; elle a également entraîné une demande accrue pour les capitaux axés sur l’impact. Les besoins en matière d’infrastructures sociales améliorées et suffisamment financées sont un phénomène international qui a désormais capté l’attention du monde entier.

** Les FPI sont des sociétés qui détiennent ou financent des immeubles à revenu d’une vaste gamme de secteurs de propriétés. Ces sociétés immobilières doivent répondre à un certain nombre d’exigences pour se qualifier à titre de FPI. La plupart des FPI sont inscrites aux grandes bourses et peuvent offrir plusieurs avantages aux investisseurs.
Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Promouvoir l’inclusion des autochtones et la réconciliation sur les marchés financiers

La découverte de tombes anonymes dans d’anciens pensionnats à travers le Canada a une fois de plus mis en lumière l’horrible héritage du colonialisme et des pensionnats au Canada. Il est lamentable qu’il ait fallu la découverte de milliers d’enfants kidnappés pour attirer l’attention nationale sur une histoire de disparition et de perte si bien connue des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Mais nous y voilà, 25 ans après la fermeture du dernier pensionnat et 6 ans après que la Commission de vérité et réconciliation a publié son rapport final et ses appels à l’action.

Nos équipes de SHARE et de la National Aboriginal Trust Officers Association (NATOA), ainsi que de nombreuses autres à travers l’île de la Tortue, ont exprimé notre chagrin et notre solidarité avec les communautés autochtones et les familles des enfants perdus. Mais, au-delà de notre peine, nous savons que la réconciliation exige une action – une action de tous les niveaux et secteurs de la société, y compris, et peut-être surtout de ceux d’entre nous qui travaillent dans le monde de l’investissement responsable.

La NATOA et SHARE se sont réunis en 2016 et ont formé la Reconciliation and Responsible Investment Initiative (RRII) en tant que lieu d’action collective des investisseurs. RRII est un endroit où les investisseurs autochtones et non autochtones sont soutenus dans l’utilisation de leurs voix et de leur capital pour défendre les droits autochtones, promouvoir des résultats économiques positifs pour les peuples autochtones et centrer les perspectives autochtones dans la prise de décisions d’investissement.

Depuis son lancement, la RRII a mené des recherches sur l’alignement du monde des affaires canadien avec l’Appel à l’action 92, visant les entreprises au Canada. Nous avons élaboré des ressources pour les investisseurs non autochtones sur l’avancement de la réconciliation dans l’ensemble de leurs portefeuilles. Nous avons également travaillé avec des fiducies autochtones pour les aider à harmoniser leurs politiques d’investissement avec leurs valeurs et leurs aspirations de manière à mettre à profit les protocoles d’intendance et les traditions qui ont soutenu les communautés autochtones pendant des générations.

Sur la base de ces travaux antérieurs, en 2020, nous avons tourné notre attention pour mieux comprendre le rôle que les gestionnaires d’actifs pourraient jouer pour faire avancer la réconciliation. Nous savions que les gestionnaires d’actifs avaient le potentiel d’être des alliés importants en tant qu’employeurs, acteurs économiques, actionnaires et, pour ceux qui ont des clients autochtones, gardiens de la richesse autochtone. Mais que faisaient déjà les gestionnaires d’actifs et où échouaient-ils?

Nous avons trouvé des exemples tangibles de leadership qui, nous l’espérons, seront reproduits, ainsi que de nombreuses occasions pour les gestionnaires de placements de relever la barre en faisant progresser la réconciliation dans les politiques et les pratiques de leurs organisations.

Par exemple, certaines entreprises prennent des mesures importantes pour créer des possibilités d’emploi et de formation pour le personnel autochtone actuel et potentiel. Près de la moitié des sociétés de gestion de placements interrogées avaient mis en place des politiques visant à accroître à la fois le nombre d’employés autochtones potentiels et l’offre d’emplois pour les Autochtones au sein de leur entreprise. Une pratique remarquable est la création de bourses d’études pour les étudiants autochtones. Une autre est la mise de côté de places spécifiques pour les diplômés autochtones dans les programmes de stages.

Environ la moitié des entreprises interrogées ont déclaré avoir des programmes de formation à l’intention de la direction et du personnel sur l’histoire des peuples autochtones. Il s’agit à la fois d’un strict minimum et d’un élément essentiel des Appels à l’action de la Commission de vérité et de réconciliation. Nous espérons que les sociétés de gestion d’actifs à travers le pays accorderont la priorité à l’éducation des gestionnaires et du personnel sur les droits et l’histoire des Autochtones.

Une pratique d’intendance de premier plan qui a été identifiée était les efforts d’une entreprise pour travailler avec ses sociétés de portefeuille pour soutenir les partenariats en capital et autres relations de partage des bénéfices avec les communautés autochtones. Le même cabinet a également noté qu’il avait exhorté les gouvernements à adopter les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), y compris le droit des peuples autochtones au consentement libre, préalable et éclairé.

En plus de ces exemples pratiques, d’autres possibilités de faire progresser la réconciliation sont identifiées dans le rapport.

Par exemple, nous avons été particulièrement inspirés par les efforts des grandes caisses de retraite en Australie. Plusieurs ont développé des Plans d’action de réconciliation qui vont au-delà du simple fait de parler de réconciliation et de définir des responsabilités, des échéanciers et des objectifs précis. Imaginez si certains des plus grands régimes de retraite du secteur public au Canada établissaient leurs propres plans d’action de réconciliation. Les effets positifs sur l’inclusion des Autochtones et la croissance de l’économie autochtone seraient importants.

La priorité accordée à l’approvisionnement auprès d’entreprises autochtones est une autre mesure tangible que les sociétés de gestion de placements peuvent utiliser pour faire progresser la réconciliation. Des organisations autochtones de premier plan, telles que le Conseil canadien pour le commerce autochtone, demandent au gouvernement et à l’industrie d’établir des objectifs d’approvisionnement auprès des entreprises autochtones comme une étape puissante et pratique pour soutenir le développement économique autochtone.

Enfin, les sociétés de gestion de placements sont bien placées pour donner de la crédibilité à l’inclusion de la réconciliation et de la reconnaissance des droits autochtones en tant qu’aspect central de la bonne gouvernance d’entreprise. Intégrer une référence explicite à la DNUDPA dans les principes d’investissement responsable et veiller à ce que les directives relatives à la reconnaissance des droits autochtones dans les lignes directrices sur le vote par procuration soient des mesures concrètes que les gestionnaires de placements peuvent prendre.

Lorsque les grands gestionnaires d’actifs soutiennent les efforts visant à harmoniser les pratiques de l’entreprise avec la réconciliation, les résultats peuvent être importants. Par exemple, en mai, 98 % des actionnaires ont voté en faveur d’une résolution sur l’inclusion et la réconciliation des Autochtones au Groupe TMX Ltée. Par l’entremise de la RRII, SHARE et NATOA continueront de tirer parti de cette victoire alors que nous cherchons à faire en sorte que les objectifs de réconciliation soient inclus dans les pratiques d’équité, de diversité et d’inclusion des sociétés sur les marchés financiers canadiens. Nous espérons que les sociétés de gestion de placements continueront d’appuyer ces efforts avec d’autres sociétés de leur portefeuille.

Dans notre sondage auprès des gestionnaires d’actifs canadiens, nous avons été encouragés d’entendre un répondant affirmer clairement que la réconciliation économique profite à toutes les parties concernées et que l’industrie de la gestion des placements a beaucoup à gagner des enseignements autochtones et de l’approche holistique que les valeurs autochtones apportent au processus d’investissement.

Nous ne pouvions pas être plus d’accord. Le travail de la RRII n’est pas inspiré par la charité. Il n’est pas fondé sur l’idée fausse de l’alliance comme étant une rue à sens unique. Le partenariat entre SHARE et la NATOA reconnaît que notre avenir est un avenir collectif où nos succès et nos échecs sont profondément interconnectés. Et dans cet esprit de réciprocité, nous continuerons à travailler ensemble à amener des changements.

Nous espérons que davantage de personnes et d’organisations de l’écosystème de l’investissement responsable se joindront à nous dans ce parcours menant de la sensibilisation à l’action.

Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.

Au cas où vous l’auriez manquée : Conférence virtuelle de l’AIR 2021

Merci à tous ceux qui ont assisté à la Conférence virtuelle de l’AIR 2021, ainsi qu’à nos partenaires, commanditaires et membres qui ont contribué au succès de la conférence ! La conférence a eu lieu du 8 au 11 juin 2021 et a accueilli plus de 1 200 participants virtuels, ce qui en fait notre plus grande conférence à ce jour.

La conférence à couvert des sujets de pointe et émergents en ESG et en finance durable avec des experts nationaux et internationaux. L’agenda a été conçu pour aider les professionnels de l’investissement à se tenir au courant des problèmes et des tendances rapides et en constante évolution dans le domaine.

Si vous avez manqué la conférence ou si vous souhaitez revoir certains des points clés à retenir, vous pouvez lire nos résumés de session ci-dessous. Chaque résumé couvre les sujets clés et les points à retenir des principales sessions de la conférence.

Jour d’ouverture

  • Table ronde des chefs de la direction : Leadership et gouvernance pour un Canada durable et inclusif – Lire le résumé
  • Discours liminaire : Mark Carney  – Lire le résumé

Journée zéro net

  • L’entreprise net zéro : Stratégies et pratiques permettant aux entreprises d’aligner leurs opérations sur l’objectif net zéro – Lire le résumé
  • Le portefeuille net zéro : stratégies et pratiques permettant aux entreprises d’aligner leurs portefeuilles sur l’objectif net zéro – Lire le résumé

Journée de l’intendance

  • L’essor de l’intendance des investisseurs : une perspective mondiale – Lire le résumé
  • Masterclass : Études de cas sur l’intendance des investisseurs canadiens – Lire le résumé

Journée Impact

  • Atteindre les ODD d’ici 2030 : Pratiques de pointe pour la mesure de l’impact – Lire le résumé
  • L’investissement d’impact sur les marchés publics : évaluation de l’intentionnalité et de la mesurabilité – Lire le résumé

Journée de l’investisseur de détail

  • ESG et engagement des clients à l’ère de la pandémie – Lire le résumé
  • Écoblanchiment : répondre aux préoccupations des clients de détail – Lire le résumé

Pour plus d’informations sur les événements à venir de l’AIR Canada, veuillez vous inscrire à notre infolettre ici.

Trouver des solutions de développement durable – une occasion à la fois

Au cours de la dernière décennie, les placements environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ont connu une croissance rapide. Dans l’ensemble, ce fut une année impressionnante pour les fonds d’investissement durables : en 2020, trois fonds sur quatre ont surpassé la moyenne de leur catégorie Morningstar, et un bien plus grand nombre (42 %) se sont classés dans le premier quart que dans le dernier (6 %).

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière le lien inextricable entre le développement durable et les entreprises en croissance de grande qualité qui peuvent contrer les perturbations sur les marchés. En fait, en cherchant de façon proactive des entreprises qui relèvent des défis en matière de développement durable dans le monde, nous créons des occasions : ce sont ces entreprises qui profiteront de facteurs de croissance structurelle favorables à long terme et d’une hausse du rendement. Qu’il s’agisse de l’énergie renouvelable, des changements climatiques, de l’urbanisation ou de la gestion de la chaîne d’approvisionnement, le développement durable s’étend à une multitude de grands thèmes (certains plus évidents que d’autres), et détenir ces placements signifie positionner les portefeuilles pour une croissance future.

Repérer les agitateurs du statu quo

À BMO Gestion mondiale d’actifs, nous commençons par définir les défis en matière de développement durable, et nous utilisons les objectifs de développement durable des Nations Unies comme guide qualitatif pour trouver des entreprises dont les solutions y sont activement harmonisées. Il s’agit de voir au-delà de leurs normes de conduite et des facteurs ESG dont ils tiennent compte. Comment leurs produits et services contribuent-ils à un monde plus durable? Ensuite, nous évaluons si nous pouvons lier les revenus actuels ou futurs de l’entreprise à ce thème et s’il est possible de réduire les coûts. Par exemple, une entreprise peut-elle utiliser moins d’eau ou de carburant et ainsi améliorer son empreinte environnementale? Si la réponse à l’une ou l’autre de ces questions est « oui », nous savons, à moyen et à long terme, qu’il existe un parcours direct lié aux facteurs ESG pour accroître les revenus et améliorer les activités, ce qui se traduit par des bénéfices par action plus élevés.

Notre approche consiste à reconnaître pleinement les risques et à repérer, au moyen d’une analyse rigoureuse, les pionniers qui sont capables d’agir comme acteurs de changement, les entreprises qui exploitent la propriété intellectuelle, la technologie, les compétences, l’envergure et le savoir-faire pour relever ces défis en matière de développement durable et créer de la valeur à long terme en même temps. Nous sommes à la recherche d’entreprises dotées de solides avantages concurrentiels, qui sont dirigées par des équipes de direction visionnaires qui se demandent à quoi ressemblera l’avenir et comment positionner leur entreprise pour en tirer parti.

Adopter le changement : de l’énergie renouvelable au logement abordable

Énergie renouvelable

Pensez à Brookfield Renewable Partners (BEP), un leader mondial de l’énergie renouvelable qui accélère la décarbonisation à l’échelle mondiale et qui présente un profil de croissance intéressant dans un secteur qui bénéficie d’une longue période d’expansion. La structure de coûts concurrentielle, le soutien pour les questions réglementaires et les cibles d’émissions de carbone des entreprises stimulent l’investissement – et l’innovation – dans l’énergie renouvelable. En Europe et en Amérique du Nord seulement, 45 % de l’électricité provient aujourd’hui du charbon ou du gaz, et si cette capacité diminue de moitié en 10 ans, cela équivaut à 500 milliards de dollars de nouveaux investissements requis. L’entreprise est par conséquent sur la voie de la prospérité : actuellement, les 57 térawattheures qu’elle produit annuellement permet d’éviter 27 millions de tonnes métriques de CO2 par année, soit l’équivalent des émissions de dioxyde de carbone de Londres sur un an. Les perspectives sont similaires pour ses projets de développement, et BEP a la taille, l’envergure, le capital et l’expertise opérationnelle nécessaires pour mettre en œuvre ses plans de croissance.

Chaîne d’approvisionnement

L’écologisation de la chaîne d’approvisionnement est une autre priorité. L’année 2020 a été marquée par des changements radicaux dans les habitudes d’achat et de consommation des consommateurs. Les mesures de confinement ont entraîné une utilisation parabolique du commerce électronique, ce qui a fait progresser l’adoption de ce type de commerce dans le secteur de plusieurs années – les produits sont livrés à un plus grand nombre de destinations et à une fréquence plus élevée que jamais. La logistique a aussi augmenté, et un nombre croissant d’entreprises cherchent maintenant à rationaliser leur chaîne d’approvisionnement, de l’efficacité du parc automobile aux coûts du carburant en passant par les émissions de carbone. Comment les entreprises peuvent-elles à la fois réduire leur impact environnemental et accroître leur rentabilité?

Descartes Systems est une entreprise qui a la solution entre les mains : elle fournit un logiciel pour la gestion de la logistique à l’échelle mondiale et de la chaîne d’approvisionnement qui aide un large éventail de clients, notamment American Airlines, Fedex et CVS Pharmacy. Le logiciel de Descartes Systems est utilisé pour optimiser les itinéraires et s’assurer que les camions et les avions sont remplis au maximum de leur capacité, ce qui réduit la consommation de carburant et le nombre de déplacements. Des milliers de camions sont retirés de la route chaque année grâce au logiciel de Descartes Systems. Par exemple, un client, Home Depot, a réduit son parc automobile de 10 % en 2019. Voilà l’exemple parfait d’une entreprise qui déploie une technologie novatrice pour aider les autres à adopter des pratiques plus vertes, tout en contribuant à ses propres résultats.

Transport

Un autre exemple est le CN, la plus grande entreprise de chemin de fer au Canada, qui a de solides antécédents en matière de création de valeur pour les actionnaires et de réduction de l’empreinte carbone. Les chemins de fer sont de quatre à cinq fois plus économes en carburant que les camions pour le transport de marchandises sur de longues distances : un train peut remplacer 300 camions sur la route et transporter une tonne de marchandises sur 220 kilomètres en utilisant un litre de carburant. De plus, c’est encore tôt, mais l’entreprise est également bien positionnée pour un changement d’approche vers l’hydrogène. Une fois cette technologie développée, les chemins de fer seront l’un des plus grands bénéficiaires de cette transformation.

Immobilier

Nombreux sont ceux qui ne se rendent pas compte que le secteur de l’immobilier est aussi un important émetteur de carbone et qu’il s’agit d’un service des plus essentiels, car tout le monde doit se loger. De plus, en raison de la pandémie, beaucoup de gens travaillent à domicile et font l’école à la maison. Ce qui fait que l’habitation est une occasion de développement durable, en tant que secteur soutenu par des facteurs structurels positifs comme la croissance démographique à long terme, la hausse des prix des maisons et le resserrement de l’offre. Dans notre portefeuille, nous investissons dans quelques entreprises qui cherchent à relever ces défis, y compris Canadian Apartment REIT, l’un des plus importants propriétaires de logements multifamiliaux au pays, qui offre des logements locatifs de qualité à prix raisonnable dans des marchés coûteux à forte croissance. L’entreprise a procédé à des mises à niveau continues de ses immeubles afin de réduire au minimum sa consommation de ressources et de réduire ses frais d’exploitation, tout en continuant à stimuler sa croissance grâce à des acquisitions relutives.

Tricon Residential, dont le portefeuille est en grande partie basé aux États-Unis, occupe une place importante dans le marché des maisons unifamiliales et veille à ce que les nouveaux projets et les projets futurs soient construits conformément aux normes LEEDMD.

Ces deux entreprises, qui ont une longue tradition de création de valeur, se sont également engagées à soutenir les résidents qui ont été touchés négativement par la pandémie au moyen de programmes de prestations de compassion et de programmes de paiements de loyer.

S’il y a une chose que 2020 nous a apprise, c’est que maintenir le statu quo est de toute évidence contraire au développement durable – du point de vue de la santé, du point de l’environnement et du point de vue social – et que nous sommes capables de changer, en même temps que les entreprises et les particuliers qui s’adaptent à une nouvelle normalité suivant l’évolution de la pandémie. En tant que gestionnaires d’actifs, nous avons comme tâche d’interagir activement avec les entreprises afin de savoir si la résolution des problèmes en matière de développement durable fait réellement partie de leur ADN et comment elles saisissent l’occasion de contribuer à créer un avenir meilleur pour le monde – et leurs investisseurs.

Clause de non-responsabilité du contributeur
Cette communication est fournie à titre informatif seulement. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements doivent être évalués en fonction des objectifs de chaque investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels. BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc., BMO Investissements Inc., BMO Asset Management Corp., BMO Asset Management Limited et les sociétés de gestion de placements spécialisées de BMO.
MD/MC Marque de commerce déposée/marque de commerce de la Banque de Montréal, utilisée sous licence.
Clause de non-responsabilité de l’AIR
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l’Association pour l’investissement responsable (AIR). L’AIR n’approuve, ne recommande ni ne garantit aucune des revendications formulées par les auteurs. Cet article est conçu comme une information générale et non comme un conseil en investissement. Nous vous recommandons de consulter un conseiller qualifié ou un professionnel en investissement avant de prendre une décision de placement ou liée à un investissement.